18/02/2016

Les "Smart Watches" à l'assaut de l'horlogerie suisse !

En janvier, les exportations de montres suisses ont perdu 13,7% de leur volume à destination du marché américain (selon les statistiques publiés aujourd'hui par la fhs).

On apprend dans le même rapport que ce sont surtout les deux segments des montres à moins de 200 CHF (-15,1) et celui entre 200 à 500 CHF (-14,2) qui ont le plus souffert!

Justement ... pile dans la gamme des prix des montres connectées.

Celles-ci, depuis l'impulsion créée par le lancement de l'Apple Watch en avril 2015, commencent à occuper un créneau de plus en plus important (on estime à 18 millions le nombre de montres connectées vendues en 2015).

Ainsi, il va falloir s'habituer... à partager le marché avec un nouveau type de montre...

Il y avait la montre mécanique, puis celle à quartz dès les années 70  et maintenant la "connectée"... et ce sera comme cela pour toujours!

Mais ce que l'on n'a pas encore voulu voir dans les manufactures horlogères suisses c'est l'avantage compétitif qu'ont les "smart watches"... elles sont justement "smart"... elles n'indiquent pas seulement l'heure... elles nous informent... elles nous renseignent... elles nous enseignent... elles nous conseillent... elles nous sauvent...

Bref elles nous rendent plus "smart" donc plus intelligent.

C'est exactement cela que l'horlogerie suisse n'a pas su (ou voulu) comprendre... la montre connectée est une guerre pour l'intelligence... pas pour le poignet!

16/02/2016

BRELOQUE EN STOCK!

Lorsque l'on ne vend pas... la marchandise a tendance à s'accumuler. 

C'est exactement ce qui est arrivé l'année dernière dans la plupart des boutiques de l'horlogerie suisse dans le monde: 2015 a été une année du stockage de montres!

Il faut bien visualiser le mécanisme de distribution de la montre pour comprendre cet aspect "surprenant" du métier.

D'abord, les marques suisses vont exporter la quasi-totalité de leur production vers l'étranger en comptabilisant dans leur bilan ces "ventes". La marchandise part en boutique déjà "vendue" non pas au consommateur final mais aux intermédiaires. On appelle cela dans le jargon du "SELL IN". (Le "SELL OUT" étant l'opération de vente vers le client final).

De plus, le prix "export" est arbitraire et tourne en moyenne pour toute l'industrie autour de 750 CHF. Ce chiffre ne correspond pas au prix final qui lui va beaucoup varier selon la destination (adaptation différenciée du taux de change aux pays destinataires!) ou si la montre va finir au marché "gris" (vente à prix cassé de matériels neufs mais considérés comme vieux modèle)... ou encore reprise!

Bref, on vend sans vraiment vendre... car si la marchandise n'est pas écoulée alors la marque horlogère va devoir reprendre (en totalité ou en partie) les invendus pour pouvoir exposer les nouveaux modèles ...

 "Vous voyez d'ici l'imbroglio... on vend mais on doit tout de même reprendre...les invendus!"

 

Ainsi de manière très concrète si l'on regarde la comptabilité 2015 par exemple pour le groupe Swatch ... on voit qu'il y a bien eu pour 8,4 Milliards de vente mais que le stock est maintenant comptabilisé à 6,2 Milliards ... cela signifie que le stock a grossi en une année de plus de 300 millions de francs !

Comprenez bien... on est toujours dans du virtuel car le stock ne sera certainement pas vendu entièrement... donc il faudra bien un jour ou l'autre inscrire des pertes... d'autant plus qu'à ce niveau cela représente tout de même près de cinq années de bénéfice... eh oui, le bénéfice 2015 a été fixé à 1,4 Milliard!

Tout cette démonstration est importante car c'est plus ou moins la même chose - pour n'importe quelle marque horlogère suisse ...  le "sell in ... sell out" étant une pratique généralisée dans la profession...

C'est pourquoi il faut toujours regarder la fluctuation des "breloques en stock" ... si vous voulez connaître la santé d'une marque... c'est le seul indicateur de certitude!

07/02/2016

Net influence: ROLEX recule ... APPLE WATCH passe devant !

Inouï...une étude mesurant la notoriété des marques de luxe sur le Net place Apple Watch devant Rolex ... et tous les suisses loin derrière !

La conversation de 700 millions de postblog ou tweet, parlant de luxe a été observée et analysée pendant une année dans 80 pays par des Bots (sorte d'algorithmes qui se baladent tout seuls dans Internet à la recherche par exemple de mots clés). Ils cherchaient à savoir combien de fois les marques de luxe étaient citées dans les conversations.

C'était précisément le but de cette recherche qui a été menée par Netbase, une société d'analyse de marché dont vous pouvez lire l'étude ici.

Le classement a donné un résultat surprenant pour l'horlogerie:

"Apple Watch sort 13ème juste devant Rolex 14ème"

Après moins d'une année la montre connectée d'Apple entre dans ce classement très prestigieux dans lequel les trois premières marques sont dans l'ordre Chanel, Gucci et Hermès... Rolex était encore classé l'année dernière: 8ème et première marque suisse ... mais cette année Rolex a perdu 6 place !  

C'est tout à fait surprenant.

 Bien sûr, on est ici dans le monde d'Internet avec un public jeune et moins riche que dans les boutiques de luxe... et cela n'aura donc pas d'effet immédiat sur les ventes ... mais à terme, ce public tout en acquérant âge et argent se sera éloigné des marques suisses de montres mécaniques. On peut ainsi prédire que les horlogers suisses resteront à la traîne de ce type de conversation et donc aussi des futurs achats de luxe....

C'est a n'y rien comprendre ... pourquoi les horlogers suisses ne passent pas à l'offensive du "connecté"...

" c'est comme si ces derniers pariaient sur le passé et pas sur le futur... aberrant - stupide!"

01/02/2016

CAMPAGNE US 2016: L'INVENTION DIGITAL DE TRUMP !

 

La campagne présidentielle américaine 2016 semble être totalement bizarre: elle favorise incroyablement les outsiders!

Avant les campagnes étaient tellement coûteuses que seuls les notables fortunés des partis arrivaient à mener campagne, sinon dans le cas contraire, ils devaient soulever des fonds auprès de millions de "petits" américains en créant de très nombreuses équipes de campagne (ce qu'Obama avait fait par exemple).

Cette fois-ci rien de tel.

Les deux candidats Donald Trump et Bernie Sanders n'ont pratiquement rien dépensé comme argent et se retrouvent en excellente position dans la campagne.

Quel mystère entoure alors ces deux candidats? 

Ont-ils des équipes de communicants hors pairs? 

Des stratégies nouvelles?

Eh bien ... non... Sanders mais surtout Trump ont su utiliser un tout nouveau phénomène média lors de la campagne présidentielle américaine: le digital. Non pas de manière classique (par des diffusions virales de slogans comme Obama) mais en offrant une plateforme de sur-traitance.

Deux aspects de ces pratiques digitales de "sur-traitance" apparaissent clairement aujourd'hui lors de cette campagne hors norme:

1.- les GIFs (sorte de petite animation obtenue par succession de plusieurs images le tout contenu dans un seul fichier GIF. Aujourd'hui, ce concept est beaucoup utilisé pour détourner des événements d'actualités ou faire des animations comiques notamment sur les célébrités)

et 2.- les SEARCHs (se sont les requêtes sur Internet ou sur les assistants vocaux tels que SIRI ou Google NOW. Les SEARCHs donnent une bonne indication instantanée de ce que les gens cherchent ou veulent regarder). Du coup plus les gens "cherchent" quelque chose plus le traffic induit va rapporter de l'argent et donc les médias vont s'emparer du sujet et amplifier en même temps la fréquentation ... ainsi les SEARCHs créent la NEWS... 

En créant des attitudes, des situations et des propos provocants l'un et l'autre (surtout Trump) entraînent les gens à agir (créer des comics, des tweets, des chats puis à chercher et regarder les résultats de tout ce vacarme)... le cycle de la "sur-traitance" est en marche... y compris dans la presse écrite.

Cela fonctionne ainsi en quatre étapes : Un geste provoquant - Nudge (1) ... une répétition du geste détournée - GIF (2) ... un flot de "views" - Search Engine (3) et c'est parti pour les tweets et retweets - Le Karaoké Médiatique (4) ... 

C'est comme une boule de neige qui dévale la pente... et grossit ... le tour est joué!

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NB: A tel point c'est bien joué ... que les médias traditionnels (papier et digital) ont été obligé de s'y mettre eux aussi ... ils parlent des provocs des candidats car cela leur rapport 10 fois plus... incroyable ... non!

 

(à lire ici pour les sceptiques)

 

 

26/01/2016

ALERTE: la décroissance pour la montre suisse !

 

 Après la publication aujourd'hui des résultats des exportations 2015:on doit faire le point sur l'année écoulée.

" On peut déjà affirmer que rien ne sera plus jamais comme avant dans l'horlogerie suisse car il va falloir gérer la décroissance... décroissance des marges, des prix, des volumes, du personnel, des points de ventes, de l'appareil de production, des frais de marketing, etc."

 

Mais la décroissance est un exercice tout à fait périlleux et les horlogers suisses n'y sont pas prêts !

 Il y a dix raisons a cela:

 1.- Les exportations ont chutés de 3,3% en 2015... Après deux décennies de croissance, il va falloir mettre en place des stratégies de décroissance...pas si simple!

La baisse a perdu un peu de sa vigueur en décembre, mais les exportations horlogères sont restées sur une pente négative. Leur valeur a indiqué 1,7 milliard de francs, ce qui correspond à une diminution de 3,8% par rapport à décembre 2014, avec toujours une influence prépondérante de Hong Kong sur le résultat global. Sur l’ensemble de l’année, les exportations sont repassées sous la barre des 22 milliards de francs, accusant une contraction de 3,3%, à 21,5 milliards de francs. (FHS)

 2.- Le prix moyen des montres à l'export a diminué pour la première fois depuis longtemps...et cela risque de continuer!

Grand chambardement dans l’industrie horlogère helvétique. En dix ans, de 2003 à 2013, la branche avait plus que doublé son chiffre d’affaires. Maintenant la tendance s’inverse. Le président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), Jean-Daniel Pasche, nous confirme déjà une première depuis 2009: le prix moyen de la montre suisse a reculé de 2% par rapport au même moment, un an plus tôt. L’automne dernier, une montre suisse était en moyenne vendue pour la somme de 723 francs. (24 heures)

3.- La baisse des volumes entraîne une surcapacité de production qu'il faudra bien un jour ou l'autre adapter voir corriger!

Ce n’est qu’une rumeur, mais il semblerait que la demande de mouvements horlogers soit devenue si faible (pour cause de méventes et de surstocks, y compris chez les marques du groupe Swatch) que les ateliers ETA fonctionnent à présent au ralenti. (Business Montres) 

4.- Le sur-stockage des montres en boutique va nécessiter des rachats coûteux des anciens modèles!

Le bourrage des stocks chez les détaillants. L’industrie continue comme toujours d’approvisionner au maximum les magasins quitte à reprendre la marchandise non écoulée dans des circuits parallèles. C’est un processus vieillot, peu rationnel et coûteux. (AGEFI)

5.- Internet va mettre de plus en plus la pression sur les réseaux classiques de distribution

Les nouvelles formes de distribution et de vente des montres bousculent fortement les habitudes. Par exemple, Fossil vend 27% de ses montres via son site Internet. Cela offre des marges intéressantes. Apple a vendu près de 3 millions de montres à des gens qui ne l’ont même jamais porté au poignet! Il faut tout repenser dans la distribution et la vente! (AGEFI)

6.- Apple Watch fait jeu égal avec les suisses: c'est un stress énorme pour toute la profession!

L'industrie horlogère doit produire ses propres montres connectées afin de lutter face à la concurrence d'Apple, estime Jean-Claude Biver. Selon le patron du pôle horloger du géant français du luxe LVMH, la branche doit prendre au sérieux la menace de la marque à la pomme. (Le matin)

7.- La "sur-traitance" est l'objectif ultime de la montre connectée. A ce jeu là, les suisses ont déjà perdu la guerre!

 Jusqu’ici, l’industrie « traditionnelle » a recouru à la sous-traitance et à la standardisation en pilotant verticalement sa chaîne de valeur. Le modèle numérique suit un chemin inverse. Il développe une plateforme suffisamment attrayante pour y attirer une multitude de porteurs de données indépendants. Il se produit ainsi un phénomène nouveau de « sur-traitance », qui autorise à toute une série de producteurs et de prestataires d’ajouter des services que le détenteur de la plateforme numérique rend disponibles, mais ne pilote pas. (MSM)

 8.- La "Manufacture 4.0" de la révolution numérique va poindre son nez... de lourds investissements sont à prévoir...

Ce concept correspond à une nouvelle façon d’organiser les moyens de production : l’objectif est la mise en place d’usines dites « intelligentes » (« smart factories ») capables d’une plus grande adaptabilité dans la production et d’une allocation plus efficace des ressources, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle révolution industrielle. Ses bases technologiques sont l'Internet des objets(WIKIPEDIA)

9.- Le luxe change ... plus de "vécu" moins de "bling bling" ... cela entraîne aussi une nouvelle communication !

Ras l’icône ! Les rééditions patrimoniales et le recours aux musées comme réflexe créatif ont été tués par l’abus des « hommages » aux modèles emblématiques de chaque marque [on a même vu Panerai rééditer des rééditions plus anciennes !]. On perd sa respiration à force de vouloir souffler trop de bougies. Plutôt que de restyler des montres du passé, aussi intéressantes et signifiantes soient-elles, ne serait-il pas plus judicieux de créer aujourd’hui les « icônes » de demain : l’horlogerie suisse n’existe que par sa projection vers l’avant : cessons de regarder dans le rétroviseur ! (Business Montres)

 10.- De manière globale: le management actuel n'a pas les compétences pour relever ces nouveaux défis car ils sont tous issus de l'ancien monde.

Tous les CEO sont mortels, même les plus hauts placés : la quinzaine de chaises musicales enregistrées depuis la rentrée de septembre en témoigne. Lors de la précédente crise de 2008-2009, une petite quarantaine de fauteuils éjectables avaient transformé le paysage (y compris chez Rolex). Donc, après cette Wonder Week plutôt meilleure que prévu, profil bas de rigueur. Méfions-nous des starlettes et des couvertures de magazine (payées par la marque pour le tout-à-l’égo de son manager). Les amateurs ont le poil qui se hérisse quand on leur inflige cette arrogance typique des marques surplombantes aujourd’hui condamnées par les mutations sociétales : place à al connivence et au dialogue. Tout le monde au travail, en bras de chemise et en toute humilité ! (Business Montres)

21/01/2016

le WEF se trompe...la Suisse n'est pas du tout prête à la révolution du digital !

 

Klaus Schwab se trompe dans son texte sur la 4ème révolution industrielle...et aussi dans le classement du WEF... les révolutions ont besoin de révolutionnaires (des gens qui pensent en dehors des boîtes (out of the box) et agissent en dehors des lois (outlaw = Uber, AirBnB, etc...) et pas de conditions cadres....(les conditions cadres: c'est ce que prend en compte le WEF dans son analyse! ... vraiment rien compris à l'innovation de rupture....à écouter aussi sur...Forum/RSR)

Ainsi, c'est une totale illusion de croire que la Suisse serait parmi les pays en pôle position dans cette transformation sociétale profonde ... car ce n'est pas le nombre de gens connectés ou de brevets déposés qui comptent... mais le nombre de gens capables de transformer le digital en business, en sciences ... et parmi ces gens de talent, il y a ce que l'on appelle les "DATA SCIENTISTS" .... et il en manquerait 20'000 en Suisse...

Donc à part San Francisco et Boston... tout le monde est quand même à la traîne... et pourtant on aurait besoin de ces gens pour de nombreux  secteurs d'avenir comme ceux: de la Fintech, de l'industrie 4.0, des montres connectées, de l'Internet des Objets et de la Santé (Digital Health) etc...

Voilà... une discussion que l'on devrait avoir en Suisse au lieu de bétonner encore et encore des "parcs scientifiques" comme notre ministre de l'économie l'a annoncé cette semaine encore....

(à lire aussi mon blog de l'hebdo sur la santé digitale ici)

 

 

14/01/2016

A QUELQUES JOURS DE LA GRANDE MESSE HORLOGÈRE DE GENÈVE: ENFIN LES CHIFFRES DE VENTE DES MONTRES CONNECTEES !

APPLE ÉCRASE TOUT LE MONDE

 

En 2015, dans le domaine de la montre connecté, l'Apple Watch a devancé tous ses concurrents et le marché n'est encore qu'à ses débuts!

D'après Juniper Research, l'Apple Watch domine le marché des montres connectées: 17,1 millions de montres se sont vendues en 2015 dont 8,8 millions d'Apple Watch. La montre étant sortie le 24 avril 2015, Apple est donc parvenu, en l'espace de neuf mois, à occuper plus de la moitié du marché à lui seul. Exactement : 51,8 %!

 Et pourtant, l'Apple Watch ne manque toutefois pas de concurrents: Parmi les plus connus figurent Samsung avec la Gear S2, Sony avec la Smart Watch 3, Motorola avec la Moto 360, Samsung avec la Gear S2 ou encore Pebble. Sans oublier les marques traditionnelles de l'horlogerie qui font des incursions dans les montres connectées, telles que Fossil ou TAG Heuer.

 Même si Apple refuse toujours de divulguer ses chiffres de ventes, l'entreprise Juniper Research, paraît sûr d'elle. L'année 2015 a vu le marché exploser à plus de 17 millions de montres connectées vendues. C'est beaucoup moins que la plupart des analystes espéraient (de 24 à 40 millions d'unités étaient les chiffres évoqués il y a tout juste une année).

Ces chiffres sont loin d'être hors d'atteinte, sans doute ils vont l'être déjà en 2016, car plusieurs nouveaux modèles sont déjà annoncés. Fossil vient de le faire au CES de Las Vegas (début janvier) et Apple va le faire en mars prochain à San Francisco en attendant les annonces "espérées" des suisses à Genève (semaine prochaine) et à Bâle (fin mars).

 À titre de comparaison, il s'est écoulé près de 355 millions de smartphones, dont 48 millions d'iPhone, au cours du seul troisième trimestre 2015, selon le cabinet d'études IDC.

 

(infos extrait du Figaro, Juniper Research et de IDC aujourd'hui)

04/01/2016

Pour Swatch la vraie menace est Fitbit plutôt que l'Apple Watch!

La saison commerciale des ventes de fin d'année aux USA est à peine terminée que déjà les conclusions des économistes et surtout des boursicoteurs tombent:

Le gagnant dans la catégorie montre connectée: FITBIT

Surprenant?

En fait, pas tellement.

Fitbit a vendu près de 18 millions de bracelets connectés (contre seulement 6 millions pour Apple) et depuis plusieurs années commercialise aussi des bracelets qui donnent l'heure soit ce que l'on appelle d'habitude une montre. Les produits Fitbit ont beaucoup de succès car ils sont esthétiques, bon marché et très efficaces dans le "tracking" des activités physiques...

Mais pas seulement... car plus qu'un produit, Fitbit offre une plateforme... c'est-à-dire un environnement sur Internet qui permet d'analyser ses performances et de les comparer aux autres (aux amis)... ces outils d'analyses s'appuyant aussi sur une sorte de réseau social faisant de cet "écosystème" la différence par rapport aux autres... y compris Apple!

C'est très important de comprendre ce changement imposé par les consom'acteurs: Ils veulent participer ! 

Demain seuls les acteurs économiques capables d'offrir de telle plateforme aux consommateurs, seront les gagnants.

Pour l'horlogerie, cela sera aussi vrai d'autant plus que la guerre du "poignet" ne laisse que peu de place! Il n'y aura pas assez d'espace pour tout le monde!

Donc dans l'économie digitale qui émerge, soit vous chercher à être un sur-traitant (celui qui possède un écosystème via sa plateforme internet), soit vous êtes un sous-traitant... et contrairement aux dires de Jean-Claude Biver ...Tag Heuer n'est finalement qu'un terminal pour Android (Google)... rien d'autre... et donc finalement Biver est un sous-traitant!

 

22/12/2015

HORLOGERIE SUISSE: APRÈS LES CHINOIS ... LES AMÉRICAINS NOUS LÂCHENT!

Cette fois-ci c'est clair et net, le marché américain de la montre suisse ralenti fortement. Après la Chine, c'est le deuxième plus important marché mondial qui nous lâche! 

Avec moins de 5,3% en novembre (selon les toutes récentes statistiques à l'exportation) et après des baisses significatives en septembre et octobre (2015), on ne peut plus parler seulement de problème conjoncturel mais bien d'inversion de tendance en Amérique.

La question que tout le monde se pose désormais est : avons nous à faire à un problème seulement conjoncturel ou alors systémique (= changement de paradigme économique, technologique ou même de fabrication) ... en d'autres termes, dans un marché de la consommation américaine (par ailleurs encore très vivace) est-ce que la "montre mécanique" suisse subit juste une contraction provisoire ou bien est-ce beaucoup plus grave du genre la "montre connectée" est en train de la détrôner définitivement la montre traditionnelle ? Les chiffres à l'exportation montre que c'est surtout la gamme des prix de 200 à 5oo CHF qui est touchée donc pile dans les montres connectés... d'où notre déduction sur le changement de paradigme et de la guerre économique systémique que nous cessons d'annoncer depuis si longtemps déjà... 

Ainsi les chiffres d'aujourd'hui montrent sans doute la fin d'une époque... car tout ce qui arrive économiquement aux USA finit toujours par gagner le monde entier... forcément, une fatalité du système économique en quelque sorte : les marchés "followers" suivent toujours par définition.

Voilà la donne est claire...

 Si les Suisses veulent éviter la débâcle ... il n'y a qu'une issue, c'est rejoindre la tendance du marché et donc fabriquer des "montres connectées"...

 Pour ce faire et pour rattraper rapidement notre retard... une seule solution : acheter la compétence aux Américains....

Comment ?

Il existe plusieurs dizaines d'entreprises ou de start-ups californiennes spécialistes des "objets connectés" ... il suffirait donc de toutes les racheter ou faute de mieux quelques unes...

Swatch, Richemont ou Rolex pourraient commencer par Garmin, Pebble, FullPower ou Bionymi...

 

20/12/2015

L'AVENIR DE LA MONTRE SUISSE DEVRAIT ÊTRE LA SANTÉ...MAIS C'EST MAL PARTI !

Pebble vient de sortir une nouvelle "apps santé" développée avec les scientifiques de Stanford (ils ont l'un des meilleurs Labo d'algorithmes pour la santé !) ... les porteurs de montres Pebble ont downloader l'apps cette semaine ... sans avoir eu besoin de changer de montres !

Cela peut paraître anodin... cela ne l'est pas du tout... c'est juste le début de l'ère de la "Montre Santé"... on avait des "garde-temps" on aura désormais des "garde-vie"... le vivant remplace le temps!

Il va falloir s'habituer à ce contexte ... ainsi six choses vont définitivement changer:

 1.- La montre traditionnelle vient de perdre sa fonction de donner l'heure! La mécanique semble devoir disparaître avec ... l'arrivée de la santé au poignet!

 2.- La montre est devenue un objet critique pour toute l'industrie mondiale de la Santé... cela fait beaucoup de gros concurrents sérieux pour l'industrie horlogère! Imaginez: le marché mondial de la Santé, c'est 9'600 milliards de dollars... et la montre suisse 20 milliards... C'est pas du tout comparable et beaucoup d'horlogers suisses vont forcément y laisser des plumes....définitivement?

 3.- Les nouveaux gros acteurs de la Santé-Digitale que sont IBM, Apple, Google, etc... mais aussi les petits nouveaux comme Pebble ou Bionym pour ne citer qu'eux parmi les centaines de start-ups du "digital-health"... vont transformer les anciennes pratiques médicales comme seul un véritable tsunami serait le faire... rien ne sera plus comme avant dès lors que la médecine sera en temps réel ... on passe dans ce domaine de la photographie (scanner) au cinéma (watch)... la montre sera l'élément clé de ce dispositif de santé intelligent ... (à lire ici)

 4.- La chose la plus intime possible est le battement de notre coeur. Celui-ci a une signature unique. Ainsi on va pouvoir créer une montre connectée totalement « intime ». Du fait que le rythme cardiaque de chacun est différent des autres, cela permettra pour la première fois qu’un objet puisse nous identifier de manière précise et unique. La montre devient le sésame de la sécurité absolue. Un champ nouveau de sécurité et d’identité va ainsi naître. C’est une « killing Application ». Une clé, un password, une carte d’identité, un portemonnaie électronique, un remote control, etc. dans un seul objet-montre... connectée! (à lire ici)

5.- La montre connectée a déjà sauvé des vies (à lire ici ) vous garde en santé et vous fait maigrir (à lire ici)... les témoignages sont nombreux et le storytelling viral va amplifier la rumeur... ce qui va finir par condamner toutes les autres montres... forcément car elle ne vous sauve pas...la vie

6.- L'intelligence artificielle a fait un saut qualitatif ces dernières années en Californie ... en effet on parle désormais de "machine-apprenante" ... fini la programmation d'algorithmes pour chaque situation... les algorithmes apprennent à développer leur propre avenir... en créant des nouvelles algorithmes... la réalité semble dépasser la fiction et cela inquiète même en Californie d'où l'initiative de faire de l'intelligence artificielle en open source (à lire ici)... mais pour Watson, Siri ou Now, cela annonce la médecine intime, personnelle, permanente et sur le poignet... évidemment !

13/12/2015

CINQ RAISONS QUI POUSSENT L'HORLOGERIE SUISSE VERS L'ÉCHEC !

"C'est l'impact des montres connectées sur l'horlogerie suisse qui va être le facteur véritablement dévastateur".

 

Voici 5 raisons pourquoi c'est affirmation va se vérifier:

 1.- Le marché de la montre connectée va exploser... pas celui de la montre mécanique!

 Avec près de 24 millions de montres connectées vendues pendant la SEULE année 2015 et sans doute 100 millions en 2020, ce marché devient plus important que celui de toute l'horlogerie suisse et surtout il est en expansion rapide. Celui de l'horlogerie suisse va par contre au mieux plafonner autour des 28 millions mais plus vraisemblablement tourner vers les 20 millions de pièces fabriquées. Le rapport de force qui se dégagera de cette évolution entre acteurs industriels va être à l'avantage des plus dynamiques et c'est aujourd'hui indéniablement ceux des montres connectées. Ainsi, demain, le marché de la montre sera essentiellement dominé par Apple et Google.

 2.- Le software est plus important que le hardware!

Ce sont les operating systèmes, les écosystèmes et les plateformes de vente qui sont les véritables enjeux, pas la montre et à ce jeu là, les horlogers suisses sont juste absents. Sans capacité de développement software... pas d'avenir! L'enjeu n'est plus le hardware mais bien le software... où est la recherche suisse dans le domaine?

 3.- La montre connectée améliore la santé!

85% des porteurs d'Apple Watch affirme que leur santé s'est améliorée depuis qu'il porte cette montre et 27% ont même perdu du poids. C'est aujourd'hui indiscutablement le point fort de cette montre et cela le sera encore plus demain avec les nouveaux capteurs et les nouvelles "apps" en préparation. Cette montre va sauver des vies... cela finira par se savoir et cela sonnera le glas de la fonction première: donner l'heure... désormais ce sera : donner la vie. On va parler un jour de "garde vie" comme on parle aujourd'hui de "garde temps".

 4.- La guerre du poignet sera gagnée par la montre connectée!

 Il n'y a pas la place pour deux montres sur les poignets. Seul la famille Hayek semble penser le contraire. Mais la vérité c'est qu'il faudra choisir. Certes on peut imaginer que selon le moment de la journée on porte l'une ou l'autre (mécanique ou connectée). C'est sans doute vrai pour une génération habituée à la montre traditionnelle ... mais peut vraisemblable pour la nouvelle génération de porteur de montres connectées.

 5.- Le marketing "savonnette" des horlogers suisses va subir un revers sanglant!

 On ne peut plus vendre aujourd'hui à la manière de Séguéla. Posséder n'est plus le marqueur dominant (souvenez-vous: "si a 50 ans, vous n'avez pas une Rolex ...vous avez raté votre vie") car dans notre société contemporaine ce sont des entreprises comme Airbnb, BlaBlaCar, Kickstarter, Twitter, Facebook, etc. qui donnent le "LA". Elles donnent le pouvoir aux gens qui veulent valoriser leurs "vies", leurs "expériences" pas leurs "rêves"!

 

 PS. Pour en savoir plus cliquer ici

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Tableau prévisionnel des OS

29/11/2015

COMMENT APPLE VA CROQUER SWATCH ?

 

Le combat de Titan qui s'est engagé dans l'industrie horlogère entre Apple et Swatch va sans doute tourner en faveur des californiens !

Voici pourquoi:

1.- Management très faible et pas dans le coup: les dirigeants des différentes marques phare du groupe Swatch sont de la vieille école, ne connaissent pas vraiment le digital et la relève tarde à montrer son nez...mais surtout Nick Hayek a minimisé dans ces nombreuses déclarations publiques, la menace de la montre connectée - un peu à la façon dont les dirigeants de Nokia l'avaient fait à l'époque avec un résultat qui s'est avéré finalement catastrophique... Conséquence: l'arrogance empêche de mesurer correctement le danger!

2.- La montre connectée est en plein dans le coeur business de Swatch (avec les marques Tissot, Longines ou la Swatch 51) ... ce qui n'est pas le cas pour les autres groupes qui se sont verticalisés comme Richemont, LVMH ou Rolex....Conséquence: Swatch est clairement la cible d'Apple...

3.- Au niveau des engagements financiers globaux en recherche et innovation: ils sont considérables chez Apple et relativement faibles chez Swatch alors que les proportions sont inversés concernant le marketing et les frais de vente (35% chez Swatch et 8% chez Apple). Conséquence: cette asymétrie est mortelle pour Swatch!

4.- Le réseau de vente chez Apple est complété par sa plateforme Apple Store... et à la fin, ce sont bien les "apps" qui comptent. Swatch n'en a tout simplement pas ! ... Conséquence: le combat est totalement inégal!

5.- L'écosystème connecté est l'enjeu ultime...pas la connection... c'est l'écosystème qu'il faut posséder et non pas des montres .... et là aussi Swatch est sur le mauvais chemin...

Conséquence finale: Swatch a une bonne chance de suivre l'aventure désastreuse de Nokia, c'est juste une question de temps finalement...