20/04/2017

les chinois rêvent de montres suisses ... connectées!

Shanghai, début avril: en visite pour comprendre l'avenir de l'Internet of Things (IoT), une délégation suisse conduite par la Chambre neuchâteloise du commerce et de l'industrie n'en revenait pas: dans un centre hyper-hightech de la compagnie DFRobot, de jeunes "makers" chinois ont montré leur extraordinaire inventivité. Fini l'image d'un peuple de "copieurs", désormais la Chine invente. Chez les plus branchés des jeunes entrepreneurs chinois, la créativité a pris nettement le pas sur leur capacité légendaire à copier. Désormais, plus que les ateliers du monde, la Chine se dote d'une grande capacité d'invention. La roue tourne. Il va falloir compter sur une autre Chine.

Quand ce fut le tour de montrer un objet fait 100% en Suisse, Jean-Marc Wiederrecht, membre de la délégation, exhiba sa montre mécanique révolutionnaire qu'il venait de présenter à BaselWorld. Incroyable les jeunes électroniciens de la révolution "IoT" se sont précipités sur le podium pour voir la merveille. Il semblerait même que dans le monde moderne des geeks chinois, l'efficacité du marketing des horlogers reste intacte. Sans aucun doute, la montre suisse a encore de l'avenir en Chine !

Mais il est bien clair que désormais, il faudra moderniser celle-ci. En complément à la mécanique, il faudra y ajouter de la connectique. L'avenir des horlogers suisses doit passer obligatoirement par une intégration de puces, de censeurs et autres softwares de l'Internet of Things. C'est notre destin mais aussi une opportunité car l'emplacement sur le poignet est devenu stratégique pour tous. Que se soit la santé, la sécurité, le paiement, le contrôle des objets, etc., le poignet est la position idéale de l'IoT. C'est simple: soit on est présent, soit on en est exclu. Ce n'est plus une question de choix mais une question de vie ou de mort pour cette industrie.

Notre chance, c'est que nous possédons les compétences ! Il ne reste plus qu'à orchestrer la mise en œuvre. Comment cela pourrait-il se passer?

Le canton de Neuchâtel devrait être au centre de cette révolution de l'IoT. Déjà inventeur de la montre à Quartz dans les années 60, il peut aujourd'hui compter sur le dynamisme de ses entreprises (par exemple EM Microelectronic Marin) et des Hautes Écoles (Université de Neuchâtel, EPFL Microcity, He-Arc et le Centre de recherche du CSEM). Pas moins d'une douzaine d'initiatives ont été lancées dans le canton pour affronter cette mutation indispensable pour une industrie hautement technologique: celle des puces et censeurs à très base consommation d'énergie. C'est le cœur même de l'IoT qui s'y joue.

Ainsi par exemple, le CSEM vient de faire une annonce retentissante en amorçant la maîtrise de toute la chaîne de fabrication des objets connectés dédiés à l'Internet des Objets. En effet avec le Groupe Swatch, ils vont développer la pièce manquante: un système d'exploitation pour les objets connectés à faible consommation d'énergie. Cette innovation stratégique va propulser, à n'en pas douter, la région comme l'un des leaders mondiaux de la révolution numérique des objets. Son directeur Mario El-Khoury avait déjà beaucoup œuvré pour mettre le CSEM et Microcity au sein de la révolution industrielle, maintenant il fait franchir un nouveau pas à ses équipes de chercheurs mondialement respectés.

Sans aucun doute, les chinois vont devoir traiter avec les suisses. Ils semblent adorer cela si l'on constate leur enthousiasme pour les montres suisses!