21/02/2017

HORLOGERIE SUISSE: déçu tout court !

Pas moyen de se réjouir, en ce début 2017, les exportations horlogères sont toujours en recul. Le mois de janvier affiche une baisse de 6,2%, pour une valeur totale de 1,4 milliard de francs. La tendance négative a perduré avec certes un peu moins de vigueur, mais elle est encore significativement orientée vers les chiffres rouges. On est déçu.

Il faut garder son sang froid, les crises sont loin d'être terminées.

Car même si le marasme chinois (crise conjoncturelle) perd de sa vigueur et que celle de la surcapacité industrielle de production (crise structurelle) n'en finit pas de dégraisser, on n'est pas du tout sorti de celle de la montre connectée (crise systémique). Car voilà que se pointe une toute nouvelle crise pour les horlogers suisses: celle de l'effondrement du "retail", de la distribution par les magasins.

Certaines grandes marques commencent déjà à fermer leurs propres boutiques mais surtout elles voient les magasins spécialisés (leurs partenaires traditionnels) souffrir voir dépérir tellement la concurrence des ventes par Internet leur font du mal.

C'est le début d'une nouvelle Berezina annoncée...

Les magasins se prennent le "tsunami" des ventes par discount sur Internet en pleine face. C'est ravageur car il n'y a pas vraiment de remède ... en effet, lorsque les consommateurs auront pris l'habitude de payer une Rolex ou une Breitling avec des rabais de 40, 50 voir 60% sur Internet ... ils ne reviendront plus jamais en arrière, c'est-à-dire dans les magasins où ils devront payer le prix catalogue!

Les marques horlogères sont entièrement responsables de cette situation en ayant vendu comme toujours leurs surplus au marché gris. Ce dernier ne se cantonne plus aujourd'hui de vendre à travers des réseaux secondaires mais déverse les stocks d'invendus sur le monde entier via Internet.

D'autres secteurs ont connu avec Internet des déboires foudroyant du même type: songez aux libraires avec Amazon, aux médias (l'information est aujourd'hui pour l'essentiel gratuite) ou encore à l'industrie de la publicité (des supports comme les téléphones mobiles sont 100 fois moins onéreux que la télévision!).

Ne pas affronter cette crise pourrait coûter cher, très cher à une industrie horlogère qui a vraiment beaucoup de peine à se réinventer face à la révolution du numérique.

Et pourtant une solution simple existe qui serait de créer la rareté.

Eh oui, revenir au bon vieux temps avant l'abondance! En produisant moins, il n'y aura ni surplus, ni marché gris et surtout pas de place pour des discounts agressifs de montres de luxe sur Internet.

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