01/01/2017

LE LUXE EN PANNE !

En 2016 selon Brain & Co, la croissance de l'industrie du luxe n'a été que de 4%.

C'est peu au regard de ces dernières décennies. L'ouverture des pays de l'Est et de la Chine à l'univers du marché libre a fini de produire son effet. On entame une "nouvelle " normalité selon les experts. Cela stagne et en d'autres termes, il va falloir changer la manière du management de l'industrie du luxe selon cette étude. 

Fini la gestion de la croissance à deux chiffres, l'ouverture rapide de boutiques souvent effectuées par vagues incontrôlées (Chine,...)... c'est fini et bien fini....il va falloir serrer les boulons, rationnaliser, augmenter la productivité ou/et diminuer l'appareil de production et faire des économies notamment dans le marketing... tout cela est très nouveau -pour la branche- car depuis deux décennies environ, on vivait une situation quasiment irréelle.

Bref, le luxe (dont les montres suisses ont sous performées l'ensemble selon la même étude en 2016 avec -10% ) va connaître une phase de compétition pour la conservation des parts de marchés et non plus comme auparavant une phase de conquête de nouveaux marchés (Chine, etc.)... ce n'est pas la même chose et ce ne sont certainement pas les mêmes dirigeants qui pourront entreprendre ce travail... place au "killers" et fini les "beaux" parleurs !

De plus, le marché du "off-price" qui représente plus de 38% des ventes dans la montre de luxe devra être repris en main... ce n'est en effet plus possible d'avoir un marché stagnant qui offrirait en même temps un marché parallèle (gris) qui casse les prix jusqu'à plus de 40% de la valeur des montres.

Car ne l'oublions pas le luxe est un univers singulier qui a de tout temps suscité envie et désir chez les consommateurs pourvu que les prix soit contrôlés (et si possible en augmentation d'année en année). Un produit de luxe ne se reconnaît pas seulement à sa sophistication supérieure à ce qu’un usage simple de l’objet ne pourrait normalement exiger, à son prix plus élevé et à la symbolique, la mesure dans laquelle l’acquisition du dit produit de luxe est liée au message qu’il fait passer, mais surtout à l'attention que les compagnies accorderont à la valeur de l'expérience-client.

Ainsi le luxe va explorer demain de nouvelles voies moins matérielles et plus expérimentales comme les voyages, les croisières ou les séjours de luxe ... 

Le luxe semble donc quitter une phase sociétale de l'accumulation des biens pour celle dite "de l'expérience-client" ... sacré challenge pour l'industrie horlogère dont l'expérience-client est évidemment bien limitée....

 

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