28/11/2016

BIG DATA versus BIG BEN !

Dans dix ans, vingt ans ... l'horlogerie suisse telle qu'on la connait aujourd'hui aura disparue. 

Cette prédiction peut s'appuyer sur plusieurs constats. 

Résumé:

D'abord, l'enjeu économique et social du "temps" s'est déplacé vers les "données". 

Big Data plutôt que Big Ben semble murmurer la société. 

Ensuite, le marqueur sociétal qu'a été la montre suisse ces dernières années comme expression ultime de la société de l'avoir (accumulation de biens matériels), va céder la place à l'expérience client (accumulation de biens immatériels). Il faut bien le reconnaître la montre mécanique n'offre guère d'expérience-client au contraire de la "smartwatch" pleine de données à maîtriser comme celles liées aux activités sportives ou de santé.

Enfin, lorsqu'une industrie se rétrécie en perdant notamment des parts de marché ... elle a tendance à la longue de tranquillement disparaître ... Kodak avec la photo traditionnelle face au digital, Märkling avec ses trains électriques face aux jeux vidéos, Black Berry avec son clavier face au "touch screen" d'Apple, Les "Malls américains de brick and mortar" face aux magasins du e-commerce, etc... Donc, on le sait très bien en économie, lorsque 20 à 25 % d'un marché est pris par un nouveau produit alors les anciens s'éclipsent....

Le destin de l'horlogerie suisse se décide donc aujourd'hui ... soit on assiste à une forte réaction du monde horloger vers les "data" (le temps n'étant au final qu'une catégorie de données structurées) , soit "bye bye la Suisse" ...

 

22/11/2016

HORLOGERIE SUISSE: LA DÉGRINGOLADE ...

Avec 16,4% d'exportation en moins sur an (particulièrement pour Hong Kong (- 21,5) et les USA (-16,5) ... nos plus grands marchés) l'horlogerie suisse subit un revers très important. Conséquence directe: l'emploi souffre aussi: moins 3'000 postes pendant cette même période ... les chiffres ne cessent d'être mauvais, très mauvais... quand vont-ils s'arrêter?

C'est le moment de se poser les vraies questions comme: "Est-ce que le rêve est brisé"... car il faut bien l'admettre les montres suisses ne sont plus convoitées comme avant.

Une première explication pourrait être que les montres sont devenues trop chères dans un monde qui switch vers l'être plus que l'avoir.

Une seconde explication serait que les consommateurs d'aujourd'hui veulent une expérience-client ... et évidement ce n'est pas facile à offrir avec les montres traditionnelles ... les smartwatches échappent à ce constat. 

En conséquence, la chute des ventes observée depuis 16 mois maintenant, n'est vraiment plus seulement le fait d'une crise dite conjoncturelle mais plutôt d'une crise que l'on pourrait appeler "systémique" au sens où l'on assiste à un changement profond de modèle, de système.

il va donc falloir revoir les choses de fond en comble... c'est certain.

(à suivre)

 

06/11/2016

Horlogerie Suisse: Alliances à hauts risques !

Au regard de l'évolution historique des stratégies de la branche horlogère, après avoir connu, ces deux dernières décennies, une verticalisation économique – à savoir une phase caractérisée par des rachats de sous-traitants et l'ouverture de boutiques en propre mais aussi par la formation de grands groupes tels que Swatch, Richemont ou LVMH –, l'industrie horlogère a entamé une nouvelle stratégie, celle des alliances stratégiques: Hermès avec Apple, Tag Heuer avec Intel, Louis Vuitton avec Huawei, etc. On parle désormais d'horizontalité.

La "fashion attitude" pousse à l'idée d'écosystème et donc au développement de partenariats voir d'alliances. Ainsi, il semblerait que tout le monde ou presque cherche à faire des alliances. Du côté de l'offre, c'est clair. Les maisons négocient des partenariats avec des alliés compétents notamment dans les technologies ICT (Informatique - Communication - Télécommunication) mais du côté de la demande (le client). c'est moins évident car le client compose aujourd'hui lui même son "look". Il peut très bien associer une montre haut de gamme avec des jeans bas de gamme! Les codes ont changé et l'accumulation de l'avoir (société de la consommation) à céder le pas à l'expérience (voyage, événements, spectacles, etc.) et à la recherche du bien-être (spa, gym, trekking, etc.). 

On est finalement entré dans la société du spectacle prédite par Guy Debord. 

Ainsi le client veut aller de surprise en surprise. Mais la montre traditionnelle n'offre pas grand chose de ce point de vue là. Ce sont Fitbit, Garmin ou Apple les maîtres de notre temps. Avec les montres connectées ... il y a du vécu, de l'expérience ... des choses à faire, à calculer, à prédire : par exemple les distances parcourues (Fitbit) ou encore à parcourir (Garmin), les résultats à comparer (Apple), les progrès mesurés (tous) ... bref cela bouge grâce à ses propres données... on expérimente la vie, sa propre vie pas besoin de l'image des autres, on est l'image ... et on ne regarde pas simplement le temps (passé) mais nous même en action (selfies).

C'est cela le changement de temps ...

Et pour y parvenir il faut peut être faire des alliances... développer une stratégie horizontale.

Mais l'horizontalité, c'est aussi vouloir conquérir d'autres marchés du luxe ... à l'image de LVMH qui a un très large portefeuille de "maisons" dans la montre, la maroquinerie, les parfums, les vêtements, les vins etc. Cette horizontalité par des "merges & acquisitions" va sans doute prendre un très grand essor ces prochaines décennies.

Le mutation des stratégies industrielles du vertical à l'horizontal va nous réserver bien des surprises ... et parfois ces alliances vont s'avérer désastreuses si par exemple, elles sont trop asymétriques (le cas Tag Heuer qui confie tout l'intérieur de la montre à Intel peut être considéré à hauts risques alors qu'Hermès qui n'a fait que "prêter" son bracelet à Apple ne prend quasiment aucun risque) ... mais pour en revenir à l'actualité, il est incontestable que le "luxe" va à l'avenir créer des écosystèmes d'offres "produits" beaucoup plus large qu'aujourd'hui... que se soit par alliance ou par acquisition, on verra bien... tout est ouvert!