25/04/2016

Industrie 4.0 vers la fin du travail?

Aujourd'hui 25 avril à Berlin et demain à Hanovre (Messe), une importante délégation d'entrepreneurs romands et de chercheurs/professeurs (+54) sont en déplacement en Allemagne pour découvrir la réalité de l'avenir industriel du monde.

Boris Zurcher, notre "ministre" du travail accompagne ces derniers car l'un des enjeux est l'emploi de demain... En effet, allons nous assister à une vague de délocalisation ou de licenciement des entreprises? Et ceci, non pas tant liée au franc fort mais plutôt à cause du numérique! C'est une question centrale qui a été débattue à l'Ambassade de Suisse à Berlin, aujourd'hui. La réponse n'est pas évidente. Ce qui est certain, c'est que les emplois de demain ne seront pas les mêmes qu'aujourd'hui et le système suisse de la formation est véritablement sous pression de la révolution "numérique" pour se réformer en grande hâte...

Barak Obama est aussi venu inaugurer la plus grande "Messe" industrielle du monde: l'Amérique étant le pays hôte cette année. Son discours rappelle que les USA sont les leaders de la révolution du "numérique" (surtout en ce qui concerne le software) et qu'ils veulent le rester. Mais évidemment côté industriel (hardware), les allemands sont les meilleurs.

Alors la guerre industrielle va atteindre un nouveau paradigme car qui du software ou du hardware va dominer le monde? Devinez!

Du côté des suisses, c'est aussi franchement très tendu... on est en retard à la fois sur le software et le hardware... alors que nos usines sont souvent plus modernes que celles de nos concurrents allemands et américains... car elles ont été construites par ces derniers... Et c'est peut-être là l'enjeu final de l'industrie 4.0: seul la production compte!

 

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La délégation suisse est conduite sous l'égide d'un programme national d'innovation régionale appelé Manufacture 4.0 (regarder les liens ci-dessous). La CNCI (dirigé par Florian Nemeti) et le Swiss Creative Center (Neuchâtel) portent ce projet.

A lire les articles produits par le projet Manufacture 4.0

1) introduction à l'économie digitale

2) le pouvoir des données 

3) "data scientists" 

4) Machine Learning

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21/04/2016

Horlogerie Suisse: dramatique chute des exports...pas vu depuis 2009!

La dégradation observée depuis juillet 2015 dans l’évolution des exportations horlogères suisses s’est accélérée en mars.

Avec un recul de 16,1% par rapport à l’année passée, leur valeur marchande n’a indiqué que 1,5 milliard de francs. 

L’ampleur de la baisse est inhabituelle puisqu’il faut remonter à la crise de 2009 pour trouver des taux en chute libre de cet ordre.

Les trois principaux marchés des horlogers suisses ont été particulièrement touchés:

  • Hong Kong a enregistré un de ses plus forts reculs, avec -37,7%.
  • Les Etats-Unis ont suivi la même pente en mars (-32,9%), accélérant nettement leur baisse.
  • La Chine a été aussi clairement négative (-13,7%).

Ainsi ce que nous annoncions ici même - depuis maintenant deux ans - ce concrétise... ce qui reste curieux c'est le manque de réactivité des dirigeants...

Messieurs les actionnaires réveillez-vous!

01/04/2016

Les trois terribles Leçons de Baselworld !

Voilà les trois fondamentaux nouveaux que Baselworld vient de nous apprendre:

A.- On est passé dans un marché d'acheteurs... c'est lui qui fixe les conditions de l'échange commercial ... désormais ce sont les commerçants, les grossistes et les revendeurs qui ont (re)pris le pouvoir... cela faisait plusieurs décennies que cela n'était plus le cas ... fini de dicter sa loi (les volumes, les marges et les prix) depuis les montagnes... 

B.- La crise horlogère se développe maintenant sur trois niveaux stratégique:          

  1. conjoncturel avec par exemple Hong Kong toujours dans le rouge...  
  2. structurel avec une sur-capacité industrielle de l'horlogerie suisse...
  3.  systémique avec la transformation vers le tout connecté...

 

C.- Les propos des patrons de l'horlogerie de luxe suisse dans la presse, notamment ceux de Monsieur Stern (Patek Philippe) démontre que le luxe peut désormais se passer d'un tissu industriel régional (donc l'idée de cluster horloger vole en éclat)... en fait ce qu'ils disent précisément, c'est que les marques vont produire le plus possible de manière interne,  et que sinon ils peuvent acheter n'importe où... en d'autres termes la chaîne de la valeur n'est plus régionale ... et le Vallon de St.-Imier, la Vallée de l'Arve (décolletage) ou la Corée du Sud, c'est du pareil au même pour une chaîne de valeur industrielle numérique ...