18/02/2016

Les "Smart Watches" à l'assaut de l'horlogerie suisse !

En janvier, les exportations de montres suisses ont perdu 13,7% de leur volume à destination du marché américain (selon les statistiques publiés aujourd'hui par la fhs).

On apprend dans le même rapport que ce sont surtout les deux segments des montres à moins de 200 CHF (-15,1) et celui entre 200 à 500 CHF (-14,2) qui ont le plus souffert!

Justement ... pile dans la gamme des prix des montres connectées.

Celles-ci, depuis l'impulsion créée par le lancement de l'Apple Watch en avril 2015, commencent à occuper un créneau de plus en plus important (on estime à 18 millions le nombre de montres connectées vendues en 2015).

Ainsi, il va falloir s'habituer... à partager le marché avec un nouveau type de montre...

Il y avait la montre mécanique, puis celle à quartz dès les années 70  et maintenant la "connectée"... et ce sera comme cela pour toujours!

Mais ce que l'on n'a pas encore voulu voir dans les manufactures horlogères suisses c'est l'avantage compétitif qu'ont les "smart watches"... elles sont justement "smart"... elles n'indiquent pas seulement l'heure... elles nous informent... elles nous renseignent... elles nous enseignent... elles nous conseillent... elles nous sauvent...

Bref elles nous rendent plus "smart" donc plus intelligent.

C'est exactement cela que l'horlogerie suisse n'a pas su (ou voulu) comprendre... la montre connectée est une guerre pour l'intelligence... pas pour le poignet!

16/02/2016

BRELOQUE EN STOCK!

Lorsque l'on ne vend pas... la marchandise a tendance à s'accumuler. 

C'est exactement ce qui est arrivé l'année dernière dans la plupart des boutiques de l'horlogerie suisse dans le monde: 2015 a été une année du stockage de montres!

Il faut bien visualiser le mécanisme de distribution de la montre pour comprendre cet aspect "surprenant" du métier.

D'abord, les marques suisses vont exporter la quasi-totalité de leur production vers l'étranger en comptabilisant dans leur bilan ces "ventes". La marchandise part en boutique déjà "vendue" non pas au consommateur final mais aux intermédiaires. On appelle cela dans le jargon du "SELL IN". (Le "SELL OUT" étant l'opération de vente vers le client final).

De plus, le prix "export" est arbitraire et tourne en moyenne pour toute l'industrie autour de 750 CHF. Ce chiffre ne correspond pas au prix final qui lui va beaucoup varier selon la destination (adaptation différenciée du taux de change aux pays destinataires!) ou si la montre va finir au marché "gris" (vente à prix cassé de matériels neufs mais considérés comme vieux modèle)... ou encore reprise!

Bref, on vend sans vraiment vendre... car si la marchandise n'est pas écoulée alors la marque horlogère va devoir reprendre (en totalité ou en partie) les invendus pour pouvoir exposer les nouveaux modèles ...

 "Vous voyez d'ici l'imbroglio... on vend mais on doit tout de même reprendre...les invendus!"

 

Ainsi de manière très concrète si l'on regarde la comptabilité 2015 par exemple pour le groupe Swatch ... on voit qu'il y a bien eu pour 8,4 Milliards de vente mais que le stock est maintenant comptabilisé à 6,2 Milliards ... cela signifie que le stock a grossi en une année de plus de 300 millions de francs !

Comprenez bien... on est toujours dans du virtuel car le stock ne sera certainement pas vendu entièrement... donc il faudra bien un jour ou l'autre inscrire des pertes... d'autant plus qu'à ce niveau cela représente tout de même près de cinq années de bénéfice... eh oui, le bénéfice 2015 a été fixé à 1,4 Milliard!

Tout cette démonstration est importante car c'est plus ou moins la même chose - pour n'importe quelle marque horlogère suisse ...  le "sell in ... sell out" étant une pratique généralisée dans la profession...

C'est pourquoi il faut toujours regarder la fluctuation des "breloques en stock" ... si vous voulez connaître la santé d'une marque... c'est le seul indicateur de certitude!

07/02/2016

Net influence: ROLEX recule ... APPLE WATCH passe devant !

Inouï...une étude mesurant la notoriété des marques de luxe sur le Net place Apple Watch devant Rolex ... et tous les suisses loin derrière !

La conversation de 700 millions de postblog ou tweet, parlant de luxe a été observée et analysée pendant une année dans 80 pays par des Bots (sorte d'algorithmes qui se baladent tout seuls dans Internet à la recherche par exemple de mots clés). Ils cherchaient à savoir combien de fois les marques de luxe étaient citées dans les conversations.

C'était précisément le but de cette recherche qui a été menée par Netbase, une société d'analyse de marché dont vous pouvez lire l'étude ici.

Le classement a donné un résultat surprenant pour l'horlogerie:

"Apple Watch sort 13ème juste devant Rolex 14ème"

Après moins d'une année la montre connectée d'Apple entre dans ce classement très prestigieux dans lequel les trois premières marques sont dans l'ordre Chanel, Gucci et Hermès... Rolex était encore classé l'année dernière: 8ème et première marque suisse ... mais cette année Rolex a perdu 6 place !  

C'est tout à fait surprenant.

 Bien sûr, on est ici dans le monde d'Internet avec un public jeune et moins riche que dans les boutiques de luxe... et cela n'aura donc pas d'effet immédiat sur les ventes ... mais à terme, ce public tout en acquérant âge et argent se sera éloigné des marques suisses de montres mécaniques. On peut ainsi prédire que les horlogers suisses resteront à la traîne de ce type de conversation et donc aussi des futurs achats de luxe....

C'est a n'y rien comprendre ... pourquoi les horlogers suisses ne passent pas à l'offensive du "connecté"...

" c'est comme si ces derniers pariaient sur le passé et pas sur le futur... aberrant - stupide!"

01/02/2016

CAMPAGNE US 2016: L'INVENTION DIGITAL DE TRUMP !

 

La campagne présidentielle américaine 2016 semble être totalement bizarre: elle favorise incroyablement les outsiders!

Avant les campagnes étaient tellement coûteuses que seuls les notables fortunés des partis arrivaient à mener campagne, sinon dans le cas contraire, ils devaient soulever des fonds auprès de millions de "petits" américains en créant de très nombreuses équipes de campagne (ce qu'Obama avait fait par exemple).

Cette fois-ci rien de tel.

Les deux candidats Donald Trump et Bernie Sanders n'ont pratiquement rien dépensé comme argent et se retrouvent en excellente position dans la campagne.

Quel mystère entoure alors ces deux candidats? 

Ont-ils des équipes de communicants hors pairs? 

Des stratégies nouvelles?

Eh bien ... non... Sanders mais surtout Trump ont su utiliser un tout nouveau phénomène média lors de la campagne présidentielle américaine: le digital. Non pas de manière classique (par des diffusions virales de slogans comme Obama) mais en offrant une plateforme de sur-traitance.

Deux aspects de ces pratiques digitales de "sur-traitance" apparaissent clairement aujourd'hui lors de cette campagne hors norme:

1.- les GIFs (sorte de petite animation obtenue par succession de plusieurs images le tout contenu dans un seul fichier GIF. Aujourd'hui, ce concept est beaucoup utilisé pour détourner des événements d'actualités ou faire des animations comiques notamment sur les célébrités)

et 2.- les SEARCHs (se sont les requêtes sur Internet ou sur les assistants vocaux tels que SIRI ou Google NOW. Les SEARCHs donnent une bonne indication instantanée de ce que les gens cherchent ou veulent regarder). Du coup plus les gens "cherchent" quelque chose plus le traffic induit va rapporter de l'argent et donc les médias vont s'emparer du sujet et amplifier en même temps la fréquentation ... ainsi les SEARCHs créent la NEWS... 

En créant des attitudes, des situations et des propos provocants l'un et l'autre (surtout Trump) entraînent les gens à agir (créer des comics, des tweets, des chats puis à chercher et regarder les résultats de tout ce vacarme)... le cycle de la "sur-traitance" est en marche... y compris dans la presse écrite.

Cela fonctionne ainsi en quatre étapes : Un geste provoquant - Nudge (1) ... une répétition du geste détournée - GIF (2) ... un flot de "views" - Search Engine (3) et c'est parti pour les tweets et retweets - Le Karaoké Médiatique (4) ... 

C'est comme une boule de neige qui dévale la pente... et grossit ... le tour est joué!

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NB: A tel point c'est bien joué ... que les médias traditionnels (papier et digital) ont été obligé de s'y mettre eux aussi ... ils parlent des provocs des candidats car cela leur rapport 10 fois plus... incroyable ... non!

 

(à lire ici pour les sceptiques)