26/01/2016

ALERTE: la décroissance pour la montre suisse !

 

 Après la publication aujourd'hui des résultats des exportations 2015:on doit faire le point sur l'année écoulée.

" On peut déjà affirmer que rien ne sera plus jamais comme avant dans l'horlogerie suisse car il va falloir gérer la décroissance... décroissance des marges, des prix, des volumes, du personnel, des points de ventes, de l'appareil de production, des frais de marketing, etc."

 

Mais la décroissance est un exercice tout à fait périlleux et les horlogers suisses n'y sont pas prêts !

 Il y a dix raisons a cela:

 1.- Les exportations ont chutés de 3,3% en 2015... Après deux décennies de croissance, il va falloir mettre en place des stratégies de décroissance...pas si simple!

La baisse a perdu un peu de sa vigueur en décembre, mais les exportations horlogères sont restées sur une pente négative. Leur valeur a indiqué 1,7 milliard de francs, ce qui correspond à une diminution de 3,8% par rapport à décembre 2014, avec toujours une influence prépondérante de Hong Kong sur le résultat global. Sur l’ensemble de l’année, les exportations sont repassées sous la barre des 22 milliards de francs, accusant une contraction de 3,3%, à 21,5 milliards de francs. (FHS)

 2.- Le prix moyen des montres à l'export a diminué pour la première fois depuis longtemps...et cela risque de continuer!

Grand chambardement dans l’industrie horlogère helvétique. En dix ans, de 2003 à 2013, la branche avait plus que doublé son chiffre d’affaires. Maintenant la tendance s’inverse. Le président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), Jean-Daniel Pasche, nous confirme déjà une première depuis 2009: le prix moyen de la montre suisse a reculé de 2% par rapport au même moment, un an plus tôt. L’automne dernier, une montre suisse était en moyenne vendue pour la somme de 723 francs. (24 heures)

3.- La baisse des volumes entraîne une surcapacité de production qu'il faudra bien un jour ou l'autre adapter voir corriger!

Ce n’est qu’une rumeur, mais il semblerait que la demande de mouvements horlogers soit devenue si faible (pour cause de méventes et de surstocks, y compris chez les marques du groupe Swatch) que les ateliers ETA fonctionnent à présent au ralenti. (Business Montres) 

4.- Le sur-stockage des montres en boutique va nécessiter des rachats coûteux des anciens modèles!

Le bourrage des stocks chez les détaillants. L’industrie continue comme toujours d’approvisionner au maximum les magasins quitte à reprendre la marchandise non écoulée dans des circuits parallèles. C’est un processus vieillot, peu rationnel et coûteux. (AGEFI)

5.- Internet va mettre de plus en plus la pression sur les réseaux classiques de distribution

Les nouvelles formes de distribution et de vente des montres bousculent fortement les habitudes. Par exemple, Fossil vend 27% de ses montres via son site Internet. Cela offre des marges intéressantes. Apple a vendu près de 3 millions de montres à des gens qui ne l’ont même jamais porté au poignet! Il faut tout repenser dans la distribution et la vente! (AGEFI)

6.- Apple Watch fait jeu égal avec les suisses: c'est un stress énorme pour toute la profession!

L'industrie horlogère doit produire ses propres montres connectées afin de lutter face à la concurrence d'Apple, estime Jean-Claude Biver. Selon le patron du pôle horloger du géant français du luxe LVMH, la branche doit prendre au sérieux la menace de la marque à la pomme. (Le matin)

7.- La "sur-traitance" est l'objectif ultime de la montre connectée. A ce jeu là, les suisses ont déjà perdu la guerre!

 Jusqu’ici, l’industrie « traditionnelle » a recouru à la sous-traitance et à la standardisation en pilotant verticalement sa chaîne de valeur. Le modèle numérique suit un chemin inverse. Il développe une plateforme suffisamment attrayante pour y attirer une multitude de porteurs de données indépendants. Il se produit ainsi un phénomène nouveau de « sur-traitance », qui autorise à toute une série de producteurs et de prestataires d’ajouter des services que le détenteur de la plateforme numérique rend disponibles, mais ne pilote pas. (MSM)

 8.- La "Manufacture 4.0" de la révolution numérique va poindre son nez... de lourds investissements sont à prévoir...

Ce concept correspond à une nouvelle façon d’organiser les moyens de production : l’objectif est la mise en place d’usines dites « intelligentes » (« smart factories ») capables d’une plus grande adaptabilité dans la production et d’une allocation plus efficace des ressources, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle révolution industrielle. Ses bases technologiques sont l'Internet des objets(WIKIPEDIA)

9.- Le luxe change ... plus de "vécu" moins de "bling bling" ... cela entraîne aussi une nouvelle communication !

Ras l’icône ! Les rééditions patrimoniales et le recours aux musées comme réflexe créatif ont été tués par l’abus des « hommages » aux modèles emblématiques de chaque marque [on a même vu Panerai rééditer des rééditions plus anciennes !]. On perd sa respiration à force de vouloir souffler trop de bougies. Plutôt que de restyler des montres du passé, aussi intéressantes et signifiantes soient-elles, ne serait-il pas plus judicieux de créer aujourd’hui les « icônes » de demain : l’horlogerie suisse n’existe que par sa projection vers l’avant : cessons de regarder dans le rétroviseur ! (Business Montres)

 10.- De manière globale: le management actuel n'a pas les compétences pour relever ces nouveaux défis car ils sont tous issus de l'ancien monde.

Tous les CEO sont mortels, même les plus hauts placés : la quinzaine de chaises musicales enregistrées depuis la rentrée de septembre en témoigne. Lors de la précédente crise de 2008-2009, une petite quarantaine de fauteuils éjectables avaient transformé le paysage (y compris chez Rolex). Donc, après cette Wonder Week plutôt meilleure que prévu, profil bas de rigueur. Méfions-nous des starlettes et des couvertures de magazine (payées par la marque pour le tout-à-l’égo de son manager). Les amateurs ont le poil qui se hérisse quand on leur inflige cette arrogance typique des marques surplombantes aujourd’hui condamnées par les mutations sociétales : place à al connivence et au dialogue. Tout le monde au travail, en bras de chemise et en toute humilité ! (Business Montres)

21/01/2016

le WEF se trompe...la Suisse n'est pas du tout prête à la révolution du digital !

 

Klaus Schwab se trompe dans son texte sur la 4ème révolution industrielle...et aussi dans le classement du WEF... les révolutions ont besoin de révolutionnaires (des gens qui pensent en dehors des boîtes (out of the box) et agissent en dehors des lois (outlaw = Uber, AirBnB, etc...) et pas de conditions cadres....(les conditions cadres: c'est ce que prend en compte le WEF dans son analyse! ... vraiment rien compris à l'innovation de rupture....à écouter aussi sur...Forum/RSR)

Ainsi, c'est une totale illusion de croire que la Suisse serait parmi les pays en pôle position dans cette transformation sociétale profonde ... car ce n'est pas le nombre de gens connectés ou de brevets déposés qui comptent... mais le nombre de gens capables de transformer le digital en business, en sciences ... et parmi ces gens de talent, il y a ce que l'on appelle les "DATA SCIENTISTS" .... et il en manquerait 20'000 en Suisse...

Donc à part San Francisco et Boston... tout le monde est quand même à la traîne... et pourtant on aurait besoin de ces gens pour de nombreux  secteurs d'avenir comme ceux: de la Fintech, de l'industrie 4.0, des montres connectées, de l'Internet des Objets et de la Santé (Digital Health) etc...

Voilà... une discussion que l'on devrait avoir en Suisse au lieu de bétonner encore et encore des "parcs scientifiques" comme notre ministre de l'économie l'a annoncé cette semaine encore....

(à lire aussi mon blog de l'hebdo sur la santé digitale ici)

 

 

14/01/2016

A QUELQUES JOURS DE LA GRANDE MESSE HORLOGÈRE DE GENÈVE: ENFIN LES CHIFFRES DE VENTE DES MONTRES CONNECTEES !

APPLE ÉCRASE TOUT LE MONDE

 

En 2015, dans le domaine de la montre connecté, l'Apple Watch a devancé tous ses concurrents et le marché n'est encore qu'à ses débuts!

D'après Juniper Research, l'Apple Watch domine le marché des montres connectées: 17,1 millions de montres se sont vendues en 2015 dont 8,8 millions d'Apple Watch. La montre étant sortie le 24 avril 2015, Apple est donc parvenu, en l'espace de neuf mois, à occuper plus de la moitié du marché à lui seul. Exactement : 51,8 %!

 Et pourtant, l'Apple Watch ne manque toutefois pas de concurrents: Parmi les plus connus figurent Samsung avec la Gear S2, Sony avec la Smart Watch 3, Motorola avec la Moto 360, Samsung avec la Gear S2 ou encore Pebble. Sans oublier les marques traditionnelles de l'horlogerie qui font des incursions dans les montres connectées, telles que Fossil ou TAG Heuer.

 Même si Apple refuse toujours de divulguer ses chiffres de ventes, l'entreprise Juniper Research, paraît sûr d'elle. L'année 2015 a vu le marché exploser à plus de 17 millions de montres connectées vendues. C'est beaucoup moins que la plupart des analystes espéraient (de 24 à 40 millions d'unités étaient les chiffres évoqués il y a tout juste une année).

Ces chiffres sont loin d'être hors d'atteinte, sans doute ils vont l'être déjà en 2016, car plusieurs nouveaux modèles sont déjà annoncés. Fossil vient de le faire au CES de Las Vegas (début janvier) et Apple va le faire en mars prochain à San Francisco en attendant les annonces "espérées" des suisses à Genève (semaine prochaine) et à Bâle (fin mars).

 À titre de comparaison, il s'est écoulé près de 355 millions de smartphones, dont 48 millions d'iPhone, au cours du seul troisième trimestre 2015, selon le cabinet d'études IDC.

 

(infos extrait du Figaro, Juniper Research et de IDC aujourd'hui)

04/01/2016

Pour Swatch la vraie menace est Fitbit plutôt que l'Apple Watch!

La saison commerciale des ventes de fin d'année aux USA est à peine terminée que déjà les conclusions des économistes et surtout des boursicoteurs tombent:

Le gagnant dans la catégorie montre connectée: FITBIT

Surprenant?

En fait, pas tellement.

Fitbit a vendu près de 18 millions de bracelets connectés (contre seulement 6 millions pour Apple) et depuis plusieurs années commercialise aussi des bracelets qui donnent l'heure soit ce que l'on appelle d'habitude une montre. Les produits Fitbit ont beaucoup de succès car ils sont esthétiques, bon marché et très efficaces dans le "tracking" des activités physiques...

Mais pas seulement... car plus qu'un produit, Fitbit offre une plateforme... c'est-à-dire un environnement sur Internet qui permet d'analyser ses performances et de les comparer aux autres (aux amis)... ces outils d'analyses s'appuyant aussi sur une sorte de réseau social faisant de cet "écosystème" la différence par rapport aux autres... y compris Apple!

C'est très important de comprendre ce changement imposé par les consom'acteurs: Ils veulent participer ! 

Demain seuls les acteurs économiques capables d'offrir de telle plateforme aux consommateurs, seront les gagnants.

Pour l'horlogerie, cela sera aussi vrai d'autant plus que la guerre du "poignet" ne laisse que peu de place! Il n'y aura pas assez d'espace pour tout le monde!

Donc dans l'économie digitale qui émerge, soit vous chercher à être un sur-traitant (celui qui possède un écosystème via sa plateforme internet), soit vous êtes un sous-traitant... et contrairement aux dires de Jean-Claude Biver ...Tag Heuer n'est finalement qu'un terminal pour Android (Google)... rien d'autre... et donc finalement Biver est un sous-traitant!