10/04/2015

TOKYO (4) --- La Guerre du Poignet a commencé!

Le lancement hier par Apple de la vente en ligne de sa montre révolutionnaire provoque un grand émoi en Suisse et au Japon: « Allons-nous vers une nouvelle crise horlogère ... une nouvelle guerre du poignet.... provoquée cette fois-ci par la Silicon Valley?»

 

tokyo-ambassade.jpg



Cette question a été au centre des discussions d'un groupe de 40 experts réunis à l'ambassade de Suisse hier à Tokyo.

Les deux principales conclusions de ces discussions peuvent être résumées ainsi :

Il existe une troisième voie entre la montre-ordinateur et la montre traditionnelle

Tour à tour, les participants suisses et japonais ont exprimé leurs constats face à la nouvelle donne provoquée par Apple. Un consensus surgit : il existe une troisième voie de développement pour l'industrie horlogère qui allie le meilleur des deux mondes. Tout en conservant les capacités du savoir-faire horloger, on peut sur une même montre ajouter, additionner en quelque sorte des fonctionnalités propres au monde de l'informatique ou des télécommunications ; sans développer un véritable "écosystème informatique", on propose des applications comme celles du paiement sans contact ou encore l'ouverture des portes à distance sur des montres traditionnelles.

La durabilité et la fiabilité sont des armes indispensables à la lutte contre la "mort programmée" des objets  

Une des réponses souhaitable de l'industrie horlogère concerne la durabilité et la fiabilité de la production de montres. En effet, face à une production de l'obsolescence et du jetable, le consommateur réclame de plus en plus de la "longévité" des produits, en quelque sorte il s'oppose à la tendance de la "mort programmée des objets" si chère aux GAFAs (Google, Apple, Facebook, Amazon et Samsung). Il en est vraisemblablement de même avec des produits tels que la montre. Ainsi, un effort de modernisation et d’information sur l’unicité de la production « à la Suisse » permettrait de garder un avantage compétitif sérieux. On peut citer parmi ces nouveaux processus de fabrication : les technologies additives (imprimante 3D), la manufacture digitale et connectée, l’internet des objets, le design thinking, la robotique, l’énergie verte et le recyclage, les nouveaux matériaux mais aussi la réalité augmentée.

Et la réponse de l'horlogerie suisse?

La réponse sera comme toujours diverse et non centralisée propre à l'esprit industriel de notre pays... et basée sur des entreprises à forte capacité d'innovation et d’adaptation et pouvant s'appuyer sur des compétences régionales de créativité et d’agilité aux changements. Pas besoin d'aller chercher quoi que ce soit à la Silicon Valley. Ce serait accepter la fin de l'horlogerie car la montre d'Apple n'est pas une montre mais un micro-ordinateur connecté au monde des télécommunications. C'est un peu par hasard et tout à fait provisoirement qu'ils sont sur le poignet... c'est le corps leur destination finale...

 

 

Les commentaires sont fermés.