07/07/2014

IWATCH: La guerre "des poignets" aura bien lieu...

Jean-Claude Biver, légende vivante de la haute horlogerie, à la tête de la division Montres de LVMH, vient de confirmer à CNBC qu'Apple avait débauché Patrick Pruniaux, le responsable des ventes et boutiques de TAG Heuer.


 

Blue angel bis,1997.jpgLa production d’une montre connectée qui ne ferait qu’afficher l’heure reçue par télécommunication n’amène aucune valeur ajoutée. L’heure s’affiche partout: sur nos ordinateurs, nos mobiles, nos tablettes, dans la voiture, la radio, la TV, la cuisinière et parfois même sur nos frigos! 

Et pourtant autour d'Apple et sa montre connectée: la iWatch, les rumeurs vont bon train. Les firmes suisses sont sollicitées par des appels d'offre plus ou moins secrètes. On parle même d'une production qui avoisinerait les 4 millions de montres par mois. C'est énorme. C'est près de deux fois la production totale suisse.

Mais ce qui est quasiment sûr, c'est que la firme californienne va produire la fameuse «killing application» celle qui pourrait tuer la concurrence. Pour le moment, ils ne vont pas chercher à opposer la montre connectée à l'authentique montre suisse, celle qui est capable traditionnellement de produire l’heure au poignet par un mécanisme miniaturisé et sophistiqué. Mais juste acquérir le label suisse pour vendre un bracelet connecté plus cher que la moyenne actuelle du marché.

Ainsi, si l’on regarde les investissements récents de la firme de Cupertino, on s’aperçoit qu’elle s’intéresse de très près à la santé.

Et si l’iWatch était finalement le fameux "bracelet/santé" – que tout le monde cherche à produire. Tout en affichant l’heure de manière accessoire, ce serait avant tout une sorte de mini-centrale de santé totalement personnalisée. Ces bracelets prendraient différentes mesures centralisant nos données de santé (sommeil, alimentation mais aussi notre dossier médical et son historique), nos exercices physiques, etc.

Ce serait notre nouveau cordon ombilical de vie! Cette application est une vraie évolution qui va créer des surprises et c’est pourquoi la firme californienne travaille d’arrache-pied pour sortir le meilleur service mobile possible. Le marché de la santé est un marché d’avenir très prometteur et très lucratif.

La guerre "des poignets" aura bien lieu.

Si l’évolution va dans ce sens, c’est effectivement une menace pour l’industrie horlogère car la guerre du poignet va être l’enjeu principal pour le futur.

Disposer à la fois d’une montre et d’un bracelet-santé sur nos avant-bras va poser la délicate question de savoir lequel des deux garder surtout si le bracelet-santé englobe tout! Le bracelet-santé est indéniablement un risque pour la montre-bracelet car il ne va pas seulement la vider de son sens (donner l’heure), de son émotion première (l’esthétisme et la beauté de l’objet) mais également de son statut social (la santé va t’elle prendre le pas sur la réussite sociale?).

Le bracelet-santé sera-t-il un jour l’enjeu majeur pour les usagers devenant un objet de luxe et de nécessité suprême?

Déjà aujourd’hui la classe très aisée qui achète des montres de luxe se soucie aussi de son bien-être et cherche peut-être même à rester surtout en forme. Est-ce que ce glissement de comportement lié au fait de rester sain va t’il faire ombrage à l’industrie horlogère sur les futurs achats de cette clientèle?

Le luxe de demain c’est l’être plus que l’avoir. Le défi est de taille et la menace bien réelle, en particulier pour l’industrie horlogère suisse. 

 

 

 

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