26/01/2014

« Big Data, Big Deal »

La révélation des agissements de la NSA par Edward Snowden a choqué le monde entier y compris la Silicon Valley qui s’est soudainement réveillée totalement traumatisée. L’esprit libre voir libertaire des débuts de la vallée avec HP, Apple, et tant d’autres de l’ère des chips, des computers et surtout d’Internet a été stoppé d’un seul coup. Tous complices des « Big Data » donc de la « Big Surveillance » semble dire l’opinion publique… Dur, dur.    Le "Big Data" c'est transformé en "Big Deal", en grosse affaire en quelque sorte...

 

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 Les révélations divulguées au compte goutte dans les médias montrent bel et bien que les start-ups historiques du digital ont été des parties prenantes de cette immense chasse aux données.

Terrible constat pour nous mais aussi pour elles.

Sur le fond et la forme, les anciennes « start-ups » californiennes ont trahi leur image « cool ». Non seulement, elles ont permis d’enrichir quelques uns avec le travail de tous, souvenez-vous de la polémique autour de Zuckerberg et des « amis » du réseau Facebook mais de plus, elles nous espionnent …on le sait maintenant … pour notre bien… désormais, on peut en douter. Notre liberté semble quand même bien entamée maintenant. Il va falloir ruser. C’est stressant. Pour l’ambiance à la Silicon Valley c’est semble-t-il fini…les utopies libertaires semblent lointaines la liberté aussi

Les « Big Data » auraient dû nous permettre de mieux comprendre les comportements, les maladies, les événements, etc…par exemple cela semblait être très prometteur pour suivre le développement des épidémies ou de manière plus personnalisée, le suivi des maladies graves comme le cancer.

Patatras !

Après les révélations sur les pratiques de la NSA, récemment encore largement soutenues par Obama, qui veut encore entendre parler de « Big Data » de « Data Mining » ou d’autres techniques révolutionnaires d’extraction de données.

Ce recul des opinions publiques sur l’évolution de l’industrie du digital va affecter pour longtemps et peut être pour toujours la Silicon Valley. On va ainsi assister à la fin d’un modèle tant admiré il n’y a pas si longtemps. Adieu l’esprit pionnier, le temps des « start-ups » et bien fini. Vive le management froid.

Heureusement que l’on n’a jamais vraiment su ou pu appliquer ce modèle américain en Suisse comme l’a démontré Avenir Suisse dans une étude récente       (http://www.avenir-suisse.ch/fr/32059/la-sante-de-linnovat...).

Dans notre pays, nous avons choisi la Santé pour nous développer…c’est plus sain…

En espérant toutefois que Google et son laboratoire top secret X ne soit pas capable de venir affronter nos géants de la pharma, du medtech, de la biotech, de la bio-informatique, de l’hygiène, de la médecine ou de la nutrition…

21/01/2014

Un marketing savonnette!

Dès 1928, le savon LUX était vendu à grand renfort d’images hollywoodiennes avec des slogans du genre: « 9 sur 10 stars utilisent LUX »…aujourd’hui, plus de 80 ans plus tard, le marketing horloger, présent cette semaine à Genève, semble faire globalement pareil sauf qu’on paie encore plus cher les vedettes du cinéma mondial pour juste porter des montres...

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En feuilletant les journaux spécialisés, cela saute aux yeux: pas de progrès dans le marketing horloger, plutôt de la répétition. Tout se passe comme si les bonnes vieilles recettes marchaient encore et encore. C’est affligeant.

Et si nous prenions une position inversée. A savoir que cela marche – que l’industrie est florissante – indépendamment de la faiblesse de ce type de marketing. Peut être, ce sont juste les gens du marketing qui n’ont pas évolué depuis l’idée originelle du savon LUX en partant du principe: puisque cela marche alors pourquoi changer! Il suffit de continuer à faire des shootings de belles photos avec de sublimes stars sur papier glacé en quadri...

Mon point est peut être que cela marche malgré la faiblesse, le manque d’imagination et le côté simplement répétitif de la publicité.

En d’autres termes, cela marche pour d’autres raisons que les professionnels ne veulent pas voir ou ne semblent pas voir.

Alors de quoi s’agit-il au juste?

Et bien il y a quelque chose du genre: « romancing the consumer » comme le dirait les anglo-saxons.

Que signifie au juste ce concept de « romancer le client ». C’est par exemple, la blague du gars qui ouvre brusquement la portière de sa Mercedes en pleine rue et une voiture qui passait par là l’emporte…le gars sort furieux de sa voiture…et un passant lui montre son bras – lui aussi arraché – et le conducteur ne trouve rien de mieux que de dire: merde! ma ROLEX…c’est cela romancer…ce sont des histoires populaire autour des produits, des clients ou d’une marque…ces histoires portent en quelque sorte le positionnement de la marque, du produit...ici l'ascension sociale.

Apple est passé maître dans le savoir-faire de ce genre de marketing…en véhiculant l'idée que leurs utilisateurs son des génies...on s’en doutait!

On peut trouver des stratégies équivalentes dans d'autres produits suisses...comme le couteau suisse et MacGyver dans l'idée d'être débrouillard quelque soit la situation ou le "what else" de George Clooney pour Nespresso, rendant ainsi tout produit concurrent forcément moins bon ...

Un "marqueur" fort du luxe est évidemment l'ascension sociale... ce que Cartier ou Omega ont bien compris. C’est ce qui peut expliquer le succès de la montre suisse en Chine et pas vraiment les stars hollywoodiennes invisibles et souvent inconnues en Chine…

L'industrie horlogère avait avant cela, utilisé d’autres marqueurs dans l’histoire comme la prouesse inventive et technologique (Breguet) à la fin du 18ème et au début du 19ème siècle puis des concepts d'exploration avec l’aviation (Breitling) et la plongée sous-marine (Oyster) au début du 20ème

Bref la montre racontait des histoires…c’est cela que le marketing moderne a perdu…la fabrication de la romance!

 

05/01/2014

HEC Genève: le mauvais choix du Rectorat!

On sait depuis peu que le diplôme de HEC Genève ne sanctionne plus une formation reconnue internationalement ... alors le Rectorat de l’Université de Genève aurait du prendre la seule décision qui s'imposait:  merger cette formation avec celle de l’Université de Lausanne - qui a, elle, une très bonne reconnaissance internationale - au lieu d'avoir choisi la division qui va encore diminuer les atouts!

 


Barbara,Angerer

 Photo: Barbara Angerer


Voilà plus de deux ans que HEC Genève, la Haute Ecole Commerciale de l’Université de Genève n’a plus son accréditation EQUIS (European Quality Improvement System) et poursuit ainsi sa lente descente aux enfers des classements internationaux comparant les différentes formations académiques dans le monde. 

Dans le benchmark très renommé du Financial Times de 2013, Genève ne figure même pas dans le classement (en fait c’est  normal car depuis plusieurs années consécutives, elle n’a pas obtenu son accréditation) alors que Lausanne (20ème) est très bien placé dans ce classement des meilleures formations commerciales.

Et pourtant, il n’en fut pas toujours ainsiEn effet, sa faculté économique qui date de 1915, a eu des très bonnes années durant le siècle dernier. Mais dès le tournant du millénaire  elle a commencé à souffrir du fait de la concurrence et de la multiplication de l’offre académique interne –entre SES (Science économique et sociale) et HEC– mais aussi externe avec la présence de la HEG (HES-SO à Genève). En effet, non seulement HEC Genève manque de moyens mais lors de la création dans les années 90 des HES (Hautes Ecoles Spécialisées), sorte d’université pour les domaines plus appliqués, l’Université a été incapable de réorganiser sa propre HEC. Son offre est devenue pléthorique et la qualité s’en est immédiatement ressentie car en principe, il faut garder de la rareté si l’on veut monter en puissance!

Aujourd’hui, la situation est telle que l’on est à deux doigts de la catastrophe: en effet le Rectorat au lieu de trancher dans le vif et proposer une solution créative, s’est contenté de « diviser pour régner ».  Sa réponse : deux entités. Incompréhensible ! Cette solution inadaptée ne place pas Genève plus haut dans la hiérarchie internationale mais au contraire péjore la situation!

Ainsi, Genève n’aura pas de HEC digne de sa place économique et de sa position dans le monde. Une ville de cette importance avec un statut international pareil devrait avoir une HEC qui rivalise avec les meilleures. Car le point important qu’il faut garder à l’esprit, c’est qu’une HEC va non seulement former des jeunes à la vie professionnelle mais va aussi être une sorte de fontaine de jouvence pour la création d’entreprises (l’esprit start-up), le rayonnement international du commerce, etc. Il faut regarder l’ensemble du microsystème que cela engendre.

Ainsi le problème de la formation universitaire est davantage de pouvoir offrir aux jeunes gens une ouverture d’esprit, une capacité de travail individuelle et collective, un goût de l’aventure entrepreneuriale que l’on ne peut pas acquérir par soi-même. C’est cet écosystème auquel il faut songer pour Genève. Deux directions s’imposent: l’international avec les organisations onusiennes et bien sûr l’innovation, fer de lance de la métropole lémanique. Dans ces deux orientations, il y a une sorte d’exclusivité à exploiter. Personne au monde ne possède des organisations internationales aussi importantes et aussi prestigieuses que Genève. Songeons ici à ISO, à l’OMC, à ITU, à l’OMS ou encore aux ONG comme le CICR, Internet Society ou Médecin sans Frontières. En ce qui concerne l’innovation, la Suisse et sa Métropole Lémanique sont considérées comme le numéro un au monde.

On doit pouvoir faire quelque chose avec de tels atouts.

Pour en finir avec HEC Genève: la solution doit passer par HEC Lausanne. Un merge s’impose, c’est évident et il n’est jamais trop tard pour revenir sur la décision du Rectorat.

En proposant un merge on aurait sur la métropole lémanique, sur deux sites bien sûr, l’une des meilleures écoles au monde. Cela serait le bon choix: celui de l’excellence.

C’est d’ailleurs ce choix que nous aurions pu attendre de la part des autorités universitaires … mais non, ils ont choisi la médiocrité. C’est dommage car aucune autre alternative n’était vraiment intéressante pour Genève.

Nous avons besoin de l’excellence et de rien d’autre!

En la matière, il n’y a pas vraiment de place pour les viennent ensuite

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03/01/2014

Le vent de bar en bar traînant sa dépression

photo (6).JPGJean-Luc Babel est sans doute le plus méconnu des grands écrivains genevois. Et pourtant, il est vivant. Il écrit et il marche. On peut le rencontrer aux Eaux-Vives, aux Bains des Pâquis, le long du Rhône ou de l'Arve ou dans le quartier des Bains. Bref, partout où on se la coule (douce). Sa chevelure longue et blanche lui donne un coté anar à la Léo Ferré. Mais il préfère Eddy Mitchell...et de loin.

Je vous parle de lui car je viens de recevoir l'édition "hiver 2013-2014" du journal des Bains. Remarquable poème en page 18 de Jean-Luc: "Le vent  de bar en bar traînant sa dépression". Évidemment il s'agit de météo. Sujet favori de saison et des gens qui dépriment! Jugez par vous même:

"(...) Assis sur la jetée, tournant le dos à la ville, bercé pêle-mêle par le mouvement du lac, je ricoche sur tout ce qui bouge. Je redistribue les noms. Des bateaux il y en a des tas. A vrai dire je n'y connais pas grand chose. Il en existe un appelé "vaurien" mais où te caches-tu petit houligan, entre houle et ouragan? Des cristaux de sel crissent au fond du portable. J'y colle l'oreille. La mer au loin enroule la plus moussante des comptines, son bulletin météo: Viking Bank, Fladen Ground, Fisher Bank, Tyne, Dogger Bank, German Bight, Humber, Sandettie..."

Si vous voulez lire la suite...alors page 18 du Journal des Bains...gratuit aux Bains des Pâquis!

 

Photo: Jean-Luc à Neuchâtel avec une jeune chercheuse allemande au Centre Dürrenmatt