05/01/2014

HEC Genève: le mauvais choix du Rectorat!

On sait depuis peu que le diplôme de HEC Genève ne sanctionne plus une formation reconnue internationalement ... alors le Rectorat de l’Université de Genève aurait du prendre la seule décision qui s'imposait:  merger cette formation avec celle de l’Université de Lausanne - qui a, elle, une très bonne reconnaissance internationale - au lieu d'avoir choisi la division qui va encore diminuer les atouts!

 


Barbara,Angerer

 Photo: Barbara Angerer


Voilà plus de deux ans que HEC Genève, la Haute Ecole Commerciale de l’Université de Genève n’a plus son accréditation EQUIS (European Quality Improvement System) et poursuit ainsi sa lente descente aux enfers des classements internationaux comparant les différentes formations académiques dans le monde. 

Dans le benchmark très renommé du Financial Times de 2013, Genève ne figure même pas dans le classement (en fait c’est  normal car depuis plusieurs années consécutives, elle n’a pas obtenu son accréditation) alors que Lausanne (20ème) est très bien placé dans ce classement des meilleures formations commerciales.

Et pourtant, il n’en fut pas toujours ainsiEn effet, sa faculté économique qui date de 1915, a eu des très bonnes années durant le siècle dernier. Mais dès le tournant du millénaire  elle a commencé à souffrir du fait de la concurrence et de la multiplication de l’offre académique interne –entre SES (Science économique et sociale) et HEC– mais aussi externe avec la présence de la HEG (HES-SO à Genève). En effet, non seulement HEC Genève manque de moyens mais lors de la création dans les années 90 des HES (Hautes Ecoles Spécialisées), sorte d’université pour les domaines plus appliqués, l’Université a été incapable de réorganiser sa propre HEC. Son offre est devenue pléthorique et la qualité s’en est immédiatement ressentie car en principe, il faut garder de la rareté si l’on veut monter en puissance!

Aujourd’hui, la situation est telle que l’on est à deux doigts de la catastrophe: en effet le Rectorat au lieu de trancher dans le vif et proposer une solution créative, s’est contenté de « diviser pour régner ».  Sa réponse : deux entités. Incompréhensible ! Cette solution inadaptée ne place pas Genève plus haut dans la hiérarchie internationale mais au contraire péjore la situation!

Ainsi, Genève n’aura pas de HEC digne de sa place économique et de sa position dans le monde. Une ville de cette importance avec un statut international pareil devrait avoir une HEC qui rivalise avec les meilleures. Car le point important qu’il faut garder à l’esprit, c’est qu’une HEC va non seulement former des jeunes à la vie professionnelle mais va aussi être une sorte de fontaine de jouvence pour la création d’entreprises (l’esprit start-up), le rayonnement international du commerce, etc. Il faut regarder l’ensemble du microsystème que cela engendre.

Ainsi le problème de la formation universitaire est davantage de pouvoir offrir aux jeunes gens une ouverture d’esprit, une capacité de travail individuelle et collective, un goût de l’aventure entrepreneuriale que l’on ne peut pas acquérir par soi-même. C’est cet écosystème auquel il faut songer pour Genève. Deux directions s’imposent: l’international avec les organisations onusiennes et bien sûr l’innovation, fer de lance de la métropole lémanique. Dans ces deux orientations, il y a une sorte d’exclusivité à exploiter. Personne au monde ne possède des organisations internationales aussi importantes et aussi prestigieuses que Genève. Songeons ici à ISO, à l’OMC, à ITU, à l’OMS ou encore aux ONG comme le CICR, Internet Society ou Médecin sans Frontières. En ce qui concerne l’innovation, la Suisse et sa Métropole Lémanique sont considérées comme le numéro un au monde.

On doit pouvoir faire quelque chose avec de tels atouts.

Pour en finir avec HEC Genève: la solution doit passer par HEC Lausanne. Un merge s’impose, c’est évident et il n’est jamais trop tard pour revenir sur la décision du Rectorat.

En proposant un merge on aurait sur la métropole lémanique, sur deux sites bien sûr, l’une des meilleures écoles au monde. Cela serait le bon choix: celui de l’excellence.

C’est d’ailleurs ce choix que nous aurions pu attendre de la part des autorités universitaires … mais non, ils ont choisi la médiocrité. C’est dommage car aucune autre alternative n’était vraiment intéressante pour Genève.

Nous avons besoin de l’excellence et de rien d’autre!

En la matière, il n’y a pas vraiment de place pour les viennent ensuite



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