17/11/2013

L’innovation en Suisse: c'est d'abord le domaine de la Santé!

Une toute nouvelle étude (http://www.avenir-suisse.ch/fr/32059/la-sante-de-linnovat...), propose une explication simple, efficace et probante au succès international de l’innovation suisse et fait des propositions pour maintenir cet avantage compétitif. En effet, en tête des classements internationaux en innovation depuis quelques années, la Suisse a mieux réussi que beaucoup d’autres pays, notamment industriels, dans cette quête de performance tellement importante pour la compétitivité du pays. Cependant personne ne semble vraiment savoir pourquoi, ou plutôt tout le monde a une explication, évidemment différente, ce qui revient au final à peu près au même.


  • Si la Suisse performe si bien en innovation, on pourrait supposer qu’elle a très bien appliquéP1020327.JPG le modèle de la Silicon Valley, modèle que tout le monde envie à la Californie. Mais une rapide analyse montre que ce n’a pas été le cas, essentiellement parce que la Suisse n’a pas voulu (ou pas pu) copier la partie finale du modèle, à savoir le capital-risque, le marché des IPO (Initial Public Offer) et l’enrichissement rapide, souvent excessif, des acteurs du monde des start-ups comme le font les Américains.
  • Il faut donc chercher ailleurs les raisons du succès. Les statistiques le dévoilent: en Suisse, les investissements en R&D du privé, qui représentent plus des trois quarts de l’effort national en innovation, vont en majorité vers un seul secteur, à savoir celui de la santé – pris au sens large –  c’est-à-dire la médecine, la pharma, le medtech, la biotech, la bio-informatique, les alicaments, l’hygiène, etc. 
  • Au regard de ces investissements très importants, il y a aussi le dépôt de très nombreux brevets propres à ce secteur et l’appui de nombreux scientifiques et techniciens engagés dans le processus de recherche et d’innovation. Ceci explique définitivement l’excellente position de l’innovation suisse dans les classements internationaux. 
  • Dès lors se pose la question: que faire pour maintenir un tel avantage compétitif?

  • Trois propositions:
  •  (1) Une incitation fiscale à l’innovation
  • Le système fiscal suisse ne prévoit pas explicitement d’encouragements destinés aux entreprises qui font de la R&D. La solution la plus simple reste le crédit d’impôt pour l’innovation qui consisterait, selon différentes modalités, d’alléger la charge d’impôts pour les entreprises concernant leurs dépenses pour l’innovation. De nombreux grands pays (États-Unis, Canada, Angleterre, Espagne et France) ont déjà mis en place un tel instrument. Il ne s’agit cependant pas d’encourager tel ou tel secteur par cet outil mais de créer plutôt une émulation à long terme pour l’innovation dans le pays. Ce dispositif doit donner aux entreprises, notamment aux PME, plus de liberté de manœuvre face aux processus d’innovation. 
  • (2) Une répartition de tâches entre privé et public
  • L'étude met l’accent sur la nécessité de faire porter davantage le risque de l’innovation dite de "rupture" par les pouvoirs publics. Il ne s’agit pas d’investir en capital-risque, ni dans des parcs technologiques ou scientifiques, mais bien de subventionner en priorité les projets d’innovation de rupture. La Confédération à travers son principal organisme, la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI), a tendance à soutenir des projets d’innovation incrémentale peu risqués et faciles à mettre en œuvre. Ces derniers devraient cependant être l’apanage des entreprises et ne devraient donc pas bénéficier du soutien des pouvoirs publics. Tout au contraire, l’innovation de rupture à l’image de la recherche fondamentale devrait être largement l’affaire des pouvoirs publics. Une telle répartition des tâches autoriserait trois orientations: – chacun serait à sa place dans sa fonction première – la Suisse dans son ensemble bénéficierait de plus de projets innovants et créatifs – la commercialisation des nouveautés serait d’abord confiée aux réseaux d’entreprises existants.
  • Ce qui est proposé ici est une révision complète de la politique d’investissement de la CTI en mettant en avant de nouveaux principes sur le rôle des pouvoirs publics face à l’innovation de rupture. Cette révision est nécessaire et inévitable si nous voulons à l’avenir maintenir notre position dominante dans le domaine de l’innovation.
  • (3) Une stratégie de «spillover»
  • La Suisse est un territoire de proximité pour lequel le développement de synergies, de convergences, de «spillover» de tous les acteurs de la santé est facilité par les faibles distances. La convergence historique entre sciences du vivant, médecine, pharma, biotech, medtech, bio-informatique, nutrition, hygiène, etc. devrait permettre d’offrir un plateau national à l’innovation en créant de nouvelles passerelles de l’innovation organisées horizontalement entre secteurs économiques proches. Cela devrait passer d’abord par une nouvelle définition de l’économie de la santé, puis par un renforcement de nouveaux programmes globaux comme ceux qui se profilent dans la nanotechnologie, la recherche sur le cerveau (Human Brain Project), les nouveaux matériaux (graphène) et de l’«additive manufacturing». 
  • Bref: la Suisse est un immense plateau pour l’innovation dans le domaine de la santé.

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