23/01/2011

Le WEF : les « pas perdus » de la gouvernance mondiale

Cahier-2.jpgLe forum de Davos, comme chaque année, depuis plus de quarante ans, refait le monde.

Est-ce vraiment utile ?

En fait oui, car la gouvernance de la communauté des Etats a besoin d’un nouveau paradigme incluant la société civile et les entreprises dans leur recherche d’amélioration de la gouvernance en mal d’efficacité.

Rapide tour d’horizon.

 

 

Quatre principes dictent la conduite des Etats dans leurs relations mutuelles et qui sont importants pour la compréhension de ce phénomène : la non-discrimination, l’indivisibilité, la réciprocité et la continuité. Cela signifie en clair que les Etats sont tenus de s’acquitter des devoirs amorcés collectivement. L’objet des accords est considéré comme indivisible par chaque Etat signataire du groupe en question. Il est donc impossible de fragmenter ces accords et de les signer avec seulement une partie des Etats. L’effet de réciprocité oblige les Etats à considérer les avantages ou les obligations comme étant aussi ceux de leurs partenaires. Enfin, la continuité écarte de facto tout accord de coalition réduite ou de temporalité restreinte du concept de multilatéralisme.

Depuis une quarantaine d’années au moins, le concept a cependant été mis à rude épreuve par l’accélération de la globalisation et la montée en force de la société civile et des entreprises dans le concert international des relations de type multistakeholders. Les forums internationaux se multiplient à l’image de celui de Davos, de TED, LIFT, Aspen, initiative Clinton, etc. Cependant, il est manifeste qu’aujourd’hui ces deux concepts cohabitent mais restent distincts voir parfois antagonistes.

En effet, les institutions étatiques du multilatéralisme n’ont en général que peu intégré dans leur prise de décisions, les autres parties prenantes de la gouvernance globale. Par exemple, le Conseil de Sécurité de l’ONU gère exclusivement entre les nations membres les affaires du monde. Ensuite, le multistakeholders a changé les préceptes mêmes des processus de gouvernance que nous avons évoqués précédemment. En effet, les trois principes de base du multistakeholders sont : le volontarisme, la non-contrainte (non-bidding) et l’obligation de s’inscrire dans un cadre de responsabilisation (accountability) qui n’ont strictement rien à voir avec les règles du multilatéralisme.

Ainsi, le concept de multistakeholders tente de prendre en compte la place croissante du « non » étatique et des individus dans les relations internationales. La force de ce concept est d’affirmer ouvertement dans les enceintes internationales que les nouvelles réalités du monde requièrent de nouvelles approches de régulation globale et que la gestion des problèmes internationaux ne peut être dépendante que des Etats ou de l’économie de marché. Une interdépendance des acteurs mondiaux plus importante nécessite, en quelque sorte, une nouvelle complexité des relations de gouvernance.

Si l’utopie des deux siècles précédents avait été la construction de structures de gouvernance multilatérale englobant la communauté des Etats alors l’utopie de notre siècle pourrait bien être la gouvernance multistakeholders englobant la communauté des hommes et des organisations sociales, politiques et économiques que les femmes et les hommes se sont construites.

Pour en savoir plus : http://www.fondationpourgeneve.ch/fr/publications/observa...

 

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