09/01/2011

La « crise » du franc fort : une opportunité !

Francs suisses.jpeg

Certes le franc fort va nous causer des problèmes notamment au niveau de l’industrie d’exportation, mais en même temps, c’est l’expression positive que l’économie suisse a mieux réagi dans la crise « finançière et économique » (2008-2010) que la plupart des autres pays de la planète et que les pouvoirs publics suisses ont su maîtriser la dette souveraine. Ce n’est donc pas une sanction mais bien une reconnaissance du travail accompli qui est ainsi jugé. Il faut tout de même le dire…

Maintenant, il s’agit d’aborder cette nouvelle « crise » dite du franc fort, qui elle aussi va durer quelques années, avec détermination et sans jérémiade.

Qu’en est-il exactement ?

Lorsque le franc devient fort, cela veut dire qu’à la fois le prix des importations baisse et donc en principe les marchandises importées sont moins chères donc cela devrait augmenter le pouvoir d’achat des suisses en proportion et contenir l’inflation pour un moment, mais cela veut aussi dire que les marges des entreprises suisses exportatrices vont se réduire. C’est là que tout va se jouer…

Soit les entreprises suisses vont être capables d’augmenter leur productivité et leur capacité d’innovation, soit elles vont perdre des parts de marchés et donc devoir réduire leur volume de production et de travail. L’enjeu est grand…

Cependant, on peut aussi regarder cette période qui s’ouvre comme une grande opportunité pour moderniser notre économie. En effet, sous la pression des événements externes, comme la différence des changes, nous sommes forcés d’agir à la fois sur la productivité et sur l’innovation.

Prenons l’innovation.

Déjà bien classée dans les « benchmark » internationaux sur la compétitivité (rapports annuels du WEF, IMD ou OECD), la Suisse devrait encore faire mieux ! Est-ce raisonnablement possible ?

Et bien, oui. Il y a un domaine où l’innovation suisse peut s’améliorer de manière significative, c’est dans la « créativité ».

Cette phase première de l’innovation est en Suisse encore faible comparée par exemple à ce qu’une compagnie comme « Apple » est capable de faire. La créativité prise dans le sens d’assembler très tôt dans les processus d’innovation, les idées des autres : ConsomActeur, Sociologue, Antropologue, Designer, Marketeur,…

Plusieurs entreprises globales ont compris ce nouvel enjeu comme Proter&Gamble ou Hellwet Packard à Genève. Ils ont créé des environnements ouverts à la créativité des autres. Le programme « Connect & Developp » de PG (1)ou les « Invent Center » de HP (2) à Meyrin sont de tels réalisations.

D’autres lieux comme les « Living Lab » essaient de remplir cette même mission.

La « Muse »(3) à Genève est également un tel lieu d’expérimentation de la créativité entrepreneuriale. C’est à partir de ces lieux que viendra la prochaine vague de l’innovation suisse. Il faut encourager ces efforts, les soutenir publiquement et organiser notre avenir de manière construite, réaliste et surtout pas dans un état d’esprit pleurnichard.

 

 

(1) https://secure3.verticali.net/pg-connection-portal/ctx/no...

(2) http://www.hp.com/inventcenter/faqs.html

(3) http://la-muse.ch/

 

Commentaires

Bon ... pour le moment le franc est faible ... ou alors l'euro ... le taux de change à l'heure ou je vous écrit ces lignes c'est 1,245 francs pour 1 euro.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 09/01/2011

Votre analyse est pertinente et votre encouragement à l'innovation est stimulante. Mais vous semblez oublier que le soutien de l'euro pour faire baisser la valeur du franc a coûté l'an dernier à la BNS 32 milliards de francs.

Écrit par : Marc Schindler | 10/01/2011

32 milliards. Sauf erreur, c'est plus que le coût du tunnel du Gothard... Perdus, pour rien, en quelques mois, dans l'indifférence générale.

Écrit par : Till Eulenspiegel | 10/01/2011

Bonjour,
Je pense utile de rappeler que depuis l'entrée en vigueur de l'Euro, le CHF a été largement sous-évalué. La baisse continue du CHf contre l'Euro pendant les 2002-2007 n'était pas justifié économiquement puisque c'est durant cette période que la balance commerciale helvétique était positive alors que traditionnellement elle était négative. Dans l'actuelle hausse du CHF il y a surement un effet de rattrapage en tout cas aussi important que la spéculation.
---
@Till Eulenspiegel,
La plupart de ces milliards ont été gagné dans la même indifférence.....

Écrit par : salegueule | 11/01/2011

@salegueule:
Il est vrai que le carry trade a eu un impact important sur le niveau du franc suisse par rapport à l'Euro. Le rééquilibrage dont vous parlez était une raison supplémentaire pour ne pas s'inquiéter.
Toujours est-il que la perte de change de 32 milliards est totalement stupide. Cette perte n'avait rien à voir avec de la "spéculation" - elle est consécutive à une intervention de la BNS sur le marché des devises. Pour éviter que l'euro ne s'effondre, la BNS a créé une demande artificielle d'euros et une offre artificielle de francs suisses. A nos frais, d'une part parce que finalement c'est tout ce que nous possédons en francs suisses qui se trouve déprécié, et d'autre part parce que nous avons perdu 32 milliards. Vous avez tort de croire que les résultats de la BNS laissent les gens indifférents. Ces résultats ont notamment un impact sur les finances des cantons. Ce ne sont pas juste des chiffres, des "présentations comptables". Non, on a réellement perdu 32 milliards. C'est plus que l'UBS de Marcel Ospel. Mais il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil au CV de M. Hildebrand. Pas étonnant qu'il confonde la BNS avec un hegde fund.

Écrit par : Till Eulenspiegel | 12/01/2011

Ces 32 milliards ne représentent qu'une perte comptable ... tant que la BNS n'a pas vendu les euros, il ne peut y avoir de perte !

Moi-même j'ai acheté des euros à 1,3260 ... donc si je les vends maintenant je suis perdant, mais pas tant que je les garde !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 12/01/2011

@till Eulenspiegel,
Bonjour,
Vous semblez oublier que la mission de la BNS n'est pas de faire du bénéfice pour financer les cantons (et/ou l'AVS), mais bien de tout faire pour que notre monnaie soit stable. Il est très facile après coup de critiquer les décisions de soutien de l'EURO à un niveau suipérieur au cours actuel, mais à l'époque, les exportateurs et les syndicats "pleuraient" déjà toutes les larmes du monde.

Écrit par : salegueule | 12/01/2011

@salegueule:
Si vous voulez parler de la mission de la BNS, alors rappelons aussi que la BNS est l'une des banques centrales les plus indépendantes du monde. Cela m'étonnerait donc qu'elle puisse tirer des excuses des prétendues jérémiades des entreprises et des syndicats - d'ailleurs, il y a de plus en plus de monde qui vient travailler et produire en Suisse, en particulier en provenance de la zone euro, c'est donc bien qu'il est plus rentable de produire ici qu'ailleurs. N'essayons donc pas de croire à une perte de compétitivité à l'exportation.
Quand la zone euro se sera uniformément endettée (ce qu'elle est en train de mettre en place par ses mécanismes de sauvetage croisés), elle pourra enfin dévaluer sa monnaie. Et c'est là qu'on regrettera d'avoir acheté des centaines de milliards d'euros, et qu'on reparlera de la stabilité du franc suisse...

Écrit par : Till Eulenspiegel | 12/01/2011

Les commentaires sont fermés.