08/01/2011

La croissance zéro: la grande illusion !

 

images.jpeg

Beaucoup de gens sont effrayés par la croissance économique de la métropole lémanique et les changements que cela impliquent tels que la (sur)population, le stress sur le logement, les infrastructures et l’environnement, l’arrivée de population immigrante ou frontalière, les nouvelles formes de gouvernance des territoires élargis, etc.

Face à ces défis, ils prônent le concept de la « croissance zéro ».

Dans une société de type industrielle, on pourrait éventuellement leur donner raison, sauf qu’ils n’ont pas du tout intégré le fait que nous avons changé de société pour celle dite de la « connaissance ».

La matière de nos jours la plus fabriquée dans la métropole lémanique est de type « matière grise ». C’est d’elle qu’il faut désormais parler. La finance et le trading, les organisations internationales onusiennes, les ONGs, les asssociations sportives mondiales, l’éducation et la recherche, la santé, les médias, l’informatique et la culture, etc. qui représentent plus des deux tiers des activités économiques de la région, produisent pour l’essentiel des objets/concepts issus de la matière grise.

Celle-ci ne dégage pas de déchet ou très peu. Elle ne nécessite plus de grande surface de production. Elle peut être organisée de manière extraordinairement plus flexible en termes d’horaires, de lieux, de télé-travail, de décentralisation, etc. De plus, les objets constitués par la matière grise peuvent être développés quasiment à l’infini. C’est la beauté de la chose. La croissance peut continuer sans dégâts…

Il s’agit cependant de bien repenser notre environnement global et local dans le cadre de cette société de la « connaissance ». En effet, des choix doivent être fait quant à la vision urbaine, culturelle, de gouvernance, etc. que nous voulons donner à la métropole dans le futur. Il s’agit en effet de faire évoluer nos institutions, encore largement inspirées des modèles de type rural ou industriel des siècles précédents pour moderniser notre environnement général.

 

Donc la question n’est pas de penser à la croissance zéro ...                                                                                                                                                                                                           ... mais aux conditions de « la croissance grise ».

 

 

 

Commentaires

Et pourtant, comme je le relevais hier, le développement des outils virtuels ne diminue pas les besoins de se déplacer, de rencontrer physiquement ses interlocuteurs. Le principe de la téléconférence n'a pas pris, il semble que les humains aient le besoin de sentir, de palper, de boire un coup et manger un morceau pour signer un contrat.
Et puis finalement, si le développement de la matière grise permet vraiment une si grande flexibilité, pourquoi continuer à parler de métropole. Inutile de vouloir promouvoir artificiellement une croissance zéro ou, au contraire, de favoriser le développement effréné des infrastructures.
Notre région offre une qualité de vie presque indécente, nous sommes au top. Selon les principes universels, ce qui est en haut ne peut que redescendre, la roue tourne. Ayons la sagesse de calmer le jeu pour mieux observer les mutations de nos sociétés et ajuster nos institutions en conséquence.
La fuite en avant du développement économique, même ciblé sur une production liée à la matière grise, implique forcément son corolaire plus trivial et mécanique. Et oui, tous ces cerveaux ont besoin de nourriture, d'amusements, ils restent liés à des corps dont la chair est faible jusqu'à qu'on les mette dans des bocaux (Jean Orehek - Gènes et sentiments). La croissance, quelle que soit sa couleur implique non seulement des développements ruraux et industriels, mais le renforcement de nos vieilles institutions politiques, juridiques et législatives. Il faudra toujours plus de police, de voirie, d'écoles, de logements, de routes etc.
Les rêveurs, les utopistes tracent les contours des sociétés de demain. Nous y viendrons.
En attendant, ayons la sagesse de ne pas aller plus vite que la musique.

Écrit par : Pierre JENNI | 08/01/2011

Quelle vision étriquée pour un homme de votre qualité. La croissance, qu'elle soit grise ou industrielle postule forcément un accroissement de la production quelque part.
Dès lors que l'on accepte la mondialisation - comme ce semble être votre cas - comment peut-on faire croire que la "croissance grise" représente un bienfait pour notre région sans mesurer les dégats qui en résulteront ailleurs.

Mais croyez bien que je suis toujours disposé à apprendre.

Écrit par : Michel Sommer | 08/01/2011

La venue sur le territoire de personnes hautement qualifiées, d'étudiants, de chercheurs, d'entrepreneurs de la branche Internet de type Google crée de la richesse, de l'émulation et de la créativité intellectuelle mais n'a plus besoin d'infrastructures lourdes de type industriel, c'est clair. Leur mobilité est plus grande. Ils recherchent une qualité de vie y compris culturelle et une forme de tolérance accrue.ces personnes sont réunis dans plusieurs clusters de la région métropolitaine lémanique : la santé, le médical device, la recherche, la biologie, la pharmaceutique, la nutrition, le sport, l'international, la banque, l'horlogerie...Notre région excelle et attire. Que faire ? On ne peut combattre cet afflux d'intelligence qui créé du bien-être, des services, des emplois annexes et ramènent des impôts. Si les infrastructures et les logements sont à la traîne, si la sécurité et la mobilité peinent c'est avant le manque d'anticipation du politique et des institutions qui n'anticipent rien, sont purement réactifs, qui ne contrôlent plus rien et
n'agissent que dans l'urgence par peur ou pur calcul électoraliste ou par clientélisme.Ce n'est pas la mondialisation qui est fautive, ce sont ceux qui ont le pouvoir législatif et représentatif (élus, députés, partis politiques...)qui n'ont pas compris les changements de la société en cours par paresse, incompétence, laxisme ou ignorance.

Écrit par : Demain | 08/01/2011

Les commentaires sont fermés.