06/01/2011

De la gouvernance des territoires à la gouvernance fonctionnelle (6)

 

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L’accélération du mouvement d’urbanisation entamé au début du 20ème siècle, rappelons-nous que seul 5 % de la population mondiale était alors urbanisée contre plus de 50 % aujourd’hui, a créé les conditions du véritable changement de la gouvernance des territoires.

La croissance des régions métropolitaines américaines et européennes d’abord, puis asiatiques, africaines et sud-américaines ensuite serait proprement impensable pour l’homme politique du 19ème siècle. Et pourtant grosso modo on vit aujourd’hui encore sous la vision, les lois et les constitutions politiques créées alors.

On ne s’en rend pas bien compte à quel point l’image rurale d’alors reste très forte dans nos représentations. L’urbain métropolitain, c’est le fait que la ville classique avec un centre et une périphérie, disparaît au profit d’un monde en réseaux, connecté et multipolaire. Les flux – portés par les gares, les aéroports, les routes et les fibres optiques– l’emportent sur les lieux, les stocks. La « ville métropolitaine », globalement branchée sur le monde, est celle qui réussit le mieux cette mutation alors même que nous continuons à rêver d’une ville de « heidiland » depuis longtemps disparue. Ce qui est resté par contre, ce sont les vieilles structures étatiques aujourd’hui largement désuètes (cf. le travail actuel de la constituante genevoise est proprement pathétique)

Le problème, c’est que le polycentrisme et la mondialisation supposent un monde horizontal, à gouvernance fonctionnelle ouverte, alors que l’Etat est vertical, à gouvernance territoriale bordée.

Il ne faut donc pas oublier que c’est d’abord l’explosion urbaine mondiale qui crée les conditions du changement de gouvernance.

 

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