11/11/2010

À quoi ressembleront les cités de demain ?

 

P1000484.JPG


De nombreux écrans ou de murs digitaux orneront le domaine public. Des caméras vidéo bien sûr mais surtout chaque monument, chaque immeuble, chaque voiture disposeront de «tags électroniques», sorte de mini-devices capables d’envoyer des ondes radios et d’informer d’autres « devices » (des téléphones mobiles par exemple) par un flot continu d’informations et de connaissances. Ainsi, la ville de demain sera double : virtuelle et réelle. Deux flots cohabiteront dans un seul espace. Le mouvement des individus, des marchandises et des objets sera dédoublé de celui de l’information et de la connaissance dans un maillage étroit et intense.

Ainsi,d’un côté, les structures existantes, bâtiments, rues, parcs seront à l’identique ou presque. Mais d’un autre côté, il existera une assistance informative en continu et en temps réel qui va nous renseigner sur les places de stationnement libres dans le voisinage, sur les appartements à louer ou à vendre dans les proches immeubles, sur les spécialités et le taux d’occupation des restaurants aux alentours, sur les expositions d’art et leur file d’attente, sur les salles de cinéma avec leurs projections et l’heure des séances, sur les cabinets médicaux de proximité et les dates de rendez-vous, sur les données historiques des bâtiments officiels, sur les personnes appartenant à mon réseau dans la zone que je traverse, sur les lieux où traînent mes enfants, sur les actions promotionnelles des magasins, sur les évènements collectifs, les actualités et l’économie….

Ainsi, pour son attractivité et sa vie mêmes, le territoire se transforme en véritable « flot de données, d’informations et de connaissances ». Nous assisterons alors à une dynamique « pervasive » qui elle aussi annonce un changement fondamental de paradigme. La dimension « pervasive » va définitivement délier l’individu de son adresse. Le bâti et la filaire seront accompagnés de sens nouveaux comme ceux de la position dans l’espace et du déplacement. Equipé d’un « smartphone », l’individu, définitivement mobile, est affranchi de point fixe du territoire. Les instruments de communications électroniques (téléphones, ordinateurs, walkman,…) ne sont plus attachés aux territoires. Ils flottent dans le sillage des individus, repérant les informations, les connaissances diffusées en permanence. il sont l’individu, confondant espace privé et espace public. La mobilité, le comportement et la consommation de contenus influeront sur la nature des informations, l’usager et le territoire deviennent neurotransmetteurs d’un paysage d’informations ambiantes et intelligentes. L’ensemble des schémas établis jusqu’alors sera remis en cause pour une phase certainement majeure de maturité des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

En effet, le WIMax autorisera un flux constant d’informations, d’images ou de vidéos, permettant à pied ou en voiture, d’accéder à tout instant à toutes demandes (pull) ou à toutes offres (push). En naviguant dans un immense « Google Map » permanent, le temps et l’espace se rejoindront dans un vécu à la fois réel et virtuel dans chaque cité. Cette mobilité extrême de l’information et de la connaissance sera la marque prédominante des cités digitales.

Facilitée à l’extrême, toujours présente quel que soit le lieu où je me trouve et organisée de manière contextuelle, la cité 3.0 sera sémantiquement multiple. Par exemple, si je m’attarde avec un dispositif de visionnement à travers ma caméra téléphonique sur un immeuble dans une ville connue ou inconnue, le système de communication embarquée sera immédiatement relayé au « tag digital » de l’immeuble et s’afficheront alors toutes les informations disponibles sur cet immeuble. Comme, par exemple, tous les éléments historiques de ce bâtiment avec photo ou vidéo montrant le lieu avant sa construction et des éléments plus récents comme les vacances d’appartements.


Visionner tendra à s’informer. Observer deviendra savoir. Trier et chercher équivaudra à s’approprier.

Les cités digitales seront des lieux du savoir et de l’échange car je ne serai pas qu’un récepteur d’informations mais également un diffuseur d’idées, à travers des commentaires, des appréciations, des suggestions qui laisseront une trace de ma participation active sur mon passage. En effet, en signalant une anomalie ou en proposant un changement, cela me donnera l’occasion de participer à la vie urbaine. Mieux encore, le « Think Tank » de la ville en question pourra même s’approprier en mode de co-création mes réflexions sur l’avenir du quartier, sur la modification de la circulation routière ou sur l’aménagement de nouveaux parcs. Les territoires deviendront espaces de médiation entre offre et demande de connaissances et d’informations.

 

Les commentaires sont fermés.