13/07/2010

« Net-up » versus « Start-up »

Depuis peu, Genève voit émerger de nouvelles pratiques entrepreneuriales. Porté par des « entreprenautes » plus que par des « entrepreneurs », ces nouvelles organisations sont basées sur les réseaux sociaux. Réinventant les business modèles, les fondateurs ne cherchent ni capital risque, ni technopôle, ni coaching pour développer leurs affaires. Au contraire, pratiquant plusieurs formes d’intelligence collective comme le  co-working (partage d’un espace commun tout en ayant des activités indépendantes),  la  co-création (producteurs et consommateurs se regroupant pour créer) et les groupes émergeants (coaching collaboratifs), ils créent le nouveau monde économique de demain, celui des « Net-ups ».

Alors que l’innovation dans le monde des « start-ups » favorise des mécanismes comme les prototypes, les brevets et le transfert technologique, le monde des « net-ups » développe de nouveaux concepts comme les stimulus (excitation ou incitation à une activité), les copylefts (programme ou produit gratuit, mais où les modifications apportées par la communauté des utilisateurs doivent aussi être mises à disposition gratuitement, par exemple dans le domaine des logiciels) et les communautés de pratique (personnes ayant un intérêt commun et qui collaborent ensemble). Tout ceci se substitue lentement aux dispositifs économiques précédents.

Ainsi, l’émergence d’une économie créative est stimulée depuis quelques années à travers des projets collaboratifs, des expériences partagées et des lieux communs, sorte d’avant postes de l’économie à venir.

C’est notamment le cas de Laurent Haug et Nicolas Nova,  qui organisent via leur société depuis quatre ans les conférences annuelles « LIFT » sur les implications économiques et sociales des nouvelles technologies en Europe et dans le monde. En essayant de mieux comprendre les effets de l’innovation sur la société, ils transforment ces changements créatifs en opportunités. Dans la même optique, l’entreprise d’Alexander Osterwalder vient de publier un livre pratique pour comprendre, concevoir et mettre en œuvre les business modèles du futur. Dans le genre, Geneviève Morand, avec le réseau social Rezonance  qui totalise plus de 32'000 participants pour l’essentiel sur le bassin lémanique, fait figure de pionnière. Un autre exemple est Lionel Lourdin de la Free IT Foundation qui œuvre et promeut la recherche et le développement de technologies sous licence dite « libre » (copylefts). On peut encore citer Cynthia Odier, qui réunit son réseau social dans une vielle usine rénovée de Carouge : Flux Laboratory, sorte d’espace créatif dédié aux spectacles et aux expositions, provoque des rencontres de qualité entre les acteurs des domaines de  l’art, de la danse, de la science,  de la technologie, des médias et du monde des affaires.

Dans le registre du « tout direct », Pascal Rossini  vient de lancer avec Adv.io, la publicité des consommActeurs qui va permettre de rendre accessible le contact direct entre les marques et les consommateurs sans l’intermédiaire des agences de publicité. Giorgio Pauletto de l’Observatoire technologique de la CTI lance un groupe d’émergence « Administration Demain » afin d’accélérer et d’augmenter la qualité des processus de l’administration en rendant les services publics plus participatifs à leurs usagers tout en améliorant leur fonctionnement interne. On peut encore évoquer,  « Openwifi » du genevois Pascal Magnenat : créée en 2007, cette association milite pour un réseau sans fil ouvert à tous sans abonnement ou formalités inutiles.

Le projet émergeant de Christophe Broggi, qui veut ouvrir une plateforme basée sur un réseau social nommé OpenLotus pour l’échange gratuit de produits utiles aux 4 milliards de personnes défavorisées dans le monde, est très représentatif de la générosité et de l’inventivité de cette génération du Net.

Bref, des dizaines de projets et des centaines de personnalités changent quotidiennement les processus en inventant de nouveaux business modèles, de nouvelles règles du jeu et en regroupant des talents venant d’horizons variés allant de la créativité commerciale au management inventif.

Cette mutation silencieuse prouve qu’aujourd’hui, les réseaux sociaux sont entrés dans une phase de réalisation économique concrète. Fini de dire simplement : « Facebook, pourquoi faire ? ». Non, une économie 2.0 prend forme. Elle est porteuse d’un espoir profond lorsque l’on écoute la « génération  Net-up », celle qui est justement née avec Internet.

Ces projets n’émanent pas des incubateurs et autres parcs scientifiques existants, ils sont rassemblés dans des lieux d’émulation, d’échange, d’expérience partagée et d’émergence de nouvelles pratiques économiques. A Paris ces nouveaux centres créatifs s’appellent « La Ruche » ou « La Cantine ». Depuis peu Genève possède aussi un lieu similaire de 300m2 dans le quartier des bains, Muse2, qui héberge déjà une quinzaine de projets.

Comme le préconise Thomas Friedman dans une série d’articles parue récemment dans le New York Times, il est indispensable que notre économie hautement industrialisée saisisse cette opportunité de s’ouvrir vers l’imagination et la créativité, porteuses des sociétés et emplois de demain.



www.BusinessModelGeneration.com

www.freeitfoundation.org

www.fluxlaboratory.com/fr/profil/concept.php

www.pascalrossini.com/wordpress/2010/02/adv-io-le-marketing-conversationnel-et-participatif/

http://ot.geneve.ch/ot/

http://topics.nytimes.com/top/opinion/editorialsandoped/oped/columnists/thomaslfriedman/index.html

07/07/2010

LA MUSE !

Les LivingLab avaient donné le ton: l'économie avait besoin de nouveaux lieux pour expérimenter avec les clients l'avenir des produits et des services.

Aujourd'hui, les réseaux sociaux prennent la relève de l'innovation créative.

Regardez plutôt ce qui se passe au 2 rue de la Muse (quartier des Bains à Genève) dans le domaine de la créativité entrepreneuriale de demain. Ce lieu est un "avant poste" de l'économie. Il expérimente de nouvelles alliances.

On parle désormais de "NET-UP" lorsque l'on songe aux entreprises basées sur les réseaux sociaux comme l'on parlait de "START-UP" lorsque l'on évoquait les jeunes entreprises de l'innovation technologique.

La créativité entrepreneuriale est une marque bien réelle de la métropole lémanique, elle se joue en ce moment.

les réseaux: REZONANCE ou LIFT sont des leaders dans leur domaine. Ils impulsent la créativité, nouvel eldorado de l'innovation.

Cela se passe ici et maintenant...on peut donc s'y intéresser. il suffit d'aller voir...virtuellement (Google peut vous y aider) ou réellement (votre tête et vos jambes sont alors utiles)...

04/07/2010

A GRANDE VITESSE

 

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On apprend, cette semaine, que le TGV de Paris ne va nous faire économiser qu’une petite dizaine de minutes sur son trajet de plus de 3h 30 entre Genève et Paris !

La ligne dite des Carpates a été un mauvais choix !

Quelques 200 millions d’Euros (110 Millions CHF payés par la Suisse) n’ont servi à rien ou presque.

N’aurait-il pas été plus judicieux de rejoindre en ligne droite, Lyon et son aéroport et accéder facilement aux lignes TGV Lyon-Marseille ou Lyon-Turin ?

N’aurait-on pas mieux de mettre en place une stratégie nous reliant rapidement à Lyon comme plaque tournante des liaisons vers le Nord, vers le Sud (Espagne) mais aussi vers le Sud-Est (Italie).

La liaison vers Paris nous aurait aussi fait gagner du temps, peut-être même plus.

Ce manque de vision stratégique dans lequel nos « Autorités » nous enferme et nous isole a déjà des effets aujourd’hui car les trains à grande vitesse depuis des décennies, ont soigneusement évité la Suisse.

De maigres raccordements « en terminus » : Bâle, Porrentruy, Genève nous donnent l’illusion d’appartenir au système européen de la grande vitesse.

Il n’en est rien, nous restons des terminus provinciaux, ce n’est pas comme cela que nous allons sortir de notre isolement.

Même si aujourd’hui, nous sommes prospères, qu’en sera-t-il demain à force d’isolement structurel ?