27/06/2010

On nous écoute...

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..au-delà des querelles politico-médiatique, du type de l’affaire Kadhafi…petit à petit, nous, habitants de la métropole lémanique, prenons conscience d’appartenir à la « Cour des Grands ». En effet, notre métropole émerge comme l’une des grandes régions apprenantes avec l’EPFL, l’IMD, les universités et HES, les grandes écoles mais aussi le WEF et le CERN. Mais aussi, nous sommes devenus une importante région du commerce des matières premières (troisième position), de la nutrition (Nestlé, Danone, Kraft), de la banque privée, des sièges exécutifs des organisations et fédérations sportives mondiales, la capitale des « soft laws », etc…

L’énumération est longue et non exhaustive. Mais au-delà de l’inventaire, c’est la prise de conscience par la région de son rôle influent, urbanistique, contemporain, attractif qui a changé.

Fini cette vision buccolique, rupestre et provinciale, la région s’affirme comme lieu d’affluence et donc d’influence. Cela a commencé avec des événements comme l’invention du Web, la victoire d’Alinghi, les exploits de Bertrand Piccard, le nouvel accélérateur du CERN (LHC), la réponse médicale genevoise au staphylocoque doré, l’inauguration du Rolex Learning Center qui nous ont, en quelque sorte, placés sur la carte-monde.

Ces changements, intervenus en quelques décennies, sont aussi perceptibles dans la manière d’appréhender les choses. Les médias, par exemple n’hésitent plus à nous comparer aux meilleurs, à s’intéresser à notre territoire par le biais de l’urbanité, à pousser le politique vers plus de vision commune.

Certes, ils le font à leur manière: en polémiquant. Mais le saut de paradigmes est là. L’émission des Urbanités sur la RSR à 7h35 en est l’exemple type. Son site Internet a, en quelques années, acquis une véritable valeur de référence dans le monde de la francophonie.

On nous écoute….

Pour plus d’informations vous pouvez aller  voir http://urbanites.rsr.ch/ mais aussi http://www.fondationpourgeneve.ch/fr/observatoirelemanique

 

23/06/2010

LA REPRESENTATION CREE LES TERRITOIRES



L’émergence des gens ordinaires dans le champ médiatique a bouleversé non seulement l’industrie des médias mais également le champ du politique, de la discussion publique, avec notamment les blogs, les podcastings, les journaux citoyens on line, les vidéos (YouTube), les SMS, les forums internet mais également avec les communautés de pratique, les réseaux sociaux,  etc... Cette profusion de nouveaux moyens de communication résonne même parfois comme un coup d’arrêt pour les médias traditionnels ou la politique politicienne.


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Que se passe-t-il exactement ?

 

D’abord, il faut reconnaître que le changement est issu de deux révolutions technologiques, celle du digital et celle de la connexion via le Web. Le digital a permis de rendre compatible le texte, l’image, la vidéo et le son avec du "story telling". La connexion a créé un réseau mondial unique d’adressage liant tous les instruments (devices) communiquant entre eux et plus fort encore, tous les contenus entre eux. Si bien qu’aujourd’hui, tous les éléments d’informations, de données ou de connaissances sont interconnectées dans un hypertexte accessible en tout temps et en tout lieu.

Ensuite, les coûts de création et de diffusion de ces contenus sont tombés pratiquement à zéro. Si autrefois, la fabrication et surtout la diffusion de l’information et de la connaissance étaient inabordables, aujourd’hui tous ces obstacles se sont écroulés car ouvrir un blog ne coûte plus rien ! Enfin, les gens ordinaires se sont emparés de ces nouveaux canaux non pas pour s’enrichir car par exemple Wikipédia, OhMyNews, YouTube, Facebook, etc. fonctionnent sur un modèle de gratuité participative.

Curieusement, les gens ordinaires ne négocient pas leurs contributions, ce qui ne correspond à aucun modèle d’affaire connu, on est en plein imprévu.

Si bien que dans les « cités contemporaines » un nouveau modèle de société émerge pouvant se définir comme une « cité de la co-création participative ». Chacun participe à l’élaboration et à la diffusion des informations et de la connaissance. Deux champs qui autrefois étaient réservés à certains intermédiaires qui en tiraient profits

Ce changement de paradigme peut être observé selon deux angles de vue:

–    En premier lieu, on observe jour après jour à un lent effondrement de l’industrie des mass-médias et de la politique qui lui est de plus en plus liée (l’achat de toute information s'efface face à la gratuité).


–    Puis, on peut noter l’activité grandissante des gens ordinaires par une participation active dans l’économie, dans la chose publique et la gouvernance (création de l’agenda politique par les foules notamment par les ONG, crowdsourcing de l’économie, montée en force des « soft laws », etc…).

Ainsi, les cités de demain annoncent l’avènement d’un modèle basé plus sur le participatif que sur le représentatif.

21/06/2010

DES AFFAIRES MAL COMPRISES

 

Nous les Suisses ne comprenons rien ou presque aux événements qui nous arrivent. Nous n’avons pas la bonne logique de pensée (juridique) pour les analyser et les résoudre.

Voyons plutôt :

Des affaires récentes et successives tels que celles de Kadhafi, de l’UBS aux Etats-Unis, de la liste noire de l’OCDE et, il y a quelques années déjà, des fonds en déshérence sont toutes issues de la même logique : celle du légitime plus que du légal, du a postériori plus que de l’a priori.

Embourbés dans notre principe d’état de droit basé sur le système juridique de l’a priori de tradition romano-byzantine voire napoléonienne, nous n’avons pas encore saisi en Suisse à quel point, le système juridique anglo-saxon de l’a postériori (basé en grande partie sur la jurisprudence) domine le monde. Ce qui compte ce n’est pas ce qui est écrit ou codifié dans la loi mais ce qui est légitime, ce qui demain sera jugé.

Ainsi lorsque le Président Obama force la multinationale BP à placer plus de 20 milliards de dollars dans un fond d’indemnisation des victimes de la marée noire dans le Golfe du Mexique, il agit sans base légale mais demande et obtient gain de cause sur le principe de l’a postériori en évaluant les ressources nécessaires pour dédommager les victimes.

Nous avons récemment nous-mêmes expérimenté en Suisse deux cas similaires de cette nouvelle logique juridique. Ces deux cas se révèlent du principe de l’a postériori : la loi sur l’imprescribilité des délits sexuels sur mineurs et la transmission au fisc américain de noms de clients UBS.

En somme, il s’agit d’une question de point de vue : soit nous pensons que les choses doivent être d’abord inscrites et donc fixées juridiquement dans la loi ; soit nous acceptons que les choses évoluent et donc que les jugements aussi et par conséquent, on tolère des règles de jeu évolutives, définies au long du temps.

Mais soyons une fois un peu réaliste: avons-nous encore vraiment le choix ? Le monde change vite et la manière de faire justice aussi. Et le monde dans sa grande majorité a évolué vers le droit anglo-saxon. Nos institutions doivent s’adapter à ce changement sinon nous irons d'incompréhension en désillusion, voire en déception n'en déplaise à certain hommes ou femmes politiques et/ou médiatiques qui aujourd'hui crient vengeance en évoquant l'état de droit. Il est déjà trop tard. Réveillez-vous!

Dans le monde des affaires internationales, ou diplomatique, on parle désormais de « soft laws » pour désigner ce nouveau paradigme de la logique juridique.*



* Pour plus d’informations voir les cahiers de l’Observatoire Lémanique de la Fondation pour Genève www.fondationpourgeneve.ch

17/06/2010

DOUZE CHOSES AU MOINS A SAVOIR

1.    L’économie directe

Avec la digitalisation du commerce, de la production et des services (e-banking, shop on line, e-news, e-travel,…), le consommActeur est devenu une composante incontournable de la création de la chaîne de valeur. Nous parlons désormais de consommActeur pour désigner ce changement de paradigme. Ce point est essentiel, notamment à l’heure de la refonte des formes administratives ou de nombreux territoires, afin de choisir pour tel ou tel type de fusion ou de communauté d’agglomération, vont peser l’intérêt de conserver tel ou tel type de population en fonction notamment de critères fiscaux. Afin d’attirer la population choisie, une véritable stratégie va être mise en œuvre, stratégie qui aujourd’hui, sans véritablement s’en cacher, prend le terme de panier de service. La fusion citoyen consommateur est en œuvre.

2.    Le savoir direct

Wkipédia, Google ont bouleversé les rapports aux savoirs. Désormais, chacun est potentiellement à la fois producteur et consommateur de savoir. Les anciens détenteurs du savoir (universitaires, éditeurs,…) doivent composer avec un soudain renversement du entamé par les gens ordinaires. Une des premières conséquences de ce phénomène est la disparition du notable, plus personne n’a la légitimité de la connaissance, une des premières victimes collatérales de ce phénomène est l’élu plus que jamais décrié.

3.    L’information directe

Le monopole de l’information anciennement réservé aux médias centralisateurs a éclaté. Internet, les blogs, le téléphone mobile, la vidéo caméra incorporée ont bouleversé le champ de l’information professionnelle. Tout le monde peut se prétendre aujourd’hui « grand reporter ». La vitesse de la circulation de l’information s’est accélérée de manière très significative. Précisons néanmoins que malgré les nombreuses applications TIC disponibles pour les collectivités territoriales, l’enjeu ici, se pense d’abord en terme de rationalisation des couts et de communication, plus que d’un réel souci de démocratie participative.

4.    L’administration demain

Le processus de digitalisation des administrations publiques a ouvert largement les administrations à l’activité propre de citoyens. Ils sont désormais en mesure de formuler et de suivre leurs démarches administratives de manière plus transparente et en gain réel de temps.

5.    La connexion permanente

Qu’elle soit par fil (co-axiale, fibre optique) ou sans fil (WiFi, WIMax, UMTS, satellite), la connexion devient permanente et à haut débit. Textes, images et vidéos sont accessibles par tous en tout temps et tout lieu. Il n’existe plus de séparation entre mobilité physique et connexion virtuelle.

6.    Le territoire est la carte

La représentation a pris le dessus sur le réel. Google Map est en quelque sorte le nouveau territoire. Le GPS donne des contours aux villes en indiquant les itinéraires à suivre. La digitalisation de la cité crée des nouveaux parcours. La carte digitale est devenue la cité qui a son tour devient largement digitalisée. Si ce phénomène est en cours et parle réellement d’une appropriation de la carte par le plus large public et donc d’une capacité à investir différemment le territoire, une autre évolution fondamentale se dessine à cet endroit. Rappelons que l’invention de la carte a pour première fonction de séparer le sacré du concret et de partager les rôles en inventant le politique. Depuis nos schémas de représentation fonctionnent dans une logique galiléenne où la carte est un espace géométrique constitué d’un ensemble de points indéterminés. Si elle permet de s’orienter, elle indifférencie les territoires, est incapable de représenter leur singularité et ce qui s’y vie. Elle génère une véritable « aliénation de l’analogie » . Une autre culture cartographique aujourd’hui se dessine, une culture qui très clairement rend compte du passage d’une logique représentative à une logique participative, celle du pli ou de la carte anamorphique. Ce qui compte dans ces nouvelles formes de cartographie est de représenter le temps de parcours, le dynamisme économique, ce qui s’y vie, la manière dont chacun dessine son territoire. C’est moins un ensemble de points qu’il s’agit de représenter précisément qu’un ensemble de relations entre individus, activités qu’il s’agit de mettre en œuvre. De véritables cartes émotionnelles se dessinent aujourd’hui, à partir des informations transmises par les mobiles par exemple et chacune de ces nouvelles formes parle plus efficacement du territoire, de sa complexité. Au-delà, l’émergence de jeux vidéos géolocalisés va permettre de créer des cartes qui cette fois ne dépendent plus du territoire mais des habitudes de chacun. La carte consistera moins en une représentation des distances, que des parcours et des habitudes. Une carte sera interchangeable entre usagers d’une même communauté qu’ils habitent à Pékin, Toulouse ou Enghien les Bains. Ce mouvement peut être plus que les tous les autres annoncés dans cet ouvrage marque une évolution fondamentale du territoire et de leurs représentations, du passage du représentatif ou participatif.

7.    Les tags virtuels
Chaque bâtiment, chaque route, chaque objet de la cité va demain posséder son propre « tag virtuel » sous la forme de bornes digitales nous informant en temps réel des lieux, de l’histoire des lieux, des compétences à proximité et de la délivrance dans le voisinage d’informations et connaissances utiles à l’usager.

8.    L’expérience digitale

Des lieux digitaux se dispersent de plus en plus dans les zones urbaines. De l’internet café au « digital wall » (sorte de portail ouvert sur le monde), du « Genius Bar « d’Apple au « creative corner », la ville débouchera sur l’expérimentation digitale en temps réel. La ville donc va se focaliser davantage autour du virtuel en développant des échanges d’expériences, en favorisant des contacts entre partenaires de réseaux ou en organisant des rencontres de blogeurs.

9.    Les techno-squares

À l’image de ce qui se passe déjà à Boston, la technologie va envahir les squares comme lieu privilégié des transferts de connaissances et de compétences. Longtemps cantonnées dans les technoparcs, la science et la technique vont déborder sur les lieux publics comme les places ou les cafés qui serviront de lieux d’animation. La technologie va reprendre sa place dans les discussions du café du commerce !

10.  Les nouveaux services du savoir

La digitalisation accrue des services va inventer de nouveaux services d’aide à l’acquisition et à la diffusion des savoirs. Le livre digital sera à disposition partout dans la cité. Il sera interactif commenté et utilisable comme un instrument de communication en temps réel. Plus un livre sera consulté, plus il bénéficiera des libres commentaires, de vifs arguments et de nombreux ajouts et rectifications de lecteurs sur une base volontaire. Certains livres auront une extension inattendue de leur durée de lectures (long tail) et seront au centre des nouveaux savoirs.

11.  Les collectivités publiques et les think tanks

Les collectivités publiques vont ouvrir aux citoyens les laboratoires d’idées (Think Tank) afin de mener en permanence une réflexion tournée sur l’avenir en traitant des questions plus larges sur l’économie, le social, la culture, les arts ou la réflexion philosophique sur le devenir de nos sociétés. Ce type de Think Tank (ou Livinslab) ouvert et permanent sera une des mutations d’autant aussi importante que l’ouverture de la digitalisation des cités à leurs habitants. Cela pourrait dépasser le phénomène actuel des blogs car cela va introduire une composante communautaire et plus seulement la seule personnalité du citoyen-consommActeur.

12.   Les territoires directs

Si chacun de nous entre dans la discussion politique permanente de la gestion des territoires, la gouvernance digitale sera de type co-créative et multistakeholders. De types interactives et participatives, ces nouvelles formes de gouvernances émergeantes devront encore inventer de nouvelles institutions. On parle de « soft institutions » au regard de ce qui se passe dans la nébuleuse de la gouvernance d’Internet.

C'est évidemment douze choses que l'on aimerait voir pris en compte par les constitutionalistes....

15/06/2010

la co-création des territoires

Dans les milieux économiques, on parle de la 2ème  globalisation pour désigner le fait que les entreprises, après avoir déployé leurs activités sur tous les continents (1ère globalisation) ont profité de la technologie Internet pour synchroniser en temps réel leur organisation. Ainsi, la digitalisation des activités humaines est devenue le moteur de la nouvelle globalisation.

Il va en être de même pour les métropoles.

La pénétration des territoires par des moyens de connexion digitaux multiples (WiFi, fibre optique, ondes hertiennes, TNT..), par des écrans digitaux publics, par des tags électroniques, par des GPS d’orientation permanente, des téléphone mobile recomposant les distance, une e-administration omniprésente, une économie directe qui autorise le consommateur à agir en lien directe avec les producteurs, etc...recomposent les territoires. Ces dernières au profit d’un espace-temps complètement renouvelé autorisent à son tour l’émergence de nouvelles gouvernances.

Ainsi le champ du politique s’en trouve profondément bouleversé voir affaibli. Les gens de la Constituante à Genève devraient y songer au lieu de produire un texte pour une société qui est déjà morte depuis longtemps!. En effet, si la sphère du politique fonctionne sur une durée relativement longue, jalonnée tous les 4 ans par des élections et établissant des projets de lois pouvant durer plusieurs mois ou années, le temps du digital est quant à lui, instantané. Ici, le temps réel est évoqué pour désigner ce phénomène. De même que l’espace politique était découpé en commune, canton, états aux contours stabilisés au fil des siècles, il n’en est rien avec l’apparition du monde digital qui s’emploie à changer les échelles, à effacer les frontières issues du découpage politique.

Ainsi, le digital restructure un espace-temps formé de communautés d’intérêt ou de pratique, de réseaux sociaux qui en tout temps et tout lieu interagissent à la vitesse de la lumière. Cet état de fait nous force à réfléchir et à redéfinir une nouvelle forme de gouvernance impliquant un niveau de participation de la population (co-création) et un tout nouveau niveau de représentativité : le multistakeholders.

La transformation que l’on peut ainsi observer, provient de l’émergence de deux systèmes qui aujourd’hui cohabitent laborieusement : le « hard » et la « soft » gouvernance. La première s’est développée grâce à des lois. Elle est représentée démocratiquement par des élus et des institutions.

Quant à la deuxième, elle existe sous couvert de « soft laws » ou de comportements participatifs souvent peu institutionnalisés (soft institutions), mais qui possèdent cependant une certaine légitimité dans l’action.

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13/06/2010

POLYCENTRISME LEMANIQUE

 

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Les métropoles globales sont en général issues d’une grande ville. New York, Paris, Tokyo regroupent des banlieues avoisinantes pour former des métropoles en étoile où tout converge vers leur centre.

La concentration fixe en quelque sorte l’économie d’échelle. Les transports, les habitations, les infrastructures, le commerce et l’industrie s’organisent par le flux des travailleurs, des marchandises et des consommateurs. Les strates de l’histoire et de la géographie du territoire forment ensemble les contraintes du développement futur. Ce dernier est réalisé, d’une manière générale, par cercles concentriques autour d’un centre économique ou historique. Ainsi, on mesure l’étendue de ces métropoles par un indicateur simple, celui des pendulaires. Une heure de transport jusqu’au lieu de travail devient la norme. Il s’agit dès lors de maintenir ces flux en bon état.

Rien de semblable avec la métropole lémanique. Genève et Lausanne jouent un rôle déterminant dans le développement régional, mais elles ne sont pas de véritables centres comme le sont, toute proportion gardée, New York, Los Angeles ou encore Tokyo. Une multitude de petites villes – Nyon, Vevey, Montreux, Divonne, Evian, Yverdon, Neuchâtel, Martigny, Fribourg ou encore Annecy – ont une importance non négligeable dans la croissance métropolitaine. Plus déterminantes que des villes-dortoirs, elles ne sont toutefois pas autonomes. Elles participent au rayonnement et vibrent par et avec la région. Culturellement, économiquement, socialement, elles apportent de la diversité et de la complémentarité. L’ensemble ne se mesure plus par les « pendulaires », mais bien par la « résonnance » que chacune des parties offre au tout.

Définir la région revient alors à trouver une nouvelle norme. Suite à certains travaux scientifiques récents, nous avons choisi l’aéroport intercontinental de Genève comme point de repère. Ce n’est pas un centre mais une liaison. Il fait office de nœud charnière entre le territoire de la métropole et l’espace international.


Pour plus d'information...vous pouvez télé-décharger la brochure "territoires d'affluence" sur http://www.fondationpourgeneve.ch/fr/observatoirelemaniqu...



 

 

09/06/2010

Métro-Digitale

 

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L’économie digitale autorise les consommateurs à intervenir dans la création de la chaîne de la valeur en coopérant directement avec les entreprises, soit par le biais du « do it yourself » (Ikea, Swissquote), soit par le « co-design » (Lego, Wikipédia) ou encore par la « co-création » (Linux, Blog, YouTube). Cette immersion des consommateurs dans la production des biens et des services les a transformés en « consommActeurs ». Elle a également en grande partie supprimé les intermédiaires.

Tout cela a eu des effets directs sur l’organisation du commerce notamment avec le développement exponentiel du e-commerce, mais également des restructurations sont intervenues concrètement sur les points de vente. Ainsi de nombreux commerces ont disparu du centre des villes comme les librairies, les agences de voyage, les imprimeries ou les guichets de banques.

Cette réorganisation du paysage commercial des centres n’est sans doute qu’à ses débuts mais elle préfigure un bouleversement plus profond sur les diverses approches conceptuelles et fonctionnelles du système commercial. À cet égard, Apple et ses « Genius Bar» ou Nespresso et ses antennes très branchées de dégustation et de vente vont participer à l’émergence de nouvelles tendances qui tournent autour de la constitution des communautés de pratique en laissant de côté une conception plus classique de la clientèle.

Ainsi, les « shop » deviennent des lieux d’expérimentation, de découverte et de loisir. Ces nouvelles approches entraînent une révision des méthodes employées dans des réseaux de vente. En effet, de nouvelles pratiques apparaissent dans les supermarchés avec des caisses enregistreuses sans caissière où les clients vont scanner eux-mêmes leurs articles. Cette « nouvelle vague » de vendeurs officiera comme moniteur pour expérimenter le co-design des produits et des services avec leurs clients. Ce profond changement qui se profile lentement va d’une part, supprimer le rôle des intermédiaires au profit des consommateurs et d’autre part, repenser tout l’environnement architectural des centres urbains.

Le commerce a longtemps ordonné la ville, désormais le consommActeur va lui donner un caractère plus ludique et plus expérimental. La découverte, la dérive de parcours urbains seront les interactions de demain. L’apprentissage et l’expérimentation tout en consommant des produits et en utilisant des services, en partie assemblés ou fabriqués par les citoyens, vont rythmer le quotidien des clients des cités digitales.

 

07/06/2010

et un programme pour le PAV!

 

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Tout le monde a un programme... pour le développement notamment du PAV. Moi aussi.

La voici :

Si l’on songe que la principale révolution vécue par notre époque est celle du digital alors pourquoi ne pas intégrer ce phénomène à la conception même du projet PAV.


Cela signifierait que le facteur déterminant commun serait le « bien digital ». En d’autres termes, partager des espaces/temps digitaux qui renforceraient le lien social. Facebook, Wikipédia, Youtube ont apporté de tels changements de comportements sociaux qu'ils sont aujourd’hui tout simplement incontournables. Tout le monde le sait sauf peut-être les urbanistes !

Penser les cités digitales de demain autour du concept de « bien commun digital » est évidemment peu habituel. C’est encore un challenge difficile à réaliser tant notre connaissance en la matière est limitée. Trop peu d’exemples sont connus, trop peu de réalisations sont analysées. Pourtant de la « domotique » aux « living labs », des « digital walls » aux « tags électroniques », des écoquartiers aux « techno-squares » les exemples pullulent, sauf à Genève.

Helsinki, Boston, Tallinn, Stockholm, Séoul, San Francisco, etc… sont autant de villes qui se sont aventurées dans la pratique du digital citadin.

Déjà, on pourrait commencer par exemple s’intéresser à leurs réalisations et rêver d’une intégration territoriale du digital pour la Praille-Acacias-Jonction.

Tout un programme…

 

06/06/2010

GVA /Metropolitan Area

 

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Ceux qui se penchent sur la question des territoires et leur gouvernance savent à quel point, il est aujourd’hui difficile de délimiter les frontières des régions. Devons–nous encore respecter le découpage territorial napoléonien ? Avons–nous la possibilité de penser notre région de manière plus contemporaine ? Par exemple en fonction des multiples problèmes qui nous préoccupent comme le logement, la mobilité, le développement économique, l’enseignement supérieur, l’environnement, le traitement des eaux, l’énergie, etc…  Enfin osons–nous avoir une vision régionale plus étendue ?

Dans les faits, nous, habitants de la région, avons déjà élargi notre bassin de vie qui dépasse largement le cadre étroit de notre territoire. Ainsi la métropole lémanique a commencé à se construire. Un nouvel espace avec des orientations politiques plus larges est incontestablement en émergence. Que ce soit au niveau des universités avec le projet Azur, les HES avec la HES-SO, le développement économique avec le « Greater Geneva Berne Area », etc. La métropole se constitue lentement car les anciens territoires politiques semblent toujours ralentir son essor.

Et si nous proposions une rupture ?

Imaginons que notre territoire métropolitain soit défini dans un rapport global/local avec comme charnière l’aéroport (GVA) qui physiquement est le lieu de bascule du local au global et inversément. Tous les habitants (et ils sont 2,9 millions) de la région le savent inconsciemment car de retour dans la région, figure sur leurs bagages l’étiquette GVA. Notre destin est d’avoir une adresse commune. Dès lors que l’on réalise la force de cette proposition, on découvre immédiatement que les enjeux sur l’organisation de l’espace, de l’habitat, de l’emploi et des services, du commerce, de l’équipement ne s’arrêtent plus aux frontières administratives et politiques mais trouvent sur ce territoire élargi des éléments de réponse cohérents.

GVA/Metropolitain Area est bien notre domicile commun.

 

pour plus d'information...vous pouvez télé-décharger la brochure "territoires d'affluence" sur http://www.fondationpourgeneve.ch/fr/observatoirelemanique

 

 

02/06/2010

L’agglomération est porteuse d’étalement urbain

 

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Zürich n’est pas un exemple pour la métropole lémanique !

Pour deux raisons au moins :

· D’abord parce que dès les années 80 à la faveur d’un système dense de transports urbains, la ville s’est soudainement étalée à la campagne à l’image d’un petit « Los Angeles » au lieu de privilégier des transports rapides et fréquents entre des pôles de développement comme Winterthur, Baden, Araau voire Lucerne et Zürich. C’est exactement l’approche à ne pas suivre. Aujourd’hui, la conception d’une agglomération franco-valdo-genevoise va exactement dans la mauvaise direction. Il faut stopper l’étalement de la ville mais préférer le développement de dizaines de villes de la métropole lémanique pour créer un espace polycentrique.

· Ensuite parce qu’en concentrant l’image sur la ville de Zürich, on assiste à une centralité aujourd’hui coûteuse en dégradation du paysage. Il serait plus habile de favoriser une décentralisation avec des pôles spécifiques qui se complètent, s’épaulent et s’harmonisent que de définir une centralité de référence.

Le projet lémanique tel qu’il est décrit dans la revue Tracés et accessible sur le site de la Fondation pour Genève (www.fondationpourgeneve.ch/fr/observatoire/) ouvre des perspectives durables bien plus intéresssantes.

Sans équivalent dans le monde, notre région par son polycentrisme pourrait éviter ce que tout le monde redoute : le mitage des campagnes et la vision terrible de Los Angeles. Pour ce faire, il faut construire la ville en ville, la ville dans chaque ville : Nyon, Divonne, Annecy, Montreux, Evian, Yverdon, Neuchâtel, Fribourg, Martigny, Payerne et bien d’autres villes du territoire qui sont des villes à fort potentiel de développement, doivent impérativement être reliées par des transports privés ou publics efficaces, fiables et surtout sans arrêts inutiles.

Cette recette simple pourrait être une vision forte sur la question du devenir de notre territoire.