17/06/2010

DOUZE CHOSES AU MOINS A SAVOIR

1.    L’économie directe

Avec la digitalisation du commerce, de la production et des services (e-banking, shop on line, e-news, e-travel,…), le consommActeur est devenu une composante incontournable de la création de la chaîne de valeur. Nous parlons désormais de consommActeur pour désigner ce changement de paradigme. Ce point est essentiel, notamment à l’heure de la refonte des formes administratives ou de nombreux territoires, afin de choisir pour tel ou tel type de fusion ou de communauté d’agglomération, vont peser l’intérêt de conserver tel ou tel type de population en fonction notamment de critères fiscaux. Afin d’attirer la population choisie, une véritable stratégie va être mise en œuvre, stratégie qui aujourd’hui, sans véritablement s’en cacher, prend le terme de panier de service. La fusion citoyen consommateur est en œuvre.

2.    Le savoir direct

Wkipédia, Google ont bouleversé les rapports aux savoirs. Désormais, chacun est potentiellement à la fois producteur et consommateur de savoir. Les anciens détenteurs du savoir (universitaires, éditeurs,…) doivent composer avec un soudain renversement du entamé par les gens ordinaires. Une des premières conséquences de ce phénomène est la disparition du notable, plus personne n’a la légitimité de la connaissance, une des premières victimes collatérales de ce phénomène est l’élu plus que jamais décrié.

3.    L’information directe

Le monopole de l’information anciennement réservé aux médias centralisateurs a éclaté. Internet, les blogs, le téléphone mobile, la vidéo caméra incorporée ont bouleversé le champ de l’information professionnelle. Tout le monde peut se prétendre aujourd’hui « grand reporter ». La vitesse de la circulation de l’information s’est accélérée de manière très significative. Précisons néanmoins que malgré les nombreuses applications TIC disponibles pour les collectivités territoriales, l’enjeu ici, se pense d’abord en terme de rationalisation des couts et de communication, plus que d’un réel souci de démocratie participative.

4.    L’administration demain

Le processus de digitalisation des administrations publiques a ouvert largement les administrations à l’activité propre de citoyens. Ils sont désormais en mesure de formuler et de suivre leurs démarches administratives de manière plus transparente et en gain réel de temps.

5.    La connexion permanente

Qu’elle soit par fil (co-axiale, fibre optique) ou sans fil (WiFi, WIMax, UMTS, satellite), la connexion devient permanente et à haut débit. Textes, images et vidéos sont accessibles par tous en tout temps et tout lieu. Il n’existe plus de séparation entre mobilité physique et connexion virtuelle.

6.    Le territoire est la carte

La représentation a pris le dessus sur le réel. Google Map est en quelque sorte le nouveau territoire. Le GPS donne des contours aux villes en indiquant les itinéraires à suivre. La digitalisation de la cité crée des nouveaux parcours. La carte digitale est devenue la cité qui a son tour devient largement digitalisée. Si ce phénomène est en cours et parle réellement d’une appropriation de la carte par le plus large public et donc d’une capacité à investir différemment le territoire, une autre évolution fondamentale se dessine à cet endroit. Rappelons que l’invention de la carte a pour première fonction de séparer le sacré du concret et de partager les rôles en inventant le politique. Depuis nos schémas de représentation fonctionnent dans une logique galiléenne où la carte est un espace géométrique constitué d’un ensemble de points indéterminés. Si elle permet de s’orienter, elle indifférencie les territoires, est incapable de représenter leur singularité et ce qui s’y vie. Elle génère une véritable « aliénation de l’analogie » . Une autre culture cartographique aujourd’hui se dessine, une culture qui très clairement rend compte du passage d’une logique représentative à une logique participative, celle du pli ou de la carte anamorphique. Ce qui compte dans ces nouvelles formes de cartographie est de représenter le temps de parcours, le dynamisme économique, ce qui s’y vie, la manière dont chacun dessine son territoire. C’est moins un ensemble de points qu’il s’agit de représenter précisément qu’un ensemble de relations entre individus, activités qu’il s’agit de mettre en œuvre. De véritables cartes émotionnelles se dessinent aujourd’hui, à partir des informations transmises par les mobiles par exemple et chacune de ces nouvelles formes parle plus efficacement du territoire, de sa complexité. Au-delà, l’émergence de jeux vidéos géolocalisés va permettre de créer des cartes qui cette fois ne dépendent plus du territoire mais des habitudes de chacun. La carte consistera moins en une représentation des distances, que des parcours et des habitudes. Une carte sera interchangeable entre usagers d’une même communauté qu’ils habitent à Pékin, Toulouse ou Enghien les Bains. Ce mouvement peut être plus que les tous les autres annoncés dans cet ouvrage marque une évolution fondamentale du territoire et de leurs représentations, du passage du représentatif ou participatif.

7.    Les tags virtuels
Chaque bâtiment, chaque route, chaque objet de la cité va demain posséder son propre « tag virtuel » sous la forme de bornes digitales nous informant en temps réel des lieux, de l’histoire des lieux, des compétences à proximité et de la délivrance dans le voisinage d’informations et connaissances utiles à l’usager.

8.    L’expérience digitale

Des lieux digitaux se dispersent de plus en plus dans les zones urbaines. De l’internet café au « digital wall » (sorte de portail ouvert sur le monde), du « Genius Bar « d’Apple au « creative corner », la ville débouchera sur l’expérimentation digitale en temps réel. La ville donc va se focaliser davantage autour du virtuel en développant des échanges d’expériences, en favorisant des contacts entre partenaires de réseaux ou en organisant des rencontres de blogeurs.

9.    Les techno-squares

À l’image de ce qui se passe déjà à Boston, la technologie va envahir les squares comme lieu privilégié des transferts de connaissances et de compétences. Longtemps cantonnées dans les technoparcs, la science et la technique vont déborder sur les lieux publics comme les places ou les cafés qui serviront de lieux d’animation. La technologie va reprendre sa place dans les discussions du café du commerce !

10.  Les nouveaux services du savoir

La digitalisation accrue des services va inventer de nouveaux services d’aide à l’acquisition et à la diffusion des savoirs. Le livre digital sera à disposition partout dans la cité. Il sera interactif commenté et utilisable comme un instrument de communication en temps réel. Plus un livre sera consulté, plus il bénéficiera des libres commentaires, de vifs arguments et de nombreux ajouts et rectifications de lecteurs sur une base volontaire. Certains livres auront une extension inattendue de leur durée de lectures (long tail) et seront au centre des nouveaux savoirs.

11.  Les collectivités publiques et les think tanks

Les collectivités publiques vont ouvrir aux citoyens les laboratoires d’idées (Think Tank) afin de mener en permanence une réflexion tournée sur l’avenir en traitant des questions plus larges sur l’économie, le social, la culture, les arts ou la réflexion philosophique sur le devenir de nos sociétés. Ce type de Think Tank (ou Livinslab) ouvert et permanent sera une des mutations d’autant aussi importante que l’ouverture de la digitalisation des cités à leurs habitants. Cela pourrait dépasser le phénomène actuel des blogs car cela va introduire une composante communautaire et plus seulement la seule personnalité du citoyen-consommActeur.

12.   Les territoires directs

Si chacun de nous entre dans la discussion politique permanente de la gestion des territoires, la gouvernance digitale sera de type co-créative et multistakeholders. De types interactives et participatives, ces nouvelles formes de gouvernances émergeantes devront encore inventer de nouvelles institutions. On parle de « soft institutions » au regard de ce qui se passe dans la nébuleuse de la gouvernance d’Internet.

C'est évidemment douze choses que l'on aimerait voir pris en compte par les constitutionalistes....

Commentaires

C'est un peu les 12 travaux d'Hercule qui devraient occuper nos politiciens, nos administrations, nos élites, nos aménageurs du territoire à appréhender le territoire d'une autre manière, c'est-à-dire anticiper les besoins futurs du citoyen pour une meilleure qualité de vie à travers les nouvelles technologies de l'information et de la communication sur l'espace public. On peut construire tout en anticipant de nouvelles approches car cela bouge très vite dans ce domaine, on peut améliorer les prestations de nos administrations en faisant du citoyen, un acteur au centre, on peut améliorer la WI-FI pour que les travailleurs puissent aussi trouver d'autres lieux que le bureau ou le domicile, dans une 3ème lieu.....

Écrit par : demain | 17/06/2010

@Stroumpf Pété. Nous vivons de gré ou de force dans l'ère numérique. On commande notre nourriture, nos livres, nos CD par Internet avec le Shop.ch, Amazon par exemple, on s'informe sur les blogs, les médias digitaux, on acquière des connaissances sur Wikipédia, on se fait des amis sur Facebook, on télécharge des films X pour booster notre libido sur Internet (plus discret), on surfe sur le web, on communique par SMS, on poste sur YouTube des vidéos provenant d'Iran, certains imaginent même de voler grâce à l'énergie solaire..., notre société est robotisée, digitalisée. Ce n'est pas un monde imaginaire, il est bien réel et on y goûte tous les jours.

Écrit par : sirène | 19/06/2010

Les commentaires sont fermés.