09/06/2010

Métro-Digitale

 

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L’économie digitale autorise les consommateurs à intervenir dans la création de la chaîne de la valeur en coopérant directement avec les entreprises, soit par le biais du « do it yourself » (Ikea, Swissquote), soit par le « co-design » (Lego, Wikipédia) ou encore par la « co-création » (Linux, Blog, YouTube). Cette immersion des consommateurs dans la production des biens et des services les a transformés en « consommActeurs ». Elle a également en grande partie supprimé les intermédiaires.

Tout cela a eu des effets directs sur l’organisation du commerce notamment avec le développement exponentiel du e-commerce, mais également des restructurations sont intervenues concrètement sur les points de vente. Ainsi de nombreux commerces ont disparu du centre des villes comme les librairies, les agences de voyage, les imprimeries ou les guichets de banques.

Cette réorganisation du paysage commercial des centres n’est sans doute qu’à ses débuts mais elle préfigure un bouleversement plus profond sur les diverses approches conceptuelles et fonctionnelles du système commercial. À cet égard, Apple et ses « Genius Bar» ou Nespresso et ses antennes très branchées de dégustation et de vente vont participer à l’émergence de nouvelles tendances qui tournent autour de la constitution des communautés de pratique en laissant de côté une conception plus classique de la clientèle.

Ainsi, les « shop » deviennent des lieux d’expérimentation, de découverte et de loisir. Ces nouvelles approches entraînent une révision des méthodes employées dans des réseaux de vente. En effet, de nouvelles pratiques apparaissent dans les supermarchés avec des caisses enregistreuses sans caissière où les clients vont scanner eux-mêmes leurs articles. Cette « nouvelle vague » de vendeurs officiera comme moniteur pour expérimenter le co-design des produits et des services avec leurs clients. Ce profond changement qui se profile lentement va d’une part, supprimer le rôle des intermédiaires au profit des consommateurs et d’autre part, repenser tout l’environnement architectural des centres urbains.

Le commerce a longtemps ordonné la ville, désormais le consommActeur va lui donner un caractère plus ludique et plus expérimental. La découverte, la dérive de parcours urbains seront les interactions de demain. L’apprentissage et l’expérimentation tout en consommant des produits et en utilisant des services, en partie assemblés ou fabriqués par les citoyens, vont rythmer le quotidien des clients des cités digitales.

 

Commentaires

Sauf votre respect: quel enfonçage de portes ouvertes! ;-)

Tout le monde sait cela! Puisque tout le monde le vit déjà.


Ce que tout le monde, par contre, ne sait pas, ou ne réalise pas, c'est que ce nouveau paradigme implique pour les entreprises, en termes de capacités de design (souple) et de production (souple elle aussi).


Mes attentes au sujet de votre article étaient sans doute trop grandes?

Écrit par : antoineb | 09/06/2010

@antoineb. La seule discussion sur le Canton est axée sur la préoccupation du logement et des infrastructures incontournables car ce sont des questions tangibles dont la progression (ou non) peuvent être facilement quantifiés par le citoyen. Le digital n'est jamais évoqué dans l'aménagement du territoire, la question est totalement absente alors que tout le monde au niveau individuel en a l'accès et l'usage. Certaines villes européennes souvent de moindre importance que Genève en ont fait leur cheval de bataille et pourtant Genève avec ses organisation internationales notamment UIT pourrait être plus performante.

Écrit par : demain | 10/06/2010

La conception, la planification, la réalisation de projets digitaux intégrés à notre vie quotidienne dans l'espace public genevois sont très timides. Pourtant la digitalisation des villes et communes fait partie du développement durable cher aux écologistes mais aucun parti n'en a fait son cheval de bataille. Ce manque d'anticipation dans la gestion future du territoire et de ses besoins, nous le constations nous coûte actuellement une crise du logement et un rattrapage des infrastructures à travers des constructions de ligne de trams mais aussi une politique de plus en plus dissuasive au niveau du flux des véhicules rentrant à Genève. Pourquoi ne pas anticiper la digitalisation sur le terrain. Ce qui est étonnant c'est que les Suisses sont réputés pour être d'excellents "end users" , grands consommateurs de technologies et produits high tech, à titre personnel, et utilisent de plus en plus le commerce électronique. Mais la réappropriation de l'environnement urbain par ses usagers ne facilite pas la vie des citoyens. Créer des services, étendre des bornes WI-FI, et faire émerger des projets innovants, alternatifs de "biens communs" pour avoir accès à l'info, au loisir, au commerce, au travail, pour faciliter le déplacement du citadin-voyageur n'est pas la priorité première. Dommage, on risque encore de rater le coche comme pour le logement.

Écrit par : demain | 10/06/2010

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