15/06/2008

Le modèle « lémanique »

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La performance économique de l’Arc lémanique de ces dernières années a surpris un bon nombre d’observateurs. Certains évoquent même l’idée d’un modèle « lémanique ».

Qu’en est t’il exactement ?

Si l’on se base sur la théorie économique des « clusters » (pôle de compétences), notre région est caractérisée par au moins 11 clusters (private banking, horlogerie, tourisme, nutrition, science, medical device, micromécanique, trading, organisations internationales, parfum & arôme, biotech) et ne devrait pas performer selon les théoriciens (Michael Porter entre autres) par manque de concentration. En effet, un trop grand éparpillement des forces devrait nuire à la région.

Et si au contraire, la performance des économies modernes serait due à un autre phénomène qui est celui du « spillover », c’est-à-dire la capacité d’entraînement, d’émulation produite par le débordement (spillover) des compétences d’un secteur sur l’autre.  Si c’était la capacité d’échange, de réseautage, de stimulation réciproque qui comptait plus que celle de la concentration alors notre économie serait très moderne et performante.

Cette hypothèse est séduisante à plus d'un titre.

Elle pourrait en tous les cas expliquer l’essor actuel de l’économie de la région et pourrait également justifier tous les efforts entrepris dans le réseautage (Rézonance, Forum des 100,…), dans l’échange des compétences (IMD, formation continue,…), dans la collaboration intense de l’éducation supérieure (EPFL, UNI, HES,…), dans les écoles privées (écoles internationales, Moser,…), dans la culture avec les grands rendez-vous (Montreux, Martigny, Nyon, Lausanne, Genève), dans la mobilité professionnelle et territoriale de la population et bien sûr aussi grâce à l’implantation de grandes compagnies internationales comme P&G, Medtronic,… et des organisations internationales (CERN, ONU, WEF, WWF, ISO ,…). Mais aussi Evian (les eaux), Divonne (le casino), Annecy (Rossignol) et les autres entreprises et villes françaises lémaniques bien sûr (voir commentaire).
 
Tout se passe comme-ci ce mélange exceptionnel a fini par payer. Les individus se sont rencontrés. Ils ont échangé leurs compétences et ils ont créé un savoir partagé de qualité et très performant.

Cette liste non exhaustive de liens nouveaux de compétences est sans doute à la base des conditions cadres « atypiques » du modèle « lémanique ».

Qu’on se le dise !

Commentaires

L'arc lémanique, c'est la rive droite ?

En fait, la réussite du Léman, c'est d'abord la pureté mondialement reconnue de l'eau d'Evian, vous ne pensez pas ? Car les eaux d'Evian se jettent bien dans le Léman. Sinon, il me semble que la réussite dont vous parlez est surtout celle du Pays de Vaud.

Écrit par : R.M. | 15/06/2008

Merci de cet ajout, mais depuis que Fred Oberson a dit qu'alors que les Vaudois faisaient du vin, à Evian, on ne faisait "que de l'eau", je me pose des questions sur l'équilibre des pôles multiples au sein de la synergie. Annecy est dynamique, mais elle est un peu loin du Léman, et profite plutôt, à mon avis, de l'activité de Lyon et de Grenoble, cités réellement dynamiques aussi. Le long de la frontière, la Haute-Savoie donne souvent l'impression de subir le poids du pays voisin, et d'avoir peu d'initiatives propres. Quand elle prend des initiatives, elles sont, j'ai l'impression, facilement critiquées, ou rabaissées, un peu comme M. Oberson dit qu'à Evian, on ne fait "que de l'eau". Depuis que j'ai ouvert un blog sur cette plate-forme, j'ai été surpris de voir que même les amis déclarés de la France voisine critiquaient spontanément les choix des François voisins, leurs initiatives propres. Sur des sujets en plus un peu ridicules, comme les pots de fleurs, les ronds-points, et ainsi de suite. Inconsciemment, il m'a semblé que beaucoup de gens, en Suisse voisine, s'attendent à ce que les Français voisins aillent dans le sens de ce qu'ils estiment être le dynamisme économique de la région ; mais comme ce dynamisme économique est quand même bien assumé par la rive helvétique, cela revient à donner le sentiment qu'inconsciemment, les orateurs s'attendent à ce que les Français voisins aillent dans le sens suivi déjà par leurs cousins helvètes. Je ne pense pas que je me l'imagine, car en réalité, cela n'a rien à voir avec les nationalités, mais simplement avec le poids économique des uns et des autres. Le riche prendra-t-il modèle sur le pauvre, en général ? C'est peu probable. Mais le danger est justement que le pauvre, ici, se maintienne prudemment sous la protection de l'Etat central français, et donc, que l'évolution transfrontalière soit bloquée.

Écrit par : R.M. | 16/06/2008

Bonjour,

La performance économique se mesure en création d'emplois et en valeur ajoutée créée... plutôt qu'en importation d'emplois et en importation de valeur ajoutée avec des exonérations fiscales. Ces exonérations fiscales empêchent Genève d'avoir les moyens de faire les investissements nécessaires (logements, transports, écoles, crèches) qui pourraient permettre de préserver la qualité de vie.

Les politiques économiques actuelles de Genève sont fondée sur l'attraction d'entreprises sur la base de promesses fiscales et de qualité de vie... le problème c'est que pour maintenir une telle qualité de vie avec une telle croissance de population il faudrait faire des investissements publics. Mais les exonérations fiscales ne le permettent pas. Genève est fasse à un choix : poursuivre cette attraction d'entreprises mais renoncer à sa qualité de vie (aggravation de la paralysie des transports et de la crise du logement) ou maintenir sa qualité de vie et réduire les exonérations fiscales.

Dans tous les cas, la politique genevoise est intenable sur le long terme.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 06/01/2010

Je partage entièrement votre point de vue, tout en ajoutant que c'est aussi le tissu économique local qui est en grand danger, en raison de l'exportation du pouvoir d'achat et de la paupérisation grandissante du canton!

Écrit par : Clean | 15/06/2010

Mon commentaire concernait bien entendu la remarque d'A. Vielliard

Écrit par : Clean | 15/06/2010

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