01/06/2008

Vers une « Maison Romande » à Berne


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Ce qui frappe dans l’attitude politique des députés romands qui siègent à Berne, c’est qu’ils sont toujours pris de vitesse.

L’exemple récent des infrastructures (3ème voie CFF, 3ème voie autoroutière, etc.) montre qu’ils ont pris tardivement conscience de la nécessité de la défense de ce dossier clé alors qu’il aurait fallu anticiper, planifier et consolider depuis plusieurs décennies ce dossier hautement politique.

Héritiers d’un dossier brûlant et malgré un sursaut général très médiatisé, il est clair que les députés romands sont entrain de payer le fait que la gestion de ce dossier n’ait pas été abordée de manière systématique et en temps voulu par le passé.

À l’avenir, une manière de remédier à cette situation serait de regrouper les forces d’influence au sein d’une « Maison Romande » à Berne. Composée d’un personnel politique, juridique, scientifique et économique compétent, cette « maison » offrirait à la fois une proximité au pouvoir décisionnaire fédérale et garantirait un décloisonnement de l’activité politique romande.

L’exemple allemand est instructif à cet égard. À Berlin, les différents « Länders » possèdent tous des représentations dans des immeubles souvent flambant neufs, rassemblant leurs représentants, leurs lobbyistes au cœur même du pouvoir politique. Ces « maison des Länders » ont comme mission de renforcer la présence de chaque région auprès des autorités fédérales afin de défendre les intérêts de leurs citoyens et de leurs entreprises. Les employés de ces représentations travaillent dans différentes commissions de la Chambre des Länder (Bundesrat) où ils recherchent le soutien politique pour des initiatives régionales tout en préparant leurs propres motions parlementaires. Ils s’occupent de secteurs aussi divers que la science et l’enseignement, l’économie et le tourisme, la culture et les infrastructures. En un mot, ils coordonnent, communiquent, anticipent, planifient de manière très professionnelle et agissent comme un système d’influence auprès du Bundesrat.

La Romandie ne devrait-elle pas s’inspirer de ce modèle allemand ?

Imaginons juste un instant, quels seraient les avantages d’une telle démarche :

1.    Un renforcement de la cohésion romande
2.    Une meilleure anticipation des prochains dossiers à traiter
3.    Une professionnalisation de la politique
4.    Une accélération des échanges d’informations
5.    Un lobbying plus efficace

Bref, la Romandie pourrait enfin parler d’une seule voix en défendant des intérêts régionaux communs et exister sur le plan politique comme une force organisée, non fragmentée et recherchant avant tout l’efficacité.

Un rêve en somme… Non, une nécessité !

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