25/05/2008

L’argent du Gothard au secours de la Romandie ?

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Nos routes et nos autoroutes surchargées parfois même embouteillées aux heures de pointe avec des accidents à répétition, nos trains bondés, notre aéroport en voie de saturation… Les infrastructures de la métropole lémanique prennent l’eau … Rien ne va plus ! Il aura fallu trois années de forte croissance économique pour voir le système des transports boire la tasse … et devenir  inopérant et dangereux.

Agir devient urgent, mais comment procéder ?

Si nous étions un bateau et qu’il subisse une voie d’eau, immédiatement nous cesserions toute activité afin de réparer cette avarie. C’est exactement ce qu’il faut faire aujourd’hui. Il suffirait de geler la construction du Gothard durant un à deux années pour immédiatement dégager un financement abondant permettant d’agrandir nos infrastructures : la 3ème voie ferroviaire, la 3ème voie autoroutière, etc.

Il est clair que pour le monde politico-administratif bernois, cette proposition ressemble à une provocation mais pour le commun des mortels, cela prend du sens et la logique tient la route. Car changer ses priorités c’est ce que l’on fait plus ou moins tous les jours. Et pour le Gothard, il suffirait de reprendre les travaux après avoir réparer notre système routier et ferroviaire.

Bien sûr, c’est évident que cette proposition sera d’emblée écartée…

Car, la vision fédérale et son obstination à creuser un second tunnel sur l’axe Nord-Sud épuisant ainsi d’énormes ressources financières a été et reste une grave erreur de jugement car aujourd’hui toute la croissance du trafic ferroviaire se passe d’Est en Ouest. C’est pourquoi, développer le plateau suisse qui se situe dans l’axe du centre de l’Europe mérite le développement des trains à grande vitesse pour relier les principales régions de création de richesse européenne.

La Suisse s’est mise elle même hors-jeu en nous privant d’accès rapides avec les grandes métropoles.

On peut toujours se consoler en pensant que la construction du Gothard servira probablement à acheminer les poubelles napolitaines pour être incinérées en Allemagne !

19/05/2008

AUTOROUTE à 3 voies: Juste une question de peinture ?

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Dernièrement, à ma grande surprise, un architecte/urbaniste lausannois m’a expliqué que la troisième voie de l’autoroute existe de fait déjà et que grosso modo il suffirait de récupérer l’espace centrale occupé par la végétation, de réduire une partie de la bande d’arrêt d’urgence, de repeindre les lignes blanches pour obtenir une autoroute Genève-Lausanne à 3 voies. Il paraît que c’est la manière de procéder en l’Europe. Et c’est même réglementaire.
 
Mais bon sang, mais c’est bien sûr ! Comment ne pas y avoir songé avant !
 
Dans mon esprit, je m’imaginais que nous devrions engloutir une fois de plus des centaines de millions afin d’agrandir des ponts, de déplacer les rampes d’accès et même éventuellement de détruire des habitations ou des usines pour arriver à ce résultat. En un mot, je me faisais tranquillement à l’idée que dans 25 ou 30 ans et après d’âpres luttes politiques à Berne, le projet pourrait voir le jour, enfin. Il n’en est rien. Le problème peut être juste résolu par quelques coups de pinceau ! C’est renversant !
 
Au-delà de la réelle authenticité de cette solution (je ne suis pas un spécialiste) ce qui me frappe, c’est l’idée de « fixer » un problème plus que de le résoudre avec une solution lourde, coûteuse et lente, trop souvent lente. Bien sûr certains travaux importants devront être certainement effectués (car en Suisse, on ne plaisante pas avec la régulation) mais fondamentalement, on sent que cette approche est pragmatique, efficace, rapide et pour une fois, peut s’avérer moins onéreuse pour un résultat pratiquement identique.
 
C’est exactement ce genre d’initiatives dont on a besoin en Suisse : « des solutions inventives, rapides et peu coûteuses ». Cela devrait davantage s’adapter pour la plupart des problèmes, car cette résolution est basée sur l’esprit de « fixer » un problème plus que de le « résoudre ». Ce changement de mentalité pour solutionner les problèmes doit servir de socle au « renouveau suisse ». Sortir des chemins battus de la politique lourde sur les résolutions des problèmes est peut-être la meilleure manière de retrouver un nouveau souffle.
 
L’autoroute Genève-Lausanne devrait être, comme en 1964, la première à bénéficier de cette innovation ! Qu’en pensez-vous ?

12/05/2008

CREATIVITE : S'INSPIRER DE BERLIN

 
 
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Prétendre être une ville créative semble aujourd’hui aller de soi, encore faut-il l’être vraiment ! Ce qui frappe en visitant Berlin, c’est que ce slogan lui va comme un gant !

Pas un carrefour sans bâtiment en construction ou neuf alliant imagination et créativité.

Pas une boutique ou un restaurant débordants d’innovation et d’inventivité.

Pas une exposition d’art sans surprise ou dépassement.

Pas un parc, un square ou un quai alliant urbanité et nature.

L’espace et l’énergie sont propres à l’ouverture des esprits, à la mobilité des personnes et aux échanges. Singulièrement, Berlin possède tous ces atouts et se profile donc comme un lieu de respiration pour une Europe souvent trop encombrée par son passé.

Berlin a su remettre à plat son passé trouble encore vivace pour définitivement se tourner vers un avenir prometteur.  Du Mémorial de l’Holocauste à la rue de la Terreur à Wilhemstrasse, des derniers vestiges du Mur à l’emplacement assez discret du Bunker d’Hitler, l’histoire de la ville se raconte sans détours. Mais au même moment, se dégage une effervescence salutaire autour de lieux de culture comme la galerie O/C  dans le quartier de Mitte, le Berliner Ensemble sur la place Berthold Bretch ou encore l’ancienne gare Hamburger (qui abrite la collection Flick que les zurichois avaient refusé d’accueillir lors d’une votation populaire).

Cette dynamique créative se décrit sous toutes ses formes et est éparpillée sur cette immense ville qui évoque le mieux l’Europe urbaine de demain.

Les promoteurs du projet de la Praille-Acacias-Vernet (PAV) et de la Jonction seraient bien inspirés de se rendre avec Easyjet à Berlin afin de jauger par eux-mêmes du potentiel créatif qui émane de la construction de quartiers neufs. En effet, un bâtiment ne se limite pas seulement à être un logement, un bureau ou un commerce mais est avant tout une extraordinaire débauche d’inventivité et de hardiesse.

Chaque recoin, commerce, cour intérieure, bar, parc, square, promenade, parking, mobilier urbain, éclairage a été repensé, remodelé, réapproprié et désigné.

Dégager de l’énergie créative est aujourd’hui au centre de toute nouvelle prospérité car elle entraîne par essence l’esprit d’entreprendre propre au dépassement des facultés humaines.

Se saisir de l’opportunité du projet PAV comme un projet sur la créativité plus qu’un pur projet immobilier, pourrait fournir à Genève une nouvelle manière d’appréhender l’aménagement de son territoire.