23/04/2008

UNE URBANISATION SANS VISION

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« Une urbanisation sans vision ». C’est par ces mots terribles que débute l’interview paru dans 24HEURES du célèbre architecte Norman Foster concernant l’aménagement de l’Arc lémanique (1) .
Pourtant, tout semble lui donner raison.

Sans aucune vision, notre région continue année après année de subir un étalement urbain désordonné. Norman Foster compare même ce phénomène à des « …mites qui mangeraient la moquette jusqu’à sa disparition… ». Il poursuit en s’étonnant : « j’ai du mal à comprendre pourquoi des bâtiments industriels ou de bureaux semblent sortir de terre de façon aléatoire, tout au long du lac. C’est illogique et laid. C’est une menace pour l’équilibre fragile entre villages et nature. Comprenez-moi, je ne suis ni anti-bagnoles, ni anti-développement. Je suis architecte, le développement urbain est ma vie. Mais, il existe des manières de bien le concrétiser. Et là, on peine à voir la vision d’ensemble».
Il a raison. Il n’y en a pas !

Pourtant si l’on songeait un instant à l’urbanisation possible de notre métropole. On découvrirait qu’elle est polycentrique, composée de villes importantes comme Genève ou Lausanne mais aussi Montreux, Evian, Divonne, Annecy et Neuchâtel. Si l’on prenait la peine d’avoir une stratégie de densification urbaine : immeuble surélévé, densification a ccrue et zone mixte et que dans le même temps, on réalisait des transports publics ou privés rapides entre ces villes, alors on favoriserait un développement intelligent avec une nature qui occuperait le centre de la métropole. La nature ne serait plus ainsi repoussée par l’avancée anarchique des agglomérations.

Aujourd’hui, c’est tout le contraire qui est fait avec le concept d’agglomération qui revient à l’étalement des principales villes à partir de leur centre.

La remise à plat d’une vision de l’urbanisation de la métropole devrait ainsi être la première de toutes les priorités si l’on veut conserver notre principal atout : la nature.


(1) Cf. 24 heures du 18.04.08/p1-3

Commentaires

Oui, mais il faut voir quelles villes créent cette urbanisation, et quelles villes la subissent, afin de voir à qui revient la principale responsabilité de réagir. Non pas que la direction politique de ces cités soit en elle-même à l'initiative de cette évolution, mais qu'elle a toujours la responsabilité de veiller à ce que l'intérêt de tous soit pris en compte, lorsque quelque chose prend place sur son territoire.

Or, M. Mabut a récemment rapporté l'idée d'un élu écologiste de Genève qui estimait que l'Etat de Genève n'avait pas à se soucier de ce qui advenait en dehors de son territoire. Mais pour l'arc lémanique, raisonner de cette façon est absurde, car il est évident que les changements advenus à Annemasse (par exemple) ces dernières années, ne sont dus qu'à l'activité économique genevoise (dont l'Etat de Genève a la responsabilité), et ne doivent strictement rien à Annemasse même, à sa vie propre. Même Thonon et Evian sont dans ce cas, en réalité : ce sont des villes qui tendent à subir l'influence de Genève, de Lausanne et du Valais, et n'ont pas beaucoup de possibilités d'initiatives propres.

Bref, il faudrait déjà élire une capitale de cet arc lémanique, et lui confier la responsabilité principale de l'organisation. (Mais responsabilité veut aussi dire engagement financier : pas seulement engagement théorique, dans les idées qu'il faudrait suivre.)

En tout cas, M. Comtesse, je ne sais pas si vous connaissez bien Annecy, où j'ai longtemps vécu, mais dire qu'elle fait partie de l'arc lémanique m'étonne un peu. Annecy commerce avec Lyon et Paris, pour l'essentiel. Elle a sa vie économique propre. Elle ne se soucie pas beaucoup de la vie économique frontalière. Enfin, il y a bien une influence, mais c'est quand même assez différent de la situation d'Annemasse.

Écrit par : R.M. | 23/04/2008

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