20/04/2008

« Praille-Acacias-Vernets » : la feuille de route

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Les grands projets urbains contemporains font de plus en plus appel à une gestion ouverte et participative dans leur mise en œuvre. Globalement, il s’agit de définir trois étapes qui se chevauchent partiellement. À savoir :

•    Une vision partagée.
•    Une recherche de consensus.
•    Une médiation des processus de mise en œuvre.

Il faut bien l’avouer, ces trois étapes n’ont pas été totalement respectées dans le cadre du projet de la « Praille-Acacias-Vernets » (PAV) d’où la situation quelque peu confuse que l’on connaît actuellement ! Mais, rien n’est perdu. Il faut juste remettre en ordre les processus-clés de la gouvernance moderne.

Récapitulons.

•    D’abord, une vision partagée qui est, aujourd’hui, effectivement à un stade largement accepté par toute la population est qu’il faut construire « la ville en ville » afin d’en finir d’une part, avec l’étalement urbain débridé et d’autre part, diminuer le trafic urbain et ses nuisances tout en ramenant des contribuables au centre de l’agglomération.

•    Ensuite, la recherche d’un consensus implique une gestion du territoire non autoritaire faisant appel à toutes les parties prenantes (société civile, entreprise, collectivité publique, …) Le tout dans un processus de longue haleine. Il ne s’agit plus seulement de changer quelques lois, ici et là, (densité urbaine ou zoning) mais bien de chercher, objet par objet, les compromis nécessaires pour faire évoluer le projet global. C’est là que l’on s’aperçoit de la faiblesse même de l’idée de « masterplan » qui dans la plupart des cas ne pourrait jamais être réalisé dans son intégralité. Donc, avoir une ligne de conduite, un horizon, une vision, c’est bien ; toutefois la réalisation doit tenir compte d’un modèle ouvert, participatif et négocié sur des objets architecturaux pris les uns après les autres.

•    Enfin, la médiation de la mise en œuvre qui nécessite dialogue, créativité et arbitrage. Il est bien clair que cette phase est cruciale car les intérêts potentiels sont aussi nombreux que contradictoires. Il est à noter que la médiation des grands projets urbains est devenue de ce fait, une composante incontournable des gouvernances modernes. Elle fait souvent fi des plans directeurs afin de trouver des solutions plus créatives des problèmes qui n’ont pas été prévus par les planificateurs. Cette phase n’est pas une phase de « médiatisation » mais bien de « médiation ». On discute, on négocie, mais surtout on ne se déclare pas trop vite !

L’incompréhension des pouvoirs publics mais aussi du privé face à l’émergence de cette gouvernance de type « multistakeholders » est manifeste. Pourtant, des exemples comme ceux de Renens tout dernièrement ou de Kreiss 5 à Zurich, il y a déjà quelques années montrent que des méthodes existent, que des savoir-faire s’accumulent et que l’efficacité est au rendez-vous.

Gageons que Genève sache regarder autour d’elle les « bonnes pratiques » de nos voisins et concurrents car Genève a plus que jamais, besoin de réussir son projet urbain de la « Praille-Acacias-Vernets ».



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