30/03/2008

Débloquer les blocages

Le cas de la troisième voie

Dans l’histoire politique de la construction d’une 3ème voie de chemin de fer entre Lausanne et Genève, la seule chose que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que le dossier est bloqué.
 

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En effet même si depuis 3 ans, les politiciens locaux des Cantons de Genève et de Vaud crient leur désenchantement dans les médias et vont « pleurnicher » à Berne pour obtenir des subventions, les CFF et le gouvernement suisse font la sourde oreille. Le dossier est bloqué pour les prochains 25 ans. Les priorités ont été planifiées par les autorités fédérales sous le principe de l’égalité des moyens pour tous, ce qui à leurs yeux veut dire que tous les coins de Suisse doivent être servis les uns après les autres dans le strict respect de l’égalité. Cependant dans les transports publics, le principe qui compte n’est pas l’égalité mais bien l’équité.  En effet, à quoi bon construire, rénover, perfectionner des lignes CFF dans des lieux peu fréquentés alors que la ligne de Genève-Lausanne est prise d’assaut par des usagers devant se tenir debout faute de places. Ce manque d’équité rend la gestion des CFF absurde.
 
Par ailleurs, si l’on observe ce qui s’est passé dans la région zurichoise, on note d’une part, que la région possède le meilleur réseau RER de Suisse et que d’autre part, la Confédération va y entreprendre des travaux pour plusieurs milliards de francs suisses. Cela paraît contradictoire avec ce que nous venons de dire, mais il n’en est rien car le Canton de Zurich a toujours su anticiper sur le long terme ses besoins en matière d’infrastructures et en a très rapidement fait part aux autorités bernoises. De plus, lorsque ces dernières voulaient différer les appétits d’extension de Zurich, le Canton s’est offert le luxe de payer lui-même les études prévisionnelles et coûteuses de mise en chantier. En forçant ainsi la main à Berne, ils ont adopté une stratégie dite du « fait accompli » qui a le don d’indisposer grandement la Confédération qui se voit alors dans l'obligation de réagir. De fait, c’est la seule stratégie qui marche en Suisse.

En résumé, lorsque nos politiciens auront compris que « pleurnicher » ou « s’offusquer » ne sert à rien et qu’il faudrait au contraire montrer sa détermination par la mise à la disposition de l'argent de débloquage sans jamais oublier que le principe du « payeur-commandeur » est la clé pour faire avancer un dossier auprès de la Confédération.

En conclusion, si les grands argentiers Broulis et Hiler s’accordaient pour gérer en commun un fond d’investissements pour la 3ème voie de l’ordre de 20 à 40 millions et qu’avec ce fond, ils puissent commander sans plus attendre une étude de faisabilité alors à n’en pas douter, Berne se précipitera en Romandie pour éviter d’en perdre le contrôle. Plus vite, le chantier de la 3ème voie sera mis en route, plus vite seront soulagés les travailleurs de la Métropole Lémanique.

La stratégie du « fait acompli » est la seule manière en Suisse de sortir du blocage.

Pourvu que nos politiciens métropolitains l’entendent ?

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