27/03/2008

Une révolution formidable : la fin des intermédiaires !

 
 
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La Réforme, sous l’impulsion de Luther et Calvin et d’autres réformateurs, avait il y a plus de 450 ans, révoqué les ecclésiastiques qui étaient les uniques intermédiaires entre Dieu et les croyants. À l’époque, cette réforme a été pour l’humanité une véritable révolution. Aujourd’hui, par pure analogie, il convient de penser que nous vivons une période similaire avec la fin des intermédiaires  économiques.

En effet, l’économie directe (1) autorise les consommateurs à intervenir dans la création de la chaîne de la valeur en coopérant directement avec les entreprises, soit par le biais du « do it yourself » (Ikea, Swissquote), soit par le « co-design » (Lego, Wikipédia) ou encore par la « co-création » (Linux, Blog, YouTube). Cette immersion des consommateurs dans la production des biens et des services les a transformés en « consommActeurs », mais a surtout supprimé en grande partie les intermédiaires. En quelque sorte, les consommateurs « tutoient » le système car des interactions de haute qualité en résultent comme les Protestants l’avaient accompli en écartant les représentants de l’église pour s’adresser directement à Dieu.

Cette analogie un peu audacieuse montre l’affranchissement de l’homme face à tout entremetteur et appuie en quelque sorte la comparaison avec l’actuelle révolution économique. Tout cela a eu des effets directs sur l’organisation du commerce notamment avec le développement exponentiel du e-commerce, mais également des restructurations sont intervenues concrètement sur les points de vente.

Ainsi de nombreux commerces ont disparu du centre des villes comme les librairies, les agences de voyage, les imprimeries ou les locations immobilières. Cette réorganisation du paysage commercial n’est sans doute qu’à ses balbutiements mais déjà s'attaque à une réflexion plus profonde sur les diverses approches conceptuelles et fonctionnelles du système commercial.

 À cet égard, Apple et ses « Genius Bar» ou Nespresso et ses antennes très branchées de dégustation et de vente ont participé à l’émergence d’une nouvelle tendance qui tourne autour de la constitution des communautés de pratique, d’experts en laissant de côté une conception plus classique de la clientèle. Les « shop » deviennent des lieux d’expérimentation, de découverte et de loisir. Ces nouvelles approches entraînent une révision des méthodes employées dans des réseaux de vente.

En effet, de nouvelles pratiques apparaissent dans les supermarchés avec des caisses enregistreuses sans caissière où les clients vont « scanner » eux-mêmes leurs articles. Cette « nouvelle vague » de vendeurs officiera comme moniteur pour expérimenter le co-design des produits et des services avec leurs clients. Ce profond changement qui se profile lentement va d’une part, supprimer le rôle des intermédiaires au profit des consommateurs et d’autre part, repenser tout l’environnement architectural des centres urbains. Le commerce a longtemps ordonné la ville, désormais le consommActeur va lui donner un caractère plus ludique et plus expérimental. La découverte, la dérive de parcours urbains seront les interactions de demain. L’apprentissage et l’expérimentation tout en consommant des produits et en utilisant des services, en partie assemblés ou fabriqués par les citoyens, vont rythmer le quotidien des clients.

 

(1) Economie directe, Xavier Comtesse et Cédric van der Poel, Edition Rézonance, www.rezonance.ch

19:41 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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