24/03/2008

La Matu à 19 ans : en finir avec l’exception genevoise !

 

De Rousseau à Piaget, de Bèze à Chavanne, Genève a toujours su innover en matière d’éducation. La ville-canton a inspiré de nombreux pédagogues du monde entier et forcé l’admiration pour son système scolaire d’antan. Source de créativité future, l’éducation est au cœur de tous les progrès. Aujourd’hui Genève qui fait partie de la métropole lémanique se trouve à la traîne de la Suisse et de l’Europe tout entière dans un domaine particulier celui de la durée des études jusqu’à la maturité.

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Pourquoi donc faut-il que les élèves genevois n’obtiennent leur maturité qu’à l’âge de 19 ans, au mieux ?

Il est tout simplement impossible de répondre rationnellement à cette « exception genevoise ».



En effet, dans la plupart des pays européens et des cantons suisses, l’achèvement de ces études est prévu à l’âge de 18 ans. On pourrait alors penser que dans l’enclave genevoise, nos enfants auraient un quotient intellectuel plus bas que la moyenne européenne ou nationale. Une autre hypothèse saugrenue tiendrait à la performance des enseignants et à leur méthode pédagogique qui conduiraient à des résultats médiocres. Mais ici les données statistiques démontrent qu’il n’en est rien. En effet, en comparaison internationale et selon l’étude PISA, même si les résultats sont plutôt moyens, cela n’autorise en rien à penser que Genève est un « cas » à part où règnerait un grave déficit pédagogique voir mental.

On hésite encore sur les hypothèses de la force de la tradition, du statut quo ou du tabou comme explication rationnelle : c’est comme cela ! Il en a toujours été ainsi. Pourquoi changer ? Surtout ne touchons pas aux acquis.

Aujourd’hui, il semble de plus que le sujet ne soit pas une priorité au sein de classe politique genevoise et du DIP.

Et pourtant, il serait grand temps d’ouvrir le débat sur la place publique. Si la plupart des adolescents des cantons suisses peuvent faire le même cursus en une année de moins, cela devrait au minimum nous interroger.

Interrogeons-nous donc : quels seraient les avantages à adopter ce système pour Genève?

Ils sont pour l’essentiel de trois ordres :

• En premier, un gain de temps pour les jeunes dans le long cursus exigé par les études universitaires.
• Ensuite, avec l’harmonisation européenne

et depuis l’introduction du processus de Bologne, les jeunes étudiants genevois seraient au même niveau que les Européens et ne seraient plus pénalisés par cette année supplémentaire d’étude qui leur apporte plus d’inconvénients que d’avantages.
• Enfin, l’Etat pourrait mettre à disposition les ressources humaines et financières ainsi libérées pour un renforcement de l’encadrement des études en faveur de l’enseignement obligatoire et de l’enseignement secondaire (tutoring, activités sportives et culturelles mieux ficelées…) mais aussi pour la HES et l’Université de Genève.

Malheureusement, exprimer une telle proposition plutôt simple et évidente, ne peut soulever dans la République et Canton de Genève que réprobations et levée de boucliers. Aujourd’hui, les forces de progrès doivent constater que les conservateurs de tout bord gèlent toutes les initiatives pour maintenir leurs acquis.

Et pourtant, les « trente glorieuses » sont finies depuis longtemps et il serait temps de préparer un avenir décent et prometteur à notre jeunesse et pas seulement leur laisser une dette abyssale, une pénurie de logements et des infrastructures déficientes.

Inventer des solutions qui ne coûtent rien et qui peuvent rapporter gros ne tient pas de l’impossible. La « matu à 18 ans » est juste un exemple qui pourrait s’inscrire comme une cause « sans opposant » tellement l’évidence de ce type de propositions devrait échapper à toute forme partisane.

 

07:16 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Génial, les opposants éventuels à cette géniaaaale mesure sont taxés d'égoïsme et d'immobilisme. C'est ce qu'on appelle un sophisme.

Peut-être ont-ils des arguments ?

C'est par exemple ce genre de chose qu'on apprend qu'on on fait sa maturité : à faire figuré les arguments des deux parties opposées dans un exposé.

Bon, j'essaye d'en trouver un :

Compresser le programme scolaire d'un an, se fera au détriment des branches "artistiques" pour promouvoir les branches "utiles" pour l'économie.

Écrit par : Dji | 24/03/2008

(désolé pour les fautes d'orthographes, j'aurais du me relire quand même ...)

Écrit par : Dji | 24/03/2008

Il n'y en effet aucune raison valable pour que les étudiants genevois se retrouvent avec des camarades qui ont gagné un ou deux ans sur leur cursus, alors même qu'il a une tendance à ajouter des années post-licence (post graduate si l'on préfère) et que financièrement les études sont de plus en plus lourdes à assumer, et cela même pour la population des classes moyennes. Je ne sache pas que les aides de l'Etat à la formation (allocations familiales, rentes AVS pour orphelins, etc.) aillent au-delà de 25 ans à Genève en particulier, parce qu'on y termine ses études plus tard. Jusque dans les années soixante on pouvait d'ailleurs faire un certain nombre de licences (en particulier en lettres) en trois ans, alors que là aussi la tendance est depuis longtemps au rallongement.

Écrit par : Citoyen et parent | 24/03/2008

Oui, c ette dévalorisation des études et des formations n'amène rien de bon et seuls sont ceux qui continuent par fautes de piston!

Indemnisons les floués du système et cessons de financer des formations inutiles et schiso!

Écrit par : Antigone | 24/03/2008

Oui, c ette dévalorisation des études et des formations n'amène rien de bon et seuls sont ceux qui continuent par fautes de piston!

Indemnisons les floués du système et cessons de financer des formations inutiles et schiso!

Écrit par : Diane (la chasseresser) | 24/03/2008

Il faudrait déjà commencer à faire vraiment bosser les gamins du primaire ! quand on voit que ces gamins arrivent au niveau du secondaire sans être capables d'aligner une additon ou d'orthographier trois mots en français, il y a de quoi se poser des questions. C'est certain qu'en n'ayant pas de devoirs et pas de notes (réelles) les enfants du primaire peuvent se luger un an de plus aux frais du contribuable ! où est passé notre beau "Memento orthographique "brun", notre livre de verbes "jaune", ainsi que notre livre de vocabulaire "vert" ? Il n'est pas normal que notre canton soit le canton avec le plus mauvais niveau de Suisse(dernier rapport Pisa) en ayant un an d'étude de plus ! Cela pose un problème !

Écrit par : café | 02/04/2008

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