18/03/2008

Donner sa voix ou donner de la voix


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Si Ségolène Royal a remporté les «primaires» socialistes en 2007, c’est parce qu’elle avait une stratégie de conquête du parti socialiste organisée autour de la tenue de «forums participatifs» dans de nombreuses villes françaises mais aussi d’un système d’adhésion facilité sur Internet.

 

Dès sa désignation comme candidate officielle aux élections présidentielles, elle a abandonné cette stratégie participative pour revenir à une forme classique de représentativité politique. En changeant de cap, Ségolène Royal, non seulement, n’a obtenu aucun véritable soutien de certains membres du parti, notamment des «éléphants», mais a surtout cassé cet élan participatif. On connaît la suite.

 

Ce qui résulte de cette expérience politique, c’est que le mode participatif donne de plus en plus l’impression de s’opposer au mode représentatif. Donner sa voix à un représentant politique n’est pas du tout du même ressort que donner de la voix au sein d’une communauté participative.

 

Pendant longtemps, le politique s’appuyait sur des groupes participatifs qui portaient en quelque sorte les élections. Tout se passe, aujourd’hui, comme si ces groupes voulaient eux-mêmes se plonger dans les affaires politiques. C’est le cas des ONG qui sont la nouvelle forme extrêmement efficace d’organisation de la société civile. Elles sont devenues les porte-parole de sujets concernant l’agenda politique et hésitent souvent à soutenir les partis politiques classiques.

 

Cette nouvelle réalité a des conséquences directes dans la gestion des territoires puisque désormais s’opposent dans les affaires publiques des représentants élus à ceux, non-élus. À cet égard l’affrontement des élus «Verts» aux ONG environnementalistes sur la politique d’aménagement du territoire, témoigne de ce changement.

 

Le projet de la reconstruction du Stade de Zurich est particulièrement significatif de l’opposition de l’ATE aux élus Verts de l’Exécutif zurichois. En effet, les représentants de l’ATE ont utilisé l’arme du droit de recours contre une décision populaire qui avait accepté ce projet dans le cadre d’une votation. Ces nouvelles tensions entre le représentatif et le participatif débouchent bien sûr sur des débats mais également sur des procédures judiciaires entre ces deux formes d’organisation sociale. Le territoire dans sa gestion en subit les contrecoups.

 

Dans un premier temps, aucune médiation et aucune discussion publiques ne sont prévues pour faire baisser la tension, seuls les Tribunaux sont souvent les « principaux» et «uniques» arbitres du conflit. La société se doit de définir d’autres relais de conciliation.

 

15:46 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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