22/06/2017

Exportation Horlogère Suisse: en hausse, vraiment?

L'annonce du jour: "forte hausse des exportations horlogères suisses".

Elles se sont élevées à 1,7 milliard de francs, ce qui correspond à une croissance de 9,0% par rapport à mai 2016 (chiffre corrigé par la comparaison du nombre de jours ouvrables aux mois de mai 2016 versus 2017 et donc en valeur réelle cela représente tout de même une baisse de 1,1%). Il s'agit d'une sorte de confirmation de ce que l'on observe depuis le début de l'année 2017. Bilan: mi-figue mi-raisin!

Cependant, l'évolution des exportations de montres de moins de 200 francs (prix export) est restée clairement négative, à l'image des précédents mois. Cette baisse a joué un rôle déterminant sur les volumes totaux exportés durant le mois de mai. Cela se traduit par moins de montres fabriquées.

Conséquences : les suisses exportent de moins en moins de montres mais de plus en plus chères - Prix moyen en hausse. De même, ce sont les montres mécaniques qui tirent leurs épingles du jeu, pas les quartz - qui elles sont toujours en baisse.

Le marché américain est lui aussi en légère baisse (-1,1%)... Tout cela démontre que les montres et bracelets connectés (qui indiquent aussi l'heure) prennent aux USA des parts de marché aux suisses!

Après cette importante crise horlogère (2014-2016), on peut déjà conclure que la structure des marchés à fortement changé et que les suisses se sont - par la force des choses - concentrés sur le haut de gamme en perdant le volume des grandes séries à prix abordables et en abandonnant le marché des montres connectées aux Coréens, Chinois et Californiens. Cela aura des répercussions sur l'appareil de production qui reste aujourd'hui largement en sur-capacité.

Il va falloir plusieurs années pour absorber tout cela d'autant plus que la guerre du retail: "Boutique contre Internet" ... ne fait que commencer avec à la clé encore de forte réduction de marges.

 

31/05/2017

PIERRE MAUDET en charge de la transition numérique!

Après le Web offert au monde en 1993 par le CERN, Genève cherche aujourd'hui sa place dans le concert des villes numériques innovantes.

Pour Genève cela paraît clair, il faut rester sur sa compétence historique: celle des transitions. Religieuse, Croix Rouge, ONU, Traités de Paix, Gouvernance, etc., bref tout ce qui représente le "soft power". Car les tentatives de développement vers la biotech, le medtech, le fintech souffrent toutes de l'absence d'acteurs majeurs du domaine. En effet, comment rivaliser avec la Bâle de Novartis, Roche, Actelion, Lonza, etc. ou face à Zurich et ses grandes banques (UBS, Crédit Suisse) qui investissent déjà massivement dans la fintech. Ainsi toutes les approches de type cluster comme par exemple la "Health Valley", sont vouées à l'échec tant l'importance des acteurs locaux est beaucoup trop petite.

Par contre, la Genève internationale maîtrise depuis toujours la "soft gouvernance", c'est-à-dire la capacité de faire évoluer les comportements "du légitime vers le légal". Labéliser, standardiser, normer, etc., voilà l'approche de la transition propre au savoir- faire de la ville du bout du lac. Appliquons-là donc à l'économie notamment à l'économie numérique. Regardez le cas UBER: ils ont d'abord fait puis aujourd'hui légalisé. La transition numérique est de cet ordre.

Lors du séminaire "Actes Industries" tenu à Genève la semaine dernière, le Conseiller d'État Pierre Maudet l'a bien laissé entendre: "il y a une opportunité pour Genève de jouer un rôle dans le numérique notamment en termes de sécurité, et cela inclus une forte composante industrielle". En effet, il ne s'agit pas seulement de gouvernance mondiale, comme par exemple l'appel récent du CEO de Microsoft pour l'élaboration d'une "convention de Genève du numérique" pour contrer les effets négatifs de la cyber-guerre, mais aussi d'enjeux économiques de type matériels informatiques ou de télécommunications et de software comme la cryptographie. Ainsi des entreprises comme ID Quantique, l'ex start-up issue de l'Université de Genève qui est depuis devenue, en s'internationalisant, le leader mondial dans ce domaine bien spécifique des transmissions sécurisées ou encore l'entreprise ProtonMail de Plan-les-Ouates pour les emails sécurisées mais aussi Wisekey, sans oublier les Data Center de type Safe Host qui jouent tous sur la neutralité suisse, pourraient tous jouer un rôle majeur à l'avenir.

Un acteur clé de la région reste évidemment le CERN qui avec d'énormes besoins en calcul numérique est l'un des plus grands centres informatiques et innovants au monde.

L'Université de Genève, la HES mais aussi l'EPFL (toute proche) pourraient être mobiliser pour jouer un rôle beaucoup plus grand dans ce domaine, si les directions de ces établissements voulaient bien mettre ensemble les moyens pour faire de l'enjeu numérique une priorité collective.

Fort de cette réalité, il reste évidement un élément clé pour faire de Genève une "Leading House de la Transition Numérique": créer un véritable centre de compétence. Et oui, il faudrait un centre. Une sorte de plateforme réunissant les compétences de gouvernance internationale, de recherche scientifique, de formation et de développement économique. "De la norme au business en passant par la recherche et la formation", voilà ce qui devrait être le "moto" d'un tel centre.

Qui devrait mettre tout cela en place? Évidemment Pierre Maudet! En tout cas, il en aurait l'autorité et la compétence.

(article paru dans l'Agefi du 31.05.2017)

23/05/2017

Exportation Horlogère: toujours et encore le mauvais temps!

Avril confirme la tendance du début 2017: toujours le recul... il est de -3,6% en 4 mois!

Les choses ne semblent vraiment pas s'arranger ... même si la baisse est plus modeste ... elle reste dramatiquement constante.

Les marchés nationaux vont dans tous les sens: si la Chine (+38,9) et l'Angleterre (+30) augmentent, Hong-Kong (-16,8) et les USA (-19) baissent ... et ce mois semble être à l'inverse des autres mois... bref, il est de plus en plus difficile de comprendre la tendance ... sauf si l'on regarde l'effet induit par l'ouverture de nouvelles boutiques par exemple dans l'Empire du milieu.

Il faut comprendre que chaque ouverture de boutique de grandes marques nécessite un fort approvisionnement qui peut se chiffrer en plusieurs millions de francs... ainsi si Tag Heuer ouvre 6 boutiques en Chine, vous avez plus de 60 millions de francs qui apparaissent à l'export (sell in) ... aucune de ces montres n'a évidemment encore trouvé preneur (sell out).

En conclusion... on assiste à une baisse tendancielle qui dure depuis maintenant 24 mois ... et malgré quelques réapprovisionnements qui peuvent faire par moment ou par pays illusion la tendance reste finalement déprimante.

La véritable reprise se fait donc encore attendre ... peut-être à l'automne pour la grande saison commerciale des fêtes... à moins que cela soit l'année de la montre connectée (nouvelle Samsung, nouvelle Apple Watch, etc.) qui couperait alors l'herbe sous les pieds des horlogers suisses... on verra bien!

 

21/05/2017

le risque nucléaire : je l'avais suggéré il y a plus de 44 ans !

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ci-joint l'article du journal de Genève de l'époque qui le prouve ....

 

cliquer ici .... JDG_1972_12_13.pdf

15/05/2017

En Suisse: la vente des smartwatches s'envole ...

Selon un communiqué de Digitec, entreprise suisse de vente en ligne, publié aujourd'hui le 15 mai, le marché des smartwaches a décollé en Suisse depuis 2016... et 2017 semble encore plus prometteur...

Avec des ventes atteignant 1,4 Million de francs en décembre 2016, le marché suisse est devenu très important ... en effet au regard des exportations horlogères de décembre 2016 qui s'élevaient à 1,6 Mia, on mesure l'avancée du marché de la montre connectée en Suisse.

Par ailleurs avec l'arrivée des cartes «eSIM» cet été sur le marché ... on peut s'attendre encore à une forte croissance car la montre deviendra alors autonome du téléphone portable.

La menace se précise pour les horlogers suisses ... car même le consommateur suisse a succombé à la tentation...

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PS: Les smartwatches les plus appréciées des Suisses en 2016/2017 sont:

  1. Samsung Gear S3
  2. Apple Watch Series 2
  3. Huawei Watch 2 

07/05/2017

APPLE NUMÉRO UN MONDIAL ... DE LA MONTRE !

Strategy Analytics, entreprise d'analyses des marchés estime que lors du premier trimestre de 2017, Apple aurait vendu 3,5 millions d'Apple Watch.

L'entreprise se base sur des estimations de marché et des indications données par Tim Cook, CEO d'Apple lui-même (... il aurait dit que sa montre avait battu des records de vente au cours de ce trimestre et que ces dernières avaient doublé sur le premier trimestre d'une année sur l'autre...).

Une demande plus forte pour les nouveaux modèles de la smartwatch en Amérique du Nord, en Europe et en Asie serait à l'origine de cette hausse. 

Pendant ce temps (de janvier à mars 2017) les horlogers suisses auraient exporté 5,6 millions de montres. (Exporté ne veut pas dire vendu! C'est juste des chiffres exprimant le "sell-in", c'est-à-dire la livraison en magasins et non le "sell-out", c'est-à-dire les ventes clients).

Bref les suisses réalisent tous ensemble 5,6 millions de montres et Apple a lui tout seul 3,5 millions.

 

«Apple pèse donc 62,5 % du poids des suisses»

 

Il y a réellement de quoi s'inquiéter!

Même les plus sceptiques horlogers suisses, qui faut-il le rappeler étaient dans un déni béat face à la montre connectée devraient commencer à trembler de peur ou plus populairement dit à «flipper»

Non!

En tous les cas la montre connectée d'Apple gagne du terrain.

27/04/2017

Exportation Horlogère Suisse: Première accalmie ?

 

Le chiffre de mars montrent des exportations en reprise (+7,5%) mais avec deux jours de travail de plus qu'un an auparavant il faut corriger ce chiffre pour pouvoir le comparer avec celui de l'année dernière donc au final on a théoriquement une baisse de -2,6% selon l'administration des douanes! Ce chiffre, mi-rassurant mi-inquiétant, tombe après 20 mois consécutifs de chiffres en baisse. Il semblerait donc que cela va un tout petit peu mieux ou un tout petit peu moins pire ... pour l'industrie horlogère. Mais pas sûr que cela va durer!

Car il y a trois ans déjà dans un blog provocateur, publié sur ce même site de la Tribune de Genève, j'affirmais que la montre connectée allait tôt ou tard faire des dégâts dans l'industrie horlogère suisse en prenant la place stratégique du poignet.

Depuis les choses ont évolué dans le sens de mon post, mais pour des raisons différentes comme une politique de surcapacité industrielle, un sur-stockage dans les boutiques ou encore par une politique aberrante du "pricing".

Mais attention, les effets négatifs de la montre connectée sont, à mes yeux, encore largement à venir.

La crise conjoncturelle et structurelle actuelle a seulement pour l'instant caché le tsunami numérique (crise systémique).

Un tsunami est toujours a priori lent à venir. C'est normal car ne l'oublions pas, avant l'arrivée de la vague fatale, la mer se retire calmement ... dans un premier temps avant de tout envahir.

On est dans cette phase de recul de la mer.

La vague au loin se prépare ... pas les horlogers suisses!

Attention aux dégâts futurs.

 

20/04/2017

les chinois rêvent de montres suisses ... connectées!

Shanghai, début avril: en visite pour comprendre l'avenir de l'Internet of Things (IoT), une délégation suisse conduite par la Chambre neuchâteloise du commerce et de l'industrie n'en revenait pas: dans un centre hyper-hightech de la compagnie DFRobot, de jeunes "makers" chinois ont montré leur extraordinaire inventivité. Fini l'image d'un peuple de "copieurs", désormais la Chine invente. Chez les plus branchés des jeunes entrepreneurs chinois, la créativité a pris nettement le pas sur leur capacité légendaire à copier. Désormais, plus que les ateliers du monde, la Chine se dote d'une grande capacité d'invention. La roue tourne. Il va falloir compter sur une autre Chine.

Quand ce fut le tour de montrer un objet fait 100% en Suisse, Jean-Marc Wiederrecht, membre de la délégation, exhiba sa montre mécanique révolutionnaire qu'il venait de présenter à BaselWorld. Incroyable les jeunes électroniciens de la révolution "IoT" se sont précipités sur le podium pour voir la merveille. Il semblerait même que dans le monde moderne des geeks chinois, l'efficacité du marketing des horlogers reste intacte. Sans aucun doute, la montre suisse a encore de l'avenir en Chine !

Mais il est bien clair que désormais, il faudra moderniser celle-ci. En complément à la mécanique, il faudra y ajouter de la connectique. L'avenir des horlogers suisses doit passer obligatoirement par une intégration de puces, de censeurs et autres softwares de l'Internet of Things. C'est notre destin mais aussi une opportunité car l'emplacement sur le poignet est devenu stratégique pour tous. Que se soit la santé, la sécurité, le paiement, le contrôle des objets, etc., le poignet est la position idéale de l'IoT. C'est simple: soit on est présent, soit on en est exclu. Ce n'est plus une question de choix mais une question de vie ou de mort pour cette industrie.

Notre chance, c'est que nous possédons les compétences ! Il ne reste plus qu'à orchestrer la mise en œuvre. Comment cela pourrait-il se passer?

Le canton de Neuchâtel devrait être au centre de cette révolution de l'IoT. Déjà inventeur de la montre à Quartz dans les années 60, il peut aujourd'hui compter sur le dynamisme de ses entreprises (par exemple EM Microelectronic Marin) et des Hautes Écoles (Université de Neuchâtel, EPFL Microcity, He-Arc et le Centre de recherche du CSEM). Pas moins d'une douzaine d'initiatives ont été lancées dans le canton pour affronter cette mutation indispensable pour une industrie hautement technologique: celle des puces et censeurs à très base consommation d'énergie. C'est le cœur même de l'IoT qui s'y joue.

Ainsi par exemple, le CSEM vient de faire une annonce retentissante en amorçant la maîtrise de toute la chaîne de fabrication des objets connectés dédiés à l'Internet des Objets. En effet avec le Groupe Swatch, ils vont développer la pièce manquante: un système d'exploitation pour les objets connectés à faible consommation d'énergie. Cette innovation stratégique va propulser, à n'en pas douter, la région comme l'un des leaders mondiaux de la révolution numérique des objets. Son directeur Mario El-Khoury avait déjà beaucoup œuvré pour mettre le CSEM et Microcity au sein de la révolution industrielle, maintenant il fait franchir un nouveau pas à ses équipes de chercheurs mondialement respectés.

Sans aucun doute, les chinois vont devoir traiter avec les suisses. Ils semblent adorer cela si l'on constate leur enthousiasme pour les montres suisses!

09/04/2017

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE: et si c'était Fillon-Mélenchon?

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Dans les sondages, Fillon remonte. Son camp y croit.

D'autant plus qu'ils ont déjà joué le même coup contre Juppé à l'automne dernier.

Et chez Mélenchon, cela continue à siphonner sec les voies des électeurs d'Hamon.

Pour Macron et Le Pen, les vents sont contraires. Ils tombent - encore légèrement - dans les intentions de votes.

Ils sont donc tous à portée du taux d'erreur des sondages (+/- 3%).

Et comme depuis une année en Angleterre et aux USA, ceux-ci ont montré les limites de leur prédiction.

Rien n'est joué.

Il reste 15 jours.

Si l'on se retrouve avec un match Fillon-Mélenchon au second tour, il y aura vraiment du spectacle.

Et pour le citoyen français, une fois la menace de l'extrême droite éloignée, un vrai débat de société commencera enfin...

 

21/03/2017

La crise s'invite à BASELWORLD

Les statistiques à l'exportation sont formelles, l'horlogerie plonge encore en ce début d'année (février -10%) ainsi que la bijouterie et joaillerie (-21%).

C'est un désastre pour les exposants de Baselworld car ils espéraient retrouver le sourire. Encore raté!

Le communiqué de la Fédération Horlogère est sobre, il indique cependant leur désarroi:

"La baisse n'a épargné aucun groupe de matières. Les montres en métaux précieux sont restées un acteur majeur de cette tendance. La catégorie "autres métaux" a également été fortement affectée, avec toutefois un impact moindre sur le total. Du côté des volumes, les catégories Montres-bracelets par matières "autres matières" et "Autres métaux" ont significativement tiré les résultats vers le bas. 

Le repli s'est révélé nettement plus marqué aux deux extrémités de l'échelle des prix. Les montres de moins de 200 francs (prix export) ont vu leur valeur exportée perdre plus de 20%, alors que la réduction a indiqué -11,9% pour les garde-temps de plus de 3'000 francs. Entre deux, le chiffre d'affaires à l'exportation a diminué plus modérément, avec -4,0%.

La baisse a continué de perdre de la vigueur à Hong Kong, mais de manière hésitante. En février, elle a été plus marquée que la moyenne mondiale, avec -12,1%. Les Etats-Unis ont connu un des plus forts reculs, après pourtant deux mois de hausse. La tendance négative est en phase avec les résultats de ventes sur ce marché. La Chine a affiché une nouvelle progression mensuelle, pour la sixième fois sur les sept derniers mois. Le Royaume-Uni s'est également maintenu dans les chiffres positifs. Souffrant d'un effet de base très défavorable, la dégradation du marché japonais s'est confirmée en février, à l'image du mois de janvier. L'Italie, l'Allemagne et la France se sont inscrites en baisse. "

C'est le moment d'agir ...

14/03/2017

BIG DATA pour médecine LOW COST

Les données non structurées du Big Data vont transformer plus sûrement la médecine qu’aucune réglementation ne l’a jamais fait auparavant. Ni la FDA, ni le Gouvernement US (ni bien sûr le Conseil Fédéral) ne sont parvenus à contenir l’explosion des coûts de la santé, le Big Data va pouvoir le faire. La Mayo Clinic, considérée par tous comme le meilleur hôpital privé au monde, veut être pionnier en la matière. Cette année son fameux concours: Think Big Challenge a récompensé, le 15 septembre dernier, l’entrepreneur S. Nigam, un révolutionnaire de la médecine prédictive.

Visite et explications:

Depuis tout temps, les médecins ont essayé d’établir leurs diagnostics, leurs traitements et leurs prescriptions à partir des informations fournies par le malade et les examens médicaux. Ces informations étaient alors limitées en termes de quantité et de temps (durée de la prise des mesures). Aujourd’hui, les informations seront plus qu’abondantes … elles seront pléthoriques… mais grâce aux “data analytic”, aux “data mining”, aux “machine learning”, etc. tout va changer… on entre dans une ère dite de la “médecine prédictive”.

La Mayo Clinic qui est l’un des précurseurs en la matière, s’est lancée depuis quelques temps avec force dans le Big Data et les données non-structurées. Ces dernières sont devenues de plus en plus pertinentes avec l’interaction entre les sciences de la vie et de la mathématique algorithmique.

Maintenant on est capable d’associer de grandes quantités de données issues des moyens traditionnels avec celles produites par le flux d’information provenant d’objets connectés, qui sont en train d’envahir notre quotidien. Ainsi la médecine se tourne massivement vers le “pouvoir des données plus que celui des molécules”.

Toutes ces données, souvent insignifiantes mais qui une fois traitées et analysées par des formules mathématiques appropriées et de puissants outils numériques vont devenir souvent plus pertinentes que celles recherchées par les généticiens dans le tréfonds de nos cellules.

Demain, les données concernant la santé ne seront plus seulement le résultat d’un examen ou d’un acte médical, voir d’un décodage du génome mais bien celui d’un processus continu destiné à mettre à jour une information médicale pertinente. Car l’irruption du Big Data n’est ni anodine, ni fortuite dans le monde médical.

Il est intéressant de constater que cette révolution de l’algorithmique converge aujourd’hui avec une nouvelle approche de la maladie et des moyens pour la combattre. L’expression la plus marquante de cette nouvelle approche est sur le plan du médicament, l’arrivée de classes thérapeutiques comme les antirétroviraux ou l’immunothérapie ainsi que de nouveaux traitements comme les nano-médicaments, les anticorps monoclonaux ou les vaccins thérapeutiques qui à la fois ont la vocation de combattre la maladie avec celle d’aider le corps à s’en débarrasser.

Mais aussi, le développement de la «médecine personnalisée» permet d’ajuster le traitement du patient tout en dépassant le pur décodage du génome pour accéder aux informations non structurées. Ceci permettrait un traitement plus approprié dans la durée.

Le Big Data, c’est enfin la possibilité de prédire avant de prévenir. Ce qui transformerait la maladie perçue depuis la nuit des temps comme une fatalité en un événement prévisible, traçable et espérons-le guérissable.

Mais surtout cela va remplacer bon nombre de postes de travail du système de santé et créer enfin les économies tant espérées par tous. Si l’on peut prédire alors on a moins d’urgences et d’erreurs à gérer pour plus de précision et de rapidité d’interventions, sans les doublons ni les interventions inutiles… il y a moins de travail et donc moins de besoins en personnel …

… à méditer dans un contexte politique du contrôle des coûts de la Santé … n’est-ce pas Monsieur Berset!

 

(forwardé depuis LinkedIn)

21/02/2017

HORLOGERIE SUISSE: déçu tout court !

Pas moyen de se réjouir, en ce début 2017, les exportations horlogères sont toujours en recul. Le mois de janvier affiche une baisse de 6,2%, pour une valeur totale de 1,4 milliard de francs. La tendance négative a perduré avec certes un peu moins de vigueur, mais elle est encore significativement orientée vers les chiffres rouges. On est déçu.

Il faut garder son sang froid, les crises sont loin d'être terminées.

Car même si le marasme chinois (crise conjoncturelle) perd de sa vigueur et que celle de la surcapacité industrielle de production (crise structurelle) n'en finit pas de dégraisser, on n'est pas du tout sorti de celle de la montre connectée (crise systémique). Car voilà que se pointe une toute nouvelle crise pour les horlogers suisses: celle de l'effondrement du "retail", de la distribution par les magasins.

Certaines grandes marques commencent déjà à fermer leurs propres boutiques mais surtout elles voient les magasins spécialisés (leurs partenaires traditionnels) souffrir voir dépérir tellement la concurrence des ventes par Internet leur font du mal.

C'est le début d'une nouvelle Berezina annoncée...

Les magasins se prennent le "tsunami" des ventes par discount sur Internet en pleine face. C'est ravageur car il n'y a pas vraiment de remède ... en effet, lorsque les consommateurs auront pris l'habitude de payer une Rolex ou une Breitling avec des rabais de 40, 50 voir 60% sur Internet ... ils ne reviendront plus jamais en arrière, c'est-à-dire dans les magasins où ils devront payer le prix catalogue!

Les marques horlogères sont entièrement responsables de cette situation en ayant vendu comme toujours leurs surplus au marché gris. Ce dernier ne se cantonne plus aujourd'hui de vendre à travers des réseaux secondaires mais déverse les stocks d'invendus sur le monde entier via Internet.

D'autres secteurs ont connu avec Internet des déboires foudroyant du même type: songez aux libraires avec Amazon, aux médias (l'information est aujourd'hui pour l'essentiel gratuite) ou encore à l'industrie de la publicité (des supports comme les téléphones mobiles sont 100 fois moins onéreux que la télévision!).

Ne pas affronter cette crise pourrait coûter cher, très cher à une industrie horlogère qui a vraiment beaucoup de peine à se réinventer face à la révolution du numérique.

Et pourtant une solution simple existe qui serait de créer la rareté.

Eh oui, revenir au bon vieux temps avant l'abondance! En produisant moins, il n'y aura ni surplus, ni marché gris et surtout pas de place pour des discounts agressifs de montres de luxe sur Internet.