TRANSITION SOCIÉTALE

  • Coronavirus : 2020 année noire pour l’horlogerie suisse ?

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    Après une année 2019 en demi-teinte : augmentation des ventes (+2,4 %) mais diminution des volumes (fort recul de la production de montres suisses : moins 3 millions de pièces … selon les statistiques de la fédération horlogère publiées aujourd'hui), on s’achemine vers une année 2020 beaucoup plus risquée.

    Pourquoi ?

    La crise du « coronavirus » ne fait que commencer, elle risque de durer au minimum 6 mois. Les ventes de produit de luxe vont s’effondrer en Asie. La haute horlogerie suisse sera aussi fortement impactée. En effet, le chinois est un grand acheteur de produits de luxe (il absorbe plus de 30% de nos exportations horlogères notamment en achat de tourisme) et si l’on compte toute l’Asie (Corée du Sud, Singapour, Japon, …) alors cela représente près de 60% de nos exportations. C’est énorme. Ce n’est une situation durable.

    L’industrie horlogère suisse compte beaucoup trop sur les pays asiatiques - non plus seulement comme « relais de croissance » mais comme débouché principal.

    La crise du « coronavirus » va ramener les entreprises suisses à reconsidérer leur stratégie. Et alors elles s'apercevront que seule la diversité est garante de croissance. Certes plus lente mais plus constante.

    La folie des belles années asiatiques (les deux premières décennies 2000) est derrière nous.

    Trois conséquences stratégiques, il faudrait :

    • revenir à des prix abordables notamment pour croître sur les autres marchés mondiaux.
    • chercher un levier de croissance dans le e-commerce
    • avoir une réponse suisse à la montre connectée qui est un objet de l’IoT (Internet of Things).

    Donc, revoir rapidement – à l’occasion de cette crise sanitaire – les stratégies de nos marques horlogères.

    La décennie s’annonce comme dangereuse pour qui ne sera s’adapter : les marchés changent et la technologie aussi.

    Remettre les choses à plat (et donc étudier les options) semble être la chose à faire.

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  • 2019: l'année où l'horlogerie suisse a produit le moins de montres depuis des lustres (35 ans)!

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    Avec environ 20 millions de montres fabriquées en 2019, l'horlogerie suisse a connu sa moins bonne année depuis des lustres.

    En 2000, elle en produisait encore près de 30 millions... mais depuis, c'est une lente érosion qui vient de s'accélérer dramatiquement.

    En novembre... le nombre de pièces total fabriqués a continué de fondre : -355'000 pièces (statistiques FHS).

    En cause, les montres connectées et la crise démocratique de Hong Kong (qui était le principal débouché).

    Bref, avec près de 3 millions de montres fabriquées en moins, 2019 marque un tournant : on a perdu la guerre de l'entrée de gamme. 

    Mais dans les montagnes, la baisse de la production va entraîner des difficultés économiques ...et donc moins de travail

    Il faut repenser complètement cette industrie qui désormais repose quasiment exclusivement sur le luxe.

    Car Produire et Vendre pour toutes les gammes de prix, ce n'est pas la même chose que de se concentrer sur le luxe!

    Il faut se faire une raison, la montre bon marché c'est fini... les années glorieuses de la SWATCH sont derrière nous !

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  • "Léman Express"

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    Avec l’inauguration prochaine (le 15 décembre) de la ligne ferroviaire du CEVA et de la mise en service des trains du « Léman Express », les genevois croient avoir créé un territoire nouveau: le Grand Genève. Ils se trompent. La preuve :

    Ce qui frappe à la lecture du projet «Léman Express», ce sont deux choses:

    D'abord, le nom. On parle du «léman» dans la seule partie du pays où le lac s’appelle «le lac de Genève» et on parle d’«express» pour un train qui somme toute ira très lentement et s'arrêtera dans chaque gare (on devrait donc plutôt parler d'omnibus... mais cela sonne moins bien)

    Tellement curieux ce nom... non ?

    On aurait du faire comme les lausannois est parlé de "G1" et non pas utiliser un nom aussi ridicule! 

    Et ensuite le grand absent du réseau est la gare de Cointrin ...l’Aéroport ne fait pas partie du réseau...

    Incroyable aucun train direct. Tout passe par Cornavin, rien par Cointrin. À quoi ont pensé les planificateurs ? L’Aéroport, c’est la seule infrastructure commune des suisses et des français dans la région. C’est tout simplement inacceptable.

    Sauf évidemment si le projet a consisté dès le début, à vouloir créer une ligne ferroviaire « intra-muros ». Une ligne interne à Genève. Un G1, un métro genre M1 lausannois.

    Et s’il s’agissait tout simplement de faire circuler les usagers vers des quartiers en fort développement comme Pont-Rouge et Eaux-Vives alors ce sera un succès.

    Car pour les bernois des CFF, qui pensent opération immobilière et les parisiens de la SNCF, qui eux ne pensent surtout pas régional, ce projet a une logique différente, celle du développement urbain de Genève. Point c'est tout.

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  • Les manifestations géantes de Hong Kong, l’une des principales places commerciales de la haute horlogerie, inquiètent

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    A Hong Kong, près d’un million de manifestants, soit un habitant sur sept, sont descendus régulièrement dans la rue depuis juin pour contester le projet de loi de l’exécutif local qui prévoyait de faciliter les extraditions vers la Chine et donc, de détruire l’indépendance du système judiciaire en place. Si le gouvernement a ensuite retiré ce projet de loi, des milliers de jeunes continuent d’ériger chaque week-end des barricades et occupent les Université.

    Ce désordre à de lourdes conséquences sur l’industrie de l’horlogerie suisse puisqu’une montre sur cinq vendue dans le monde passait par Hong-Kong, il y a peu encore. Aujourd’hui, c’est la déconfiture : -29,7% en un seul mois !  

    Hong-Kong ne représente plus que 9,4% du commerce suisse.

    Les manifestations à Hong-Kong durent depuis trop longtemps pour le commerce (près de quatre mois) et ne semblent pas sur le point de s’arrêter. Si la situation perdure, elle vient de passer la fameuse semaine commerciale chinoise : Golden Week – 1 au 7 octobre – et la journée des célibataire 11.11, deux moments clés pour le commerce chinois, alors Hong Kong va s’effondrer.

    Cosmétiques, maroquinerie et prêt-à-porter sont touchés par la révolte du peuple hongkongais. Mais c'est l'horlogerie qui risque d'en payer le prix fort. Car c'était l’un des plus gros marchés pour l'exportation des montres notamment suisses.

    Des villes comme Singapour, Tokyo, Macao ou Dubaï, sont prêtes à prendre le relais - au cas où les événements perdurent.

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  • Watches and Wonders Geneva & Jean Calvin

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    Le Salon international de la haute horlogerie de Genève change de nom pour marquer le changement d’époque, de temps. Il s'appellera désormais "Watches and Wonders Geneva".

    Il faut noter que ce glissement de sens vers le merveilleux, et Geneva -le tout en anglais- n’est pas sans rappeler à certain égard celui de Jean Calvin qui en 1541 à Genève précisément avait marqué de son empreinte l’histoire de l’horlogerie suisse : Il bannissait la joaillerie ostentatoire mais permettait la fabrication de montres. C’est à ce moment-là que le destin des horlogers et des orfèvres se lia pour la première fois. Aujourd’hui, on est en train de fevivre une telle nouvelle alliance pour bien d’autres raisons. Marier « Montre et Merveille » c’est habile, et contemporain. On oublie la « Haute Horlogerie » de Franco Cologni et la segmentation de Fédération Horlogère Suisse (FHS), on se concentre sur le « Wonders » !

    Explications :

    Les statistiques sont formelles : les suisses ont perdu la bataille de l’entrée de gamme avec environ 2,3 millions de montres produites en moins notamment dans cette catégorie en moins d’un an (17'548'473 de janvier à septembre 2018 et 15'184'061 pour cette année). Et ceci pour un chiffre d’affaires en hausse. Le mouvement est clair : il ne reste plus qu’une catégorie porteuse d’avenir : les montres à plus ce 3'000 CHF !

    Les montres suisses bon marchées ont vécu. Ce n’est plus une spécialité suisse. La montre connectée et la montre « fashion » fabriqué à l’étranger ont pris le relais. Ce n’est globalement plus l’affaire des suisses. Les américains d’Apple et de Fossil ou les japonais de Seiko ou Citizen ont pris le relais Le bastion suisse de l’entrée de gamme avec la Swatch c’est de l’histoire ancienne. Et du coup, nous ne sommes plus les seuls sur la sphère des « marqueurs » du temps. La Suisse ne dicte plus le tempo !

    Il faut désormais concentrer nos efforts sur le luxe. On revient aux sources. Jean Calvin devrait à nouveau nous inspirer. Il n’y a qu’un luxe horloger qui englobe joaillerie et horlogerie dans un même mouvement. Cela donne raison à Richemont et pose question à Swatch.

    Il faut donc penser l’horlogerie en maître de son destin et non chercher à sauver ce qui est déjà perdu.

    L’horlogerie suisse est désormais liée à Genève et plus du tout à Bâle. Son salon se meurt, celui de Genève vibre avec ceux de Miami et Hong Kong. Les jeux sont faits.

    Il faut aller hors des frontières tout en donnant les impulsions créatives depuis chez nous. Ce qui compte désormais dans ce monde de communication c’est la capacité d’influence, pas les réseaux. Le contenu d’abord, les réseaux ensuite. Il faut être celui qui dicte les choses pas celui qui les véhicules ou plus grave encore : les subit.

    Le marketing a changé sur la forme et le fond. Internet est le média de référence pour cette nouvelle réalité. Véhiculant des contenus, Internet porte aussi la diffusion de ceux-ci. On y achète sa montre comme on y vit ses émotions. C’est différent de l’ancien monde. Mais c’est fort quand même. Regardez dans le bus tous ces gens : qu’est-ce qu’ils font toute la journée ? Il pianotent des smartphones….

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  • De nouveaux acteurs pour un nouveau système de santé !

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    A chaque annonce de la firme Apple ...on se rend compte que cette compagnie sera un jour un des principaux acteurs du système de la santé.

    En effet, par exemple la nouvelle Apple Watch Series 5 (annoncée hier soir) met en lumière la manière dont la firme californienne Apple projette de renforcer fortement sa présence dans les applications de santé.

    Lors de la "keynote" présentée hier soir par Tim Cook, le PDG d'Apple, on a eu droit à la projection d'une vidéo montrant plusieurs clients d'Apple Watch qui ont utilisé la montre connectée pour prévenir des maladies cardiaques ou bien encore recevoir des alertes en lien avec leur santé.

    Le message est clair : Apple Watch veut être votre assistant de santé et de bien-être.  

    Apple a vanté la contribution d'Apple Watch à la recherche et développement dans le domaine de la santé. Par exemple, plus de 400 000 personnes ont participé à l'étude Apple Watch sur le cœur. Ils vont d’ailleurs lancer trois nouvelles études scientifiques avec des Hôpitaux prestigieuxdont :

    • Apple Hearing Study, portant sur l'impact du bruit sur la santé.
    • Apple Women's Health Study, portant sur les cycles menstruels.
    • Apple Heart & Movement Study, qui examine les interventions qui affectent le cœur.

     

    Mais la série 5 n’apporte pas beaucoup de nouveauté technique…comme si cela n’était pas nécessaire tellement il domine le monde de la montre connectée (46% des parts de marché loin devant Samsung ou Fitbit)Parmi les principales caractéristiques de cette nouvelle Apple Watch :

    • Un affichage permanent
    • Un nouveau pilote d'affichage à faible consommation d'énergie et de meilleurs taux de rafraîchissement
    • Même autonomie de 18 heures que le modèle précédent 
    • Optimisation des mesures d'entraînement sur l'écran et dans les applications
    • Mise à jour de l'application Maps et de la boussole intégrée
    • Plus de choix dans les boîtiers et les finitions en argent, or et aluminium gris espace ainsi qu'en titane et céramique 

     

    Les fondements de l'offre santé d'Apple sont en place

    L'an dernier, Apple a présenté son plan d'action visant à étendre son programme Apple Watch au secteur de la santé et du bien-être. L'événement d'hier soir a entériné la mise en place d'un plan plus vaste visant à ce que la montre d'Apple domine à présent ce secteur de la santé et du bien-être assisté par le numérique.

    En termes simples, Apple a méthodiquement mis en place les fondements d'Apple Watch en matière de soins de santé. Les premiers signes de l'intérêt croissant d'Apple pour la santé sont apparus avec le lancement de sa plate-forme HealthKit et de son application HealthKit, qui a débuté en même temps que la première Apple Watch. Le lancement de CareKit et ResearchKit a montré qu'Apple réfléchissait également à la manière de travailler avec les professionnels de la santé. 

    Depuis la Series 4 offre la montre offre la possibilité d’avoir au poignet un un
    électrocardiogramme(ECG) qui a déjà fait des miracles selon plusieurs témoignages transmit par vidéo lors de la grande messe d’Apple hier au soi.

     
    La santé sera bientôt l’affaire de « game changers » comme APPLE .... ou La Migros chez nous avec les "walkin clinik" de MedBase, la pharma en ligne avec Zur Rose ou encore la nourriture saine avec le programme iMpulse, etc…

     

     

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  • Horlogerie Suisse : le crépuscule ?

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    Les horlogers sont des gens optimistes. Ils montrent toujours ce qui va bien et donc ne parlent que du verre à moitié plein. La vérité est celle que l’on proclame ... pas celle des faits.

    Examinons les faits.

    Aujourd’hui comme chaque mois, la fédération horlogère suisse diffuse son communiqué de presse : il est enthousiaste. Les exportations ont retrouvé en valeur le chemin de la croissance (+4,3%). Mais la vraie information qui fait mal, c’est celle desvolumes. Il s’agit en effet du douzième mois consécutif de baisse et la tendance s’est encore accentuée. En un mois, 390'000montres de moins ont été expédiées à l’étranger (sell-in) ! Cela fait mal.

    Alors comment est-ce possible ?

    D’abord, il faut voir que depuis la crise horlogère des années 2015/2016, les suisses ont perdu massivement du terrain dans l’entrée de gamme (montre à moins de 200 CHF au prix export). Deux raisons à cela : (1) la montre connectée se développe principalement dans ce créneau et (2) les marques performantes - américaines ou chinoises – envahissent ce secteur. Mais pour l’industrie suisse, cela signifie moins de volume donc un appareil de production sous-utilisé. Cela complique la tâche de tout le monde et notamment celle des sous-traitants.

    Ensuite selon Philippe Dufour, Maître Horloger à la Vallée de Joux qui déclarait au journal Le Temps du 8 juin dernier : « …depuis dix, quinze ans, nous sommes de plus en plus nombreux à nous partager le même gâteau. L’Allemagne (avec Lange & Söhne, par exemple) monte en force. De même que le Japon (on peut citer Grand Seiko et Credor). Mais aussi les Chinois, les Indiens… Et donc les tranches du gâteau sont devenues de plus en plus maigres. Deuxième problème, le gâteau est lui-même devenu plus petit. Des pays comme l’Ukraine ou la Russie n’achètent presque plus de montres. En Chine, il y a davantage de taxes et de moins en moins de corruption. En Europe, le marché est mourant et l’économie américaine ne redémarre pas comme prévu. Malgré ces deux phénomènes, en Suisse, on a continué de produire des montres sans s’arrêter. Un ami qui tient une boutique à Hongkong me dit qu’il a deux ans de stock. Et ici, à la Vallée, les horlogers me disent que les grandes manufactures ont deux ans d’avance dans la production de mouvements. Vous voyez le problème ? Et il ne faut pas oublier que les montres sont des denrées périssables. Après trois ans, on ne peut plus les vendre sans les réviser car, si elles ne tournent pas, les huiles sèchent. En fait, « ceux qui pensent » dans l’horlogerie aujourd’hui, les patrons, sont des capitaines de beaux temps. Ils sont installés sur des voiliers et savent apprécier un cigare ou un whisky. Mais aujourd’hui, nous sommes en pleine tempête et ça tabasse de tous les côtés : la plupart ne sont pas prêts pour affronter cela… ». Pour confirmer ces dires vous pouvez regarder les comptes 2018 de Swatch et vous verrez que le Groupe a provisionné pour plus de 5 milliard de stock ! Il y a du stock, partout. C’est un problème.

    Enfin, Apple Watch continue à être avec sa « smartwatch » une autre difficulté pour les suisses. En effet, Apple Watch est la montre la plus vendue au Monde et ceci largement marge. Et donc si les gens achètent un Apple…ils n’achètent pas suisse ! Le nombre d’unités vendues par les américains a considérablement augmenté ces derniers temps. La société californienne a dépassé Rolex … en volume et en valeur ! 

    Bref un examen de conscience est aujourd’hui plus que nécessaire avant que la nuit tombe sur l’horlogerie suisse !

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  • Une intelligence artificielle peut-elle déposé un brevet ?

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    La question se pose déjà car des juristes anglais ont déposé les premières demandes de brevet au Royaume-Uni pour deux inventions créées de manière autonome par une intelligence artificielle appelée DABUS, appartenant à la compagnie américaine «Imagination Engines».

    L’équipe anglaise dirigée par le professeur Ryan Abbott, Université du Surrey au Royaume-Uni a, elle aussi, fait les démarches pour déposer au nom de l’IA les brevets. La question étant: une intelligence artificielle peut-elle déposer un brevet? Car Dabus a généré deux inventions originales qui sont devenues la base de ces deux demandes de brevet.

    La première étant une application concerne un nouveau type de récipients de boisson basée sur la géométrie fractale et l’autre, un dispositif destiné à attirer davantage l’attention pour les opérations de recherche et de sauvetage.

    L’Office de la propriété intellectuelle du Royaume-Uni a déclaré que cette demande semble être nouvelle, inventive et susceptible d’application industrielle, ce qui constituait le fondement d’une invention sur laquelle un brevet peut être déposé. L’office n’a pas été plus loin pour l’instant car la question est de savoir si une IA peut être un inventeur est toujours une question ouverte et qui pourrait ne pas être facilement résolue. Aucun pays n’a de loi spécifiant expressément si une invention générée par une IA peut être brevetée ou admissible en tant qu’inventeur. Et les lois n’indiquent pas à qui appartient une invention générée par l’IA.

    En droit des brevets traditionnel, un inventeur devient le titulaire d’un brevet. La plupart des gouvernements limitent le droit d’inventeur à des personnes physiques. L’équipe de juristes britanniques affirme qu’une telle approche ne devrait pas être utilisée pour nier la protection des œuvres générées par l’IA. Dans les demandes de brevet relatives aux inventions de Dabus l’IA a, semble-t-il «rempli» de manière fonctionnelle l’acte conceptuel qui constitue la base de la qualité d’inventeur, a déclaré le professeur Abbott, membre de l’équipe de chercheurs. «Il ne ferait aucun doute que l’IA était le seul inventeur s’il s’agissait d’une personne physique. La bonne approche consiste à classer l’IA en tant qu’inventeur et à attribuer à son titulaire le cessionnaire ou le titulaire de ses brevets.»

    Les demandes au nom des inventions Dabus peuvent obliger les offices de brevets, les tribunaux et les législateurs à mettre à jour leurs pratiques en matière de brevets. Abbott note que des inventions générant une IA étaient revendiquées depuis des décennies, mais qu’un inventeur d’IA n’avait jamais été divulgué dans une demande de brevet. Dabus a été créé par le Dr Stephen Thaler, CEO d’Imagination Engines. Thaler est titulaire d’un doctorat en physique de l’Université du Missouri et a mené une longue carrière dans la recherche d’applications pour les réseaux de neurones. Dabus est une «machine de créativité» dotée d’un système de réseaux de neurones qui génèrent de nouvelles idées en modifiant les interconnexions des réseaux.

    Au regard de ce qui se passe avec d’autres IA, comme en peinture ou en écriture automatique, on peut admettre que l’IA pourrait fondamentalement changer la manière dont la propriété intellectuelle est protégée. Dans certains cas, l’IA n’est plus un simple outil, mais un système complexe capable d’automatiser l’innovation et donc se pose la question de la propriété de l’innovation. Une nouvelle ère s’ouvre.

    (extrait article BBC)

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  • MONTRES SUISSES : le dilemme de la nouvelle distribution

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  • MONTRES : le point sur la guerre du poignet

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    L'Apple Watch a été commercialisée il y a 4 ans et 4 mois

    Son impact sur l'industrie horlogère suisse fait encore l’objet de controverse.

    Mais voici ce que nous savons jusqu'à présent : les ventes de montres suisses - en entrée de gamme (moins de 200 CHF prix export) - ont chuté au détriment notamment de la flambée des ventes des montres connectées tandis que le segment du luxe a été largement épargnée. 

    Est-ce que cette tendance va se poursuivre ?

    Oui et non !

    Car on peut s’attendre à l'avenir : disons au cours des 5-10 prochaines années que les ventes de montres suisses d’entrée de gamme vont continuer à diminuer au profit des smart watches.

    Les ventes de montres de luxe, tout particulièrement celles qui se vendent à moins de 5'000 CHF, diminueront également car l'histoire de la montre « santé » qui fait le succès actuel de l’Apple Watch va se poursuivre. Il faut voir que la santé capture désormais plus l’esprit (ou le cœur) des acheteurs que la simple montre « prestige ». Et donc une montre de luxe « santé » va certainement apparaître.

    Une question demeure : y a-t-il une place pour une montre intelligente suisse à succès ?

    Certainement.  Mais pour que cela se produise, il faudrait que les marques de luxe suisses abandonnent leur stratégie actuelle d’utiliser de poussiéreux O/S et des chipsets obsolètes (genre Intel) et faire un effort d’innovation soutenu pour apprendre à rivaliser dans ce nouveau monde.

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  • Carouge la «bobo» s’endort.

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    La ville sarde a vieilli prématurément. En son vieux centre, les boutiques des artisans indépendants sont à la peine. Seul les restaurants semblent donner de la voie sur les rues piétonnières. Étrange sentiment d’une fin d’époque.

    Autrefois vibrante: l’artisanat, l’industrie, le commerce, les maraîchers, la restauration, etc, s’y côtoyaient dans un dédale hasardeux. On parlait de Carouge et de ses artisans mais aujourd’hui les arcades se ferment les unes après les autres souvent remplacées par des cabinets médicaux. La ville se médicalise en même temps que ses habitants prennent de l’âge.

    Incapable de repenser son offre, la ville souffre d’une identité floue.

    Il faut repenser la ville. Un moyen simple serait de s’inspirer de ses «icônes» carougeois tel que Christa de Carouge, Roger Pfund, Téo Jakob, Zep, Joël Dicker, etc. Leurs histoires, leurs lieux de vie, leurs produits composent dans un triptyque efficace la base de cette bonne «story» à raconter. Il faut donc des «marqueurs». Ils existent. Il suffit de s’en inspirer pour redonner vie à la Carouge des artisans.

    Précisons encore un peu cette approche. Aujourd’hui, une ville se vit par une combinaison étroite entre ses lieux symboliques, ses personnalités hors du commun et ses produits qui font rêver: Titeuf et son école, Pfund et ses billets de banque, Téo Jakob et ses chaises, Christa de Carouge et ses vêtements amples, Dicker et la librairie de sa maman. Bref, le récit porte toujours sur une relation «iconique» entre objets-personnages et lieux.

    Prenons un exemple qui permettrait de renouveler ce type de mythe, Carouge compte 12 bijoutiers. On pourrait à travers eux y faire revivre l’artisanat. Un concept comme les «nouveaux créatifs» ou les «nouveaux makers» permettrait d’inventer une catégorie de produits à forte valeur ajoutée liée à des stories mettant en lumière des créateurs de talent. Ainsi, les bijoutiers carougeois comme Igor Siebold ou la fille de Gilbert Albert pourraient réinventer l’esprit de création de Carouge. Ce n’est pas si compliqué. Regardez comment on raconte l’histoire de la bague Trinity de Cartier composée de trois anneaux en or distinct (gris, jaune et rose). Gros succès depuis près de 80 ans. Le design est épuré et le récit très puissant. On dit que Jean Cocteau en est le créateur. Elle symbolise un amour triangulaire.

    Il portait volontiers deux bagues. Cela fait 6 anneaux! Toute une légende.

    Ainsi à l’image de ces «marqueurs» historiques, on pourrait inventer une nouvelle histoire pour la bague «satellite» d’Igor Siebold. Son dada, c’est l’invention de nouvelles machines pour faire des bijoux, Dans sa boutique-atelier de Carouge, on y trouve de curieux engins: une forge, une fraiseuse, une polisseuse mais aussi un robot soudeur ultra moderne. Dans cette espace atelier, il n’y a guère de place pour exposer ses créations, ses bijoux. Les passants en oublient même de passer la porte pour acheter. Ils pensent que c’est un musée à machines. Une nouvelle mise en scène est nécessaire. Son robot laser à souder qui lui permet d’effectuer plus de 400 micro points de soudures par paire de boucle d’oreille de 4,2 gramme en titane. … Vrai succès technologique…

    Carouge, c’est la nouvelle technologie artisanale. Voilà le début d’une histoire à raconter. Car une communication bien faite à l’heure du numérique est une communication par le récit: blogs, vidéo Youtube, photo Facebook, message instantané sur Instagram, etc… tout est de l’ordre de la story… encore faut-il savoir alimenter le tout.

    * Mathématicien

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  • Le match : Rolex/Apple Watch tourne à l’avantage des californiens

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    Selon Morgan Stanley, Rolex aurait réalisé en 2018 un chiffre d’affaire de plus de 5 milliards de francs (soit près d’1 million de montres vendues) et selon les analystes de IDC, société américaine d’intelligence économique, Apple Watch aurait été achetée par plus de 15 millions de personnes (pour env. 6 milliards).

     

    Ainsi l’Apple Watch « serait » devant Rolex en termes de chiffre d’affaire et de nombre de pièces vendues, c’est ce que Tim Cook affirme à chaque occasion. Les chiffres connus aujourd’hui semblent lui donner raison.

     

    Mais le plus curieux dans tout cela, c’est l’extraordinaire résistance de Rolex, qui vient de boucler sa meilleure année. Comment expliquer un tel succès dans un marché de la montre suisse plutôt stable (ou légèrement en progression) ?

     

    C’est le retour de la mode « vintage » chez les urbains et les jeunes qui semble particulièrement profiter à Rolex. Le « vintage » est à la mode et les marques bien positionnées sur ce créneau sont prises dans le tourbillon de la croissance. Plus de 10% selon Morgan Stanley, c’est énorme. Rolex flambe.

     

    Mais dans la partie Rolex/Apple Watch, le match a tourné définitivement à l’avantage d’Apple. Les jeux sont faits. Personne dans la décennie n’arrivera plus à rejoindre la firme de Cupertino.

     

    1. En Suisse le marché a aussi tranché : Il y a les vainqueurs au nombre de 7 (Rolex, Omega, Cartier, Longines, Tissot, Patek Philippe, Audemars Piguet) qui font plus d’1 milliard de chiffres d’affaire et plus de 10% de croissance en 2018 et les 700 autres, qui sont à la peine. La montre suisse est donc un marché à deux vitesses : les milliardaires et les autres. Et pour ces derniers, les temps seront durs et bientôt tempétueux !
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